Les ministres travaillistes Isaac Herzog, Shalom Shimhon et Avishaï Braverman s'opposent à la proposition de loi de la Nakba déposée par Israël Beiteinou. Elle vise à interdire la commémoration de ce que les Palestiniens et certains Arabes israéliens nomment la "catastrophe", c'est-à-dire l'indépendance de l'Etat d'Israël.
Célébrations de la la "Nakba".
Photo: AP , JPost
"Une proposition de ce type entrave la liberté de parole et de manifestation, qui sont les droits élémentaires d'un pays démocratique. Elle ne fera qu'accentuer l'isolement ressenti par la communauté arabe israélienne et renforcera ses éléments radicaux", ont déclaré les députés travaillistes.
Le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon (Israël Beiteinou) estime pour sa part que "la radicalisation des Arabes israéliens n'a pas attendu cette proposition de loi. Elle existe déjà depuis bien longtemps".
"Certaines personnes agissent contre l'Etat, en appelant à sa destruction. Tout autre pays ne supporterait pas que les célébrations de son indépendance deviennent une journée de deuil", a ajouté Ayalon sur les ondes de la radio israélienne.
Un député arabe a, pour sa part, comparé Israël à l'Allemagne nazie. Il juge cette proposition de loi "pas moins sévère que les lois érigées sous le IIIe Reich".
"L'Etat juif a déclaré le djihad à la population arabe. Israël devient progressivement un Etat d'apartheid. Je ne serais pas surpris si dans l'avenir, le gouvernement Netanyahou-Lieberman impose des restrictions supplémentaires aux citoyens arabes, y compris l'interdiction d'utiliser la langue arabe", a déclaré le député, Afo Agbaria (Hadash).
La proposition de loi, déposée par le député Israël Beiteinou Alex Miller, interdit les événements ou les activités destinés à faire du jour de l'indépendance une journée de deuil. Les contrevenants à cette loi pourraient encourir une peine allant jusqu'à 3 ans de prison.