Et d’ajouter que Lapid et Bennett ne se préoccupent que de leurs carrières
politiques et non du bien d’Israël. Puis, se moquant du plan de Lapid pour
égaliser le fardeau de l’enrôlement militaire, le Premier ministre a déclaré
que la réforme n’apporterait « ni égalité ni allègement de fardeau pour qui que
ce soit ».
Dans l’entourage de Bibi, on allait même plus loin en affirmant que Lapid et
Bennett cherchent à briser une alliance de 36 ans entre le Likoud et les partis
ultrareligieux. Le but de la manoeuvre serait de ne pas avoir à recommander
Netanyahou pour le poste de Premier ministre à l’issue des prochaines
élections. Selon plusieurs ministres, Netanyahou a clairement l’intention de
conserver le portefeuille des Affaires étrangères à Avigdor Liberman, bien que
ce dernier doive d’abord être acquitté dans son procès pour corruption. Entamé
le 17 février, le procès devrait se poursuivre jusqu’en avril.
Une autre source proche de Bibi a expliqué que si ce dernier pouvait avoir
confiance en Lapid, il serait prêt à rompre son engagement auprès de Liberman
et lui donner les Affaires étrangères, mais ce serait loin d’être le cas à
présent.
Selon Aroutz 2, le Premier ministre aurait l’intention de former une coalition
avec 57 députés issus du Likoud-Beiteinou, Shas, JUT, le parti de Tzipi Livni
et Kadima puis de laisser le choix à Bennett entre rejoindre le gouvernement
sans Lapid ou relancer un scrutin électoral où la gauche pourrait sortir
gagnante. Livni a fait savoir que, contrairement à ce qui a été rapporté par
Aroutz 10 dans la soirée de dimanche, elle n’avait pas accepté le ministère de
la Justice.
Dans une autre tentative pour briser le pacte Lapid-Bennett, les leaders de
Shas, Arié Déri et Eli Yishaï, ont rencontré séparément Naftali Bennett, puis
les dirigeants du Conseil des communautés juives de Judée et Samarie. Selon
l’un d’entre eux, « Bennett fait une grave erreur en faisant une alliance
temporaire avec Lapid au détriment d’une relation apaisée avec Shas ». Yishaï a
également mis en garde les habitants des implantations : « En cas de processus
diplomatique, Lapid jettera Bennett hors du gouvernement. A Shas, nous ne
sommes pas la 5e roue du carrosse de la gauche ».
Habayit Hayehoudi donne de la voix
Dans l’entourage du chef d’Habayit
Hayehoudi, on démentait néanmoins la volonté de former une coalition sans les
harédim. Et on rappelait que si Netanyahou tenait réellement à trouver des
solutions pour égaliser l’enrôlement et réformer le système électoral, des
accords avec Yesh Atid et Habayit Hayehoudi pourraient être conclus rapidement.
Les députés du parti national religieux ont critiqué Netanyahou pour tenter de
former un gouvernement avec Tzipi Livni et le parti travailliste, tout en
reprochant à Habayit Hayehoudi de trahir ses électeurs. « Le Likoud fait injure
à l’intelligence des Israéliens en nous accusant de trahir notre électorat », a
réagi la députée Ayelet Shaked. « La première alliée du Likoud est Tzipi Livni,
celle-là même qui a fait campagne sur la création d’un Etat palestinien, qui
divisera Jérusalem et qui a affirmé que Netanyahou mènerait Israël à la
catastrophe. N’appelle-ton pas ça de la trahison d’électeurs ? » Shaked s’est
également gaussée de la rumeur voulant que le Premier ministre ait proposé le
ministère des Finances à Shelly Yachimovich. « Tout d’un coup, Netanyahou
accepterait un plan économique de 138 milliards de shekels et deviendrait un
social-démocrate ? » s’est-t-elle moquée. « Allons donc.
Nous sommes restés silencieux face aux attaques du Likoud durant toute la
campagne, mais aujourd’hui, je voudrais dire à nos amis du Likoud que les
élections sont terminées. Cessez d’attaquer Habayit Hayehoudi et formez un
gouvernement, tout simplement ».
D’autres députés de la formation ont réagi. Ouri Orbach a écrit sur sa page
Facebook : « Soudain, le Likoud, qui nous décrivait comme des juifs étroits
d’esprit pendant la campagne, nous traiterait presque de goys prêts à vendre
leurs âmes pour Lapid le laïc. Et le même Likoud, qui insultait nos rabbins
jusqu’à il y a peu, leur courre désormais après en les essayant de les
persuader de faire pression sur nous ».
Le député Yoni Chetboun a ajouté que le parti de la majorité devrait se
préoccuper d’élaborer les lignes directrices du prochain gouvernement
Netanyahou, plutôt que de se livrer à des basses manoeuvres politiciennes. «
Les partis répandent des rumeurs politiques pour semer la colère et la division
», a déploré Chetboun. « La faction au pouvoir ces 4 dernières années devrait
montrer la voie en termes de lignes directrices claires. C’est ce qu’on appelle
l’idéologie.
Prenez donc du temps pour penser au bien du pays ».
Le Likoud a réagi à ces commentaires en déclarant que Netanyahou cherchait à
former une coalition avec « ses partenaires naturels » de droite, puis de
l’élargir aux formations de centre-gauche. « Nous ne trompons personne », s’est
défendu un senior au parti. « Bennett fait une erreur en essayant d’empêcher un
gouvernement de droite de se former. Il est tombé amoureux de Lapid, qui ne
fait que l’exploiter ».