L’homme, la femme et l’enfant de Jérusalem

Mais qui sont les habitants de la capitale. Zoom sur cette population cosmopolite qui se divise en secteurs démographiques très précis.

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May 7, 2013 13:08
Les habitants de Jérusalem.

JFR P12 370. (photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)

Chaque année, dans un contexte de célébration de la réunification de la ville de Jérusalem au terme de la guerre des Six Jours, c’est l’occasion pour l’institut des Etudes israéliennes de dresser un tableau des dernières statistiques sur plusieurs aspects démographiques et sociétaux de la ville. Les chiffres qui suivent font référence à la situation démographique à la fin de l’année 2011.

Sur les 804 400 habitants de Jérusalem, 511 400 étaient juifs ou non arabes (64 %) et 293 000 étaient arabes (36 %). Parmi ces mêmes habitants, 486 800 vivaient dans des zones insérées dans les nouvelles frontières de la ville après 1967, ce qui représentait, juifs et arabes compris, 61 % de la population totale de la capitale. Et sans changement par rapport aux années précédentes, les plus grands quartiers juifs restent : Ramot avec 41 400 habitants ; Pisgat Zeev avec 36 800 ; et enfin Guilo avec 27 800.

Jérusalem est incontestablement une ville jeune. 45 % des habitants de Haguiva Hatsarfatit (colline française) ont entre 20 et 34 ans, 38 % pour Nahlaot et 33 % pour Rehavia.

En ce qui concerne le système éducatif, une donnée mérite d’être relevée : elle montre une forte hausse du nombre d’élèves dans les écoles publiques primaires. Et le phénomène qui avait commencé en 2011 se confirme : la nette diminution du nombre d’élèves harédim dans les classes inférieures dans les écoles publiques. En d’autres termes, davantage de familles ultraorthodoxes quittent la ville pour essentiellement des villes ultraorthodoxes situées à proximité.

En 2011, quelque 258 800 élèves étaient inscrits dans le système d’éducation de Jérusalem, soit le plus grand nombre d’inscrits sur l’ensemble des districts couverts par le ministère de l’Education israélien. Parmi eux : 21 000 Arabes inscrits dans des institutions privées de Jérusalem-est.

Le bac pour tous ? 

En cette année 2012-2013, le nombre total d’élèves juifs s’élève à 159 400, dont 61 000 (38 %) inscrits en écoles publiques – tant laïques que religieuses – et 98 400 (62 %) dans le système scolaire harédi. Et pour la première fois depuis plus de 20 ans, on observe une baisse des inscriptions entre le CP et la 6e, parmi les enfants concernés par le système éducatif des ultraorthodoxes.

Selon les conclusions du Dr Maya Choshen, chargée de recherche affiliée à l’Institut de Jérusalem, nous assistons cette année à un changement essentiel et profond, avec pour la première fois, une nette baisse du nombre d’élèves harédim inscrits à l’école élémentaire. Le nombre d’inscrits passant de 36 650 sur l’année 2011-2012, à 35 880 sur l’année 2012-2013.

En parallèle, le nombre d’élèves au sein des écoles élémentaires est en constante augmentation depuis maintenant deux ans. Du côté des écoles publiques religieuses, on observe une augmentation de 460 écoliers, le nombre d’inscrits passant de 11 000 en 2011 à 11 460 en 2012. Du côté des écoles publiques laïques, l’augmentation est moins visible mais tout de même présente : le nombre d’inscrits dans ces établissements est passé de 11 130 sur l’année 2011-2012, à 11 270 sur l’année 2012-2013.

Une fois au lycée, 94 % des lycéens scolarisés dans les écoles religieuses et laïques publiques se présentent aux épreuves du baccalauréat, contre 34 % seulement pour ceux issus du système ultra-orthodoxe. En 2011, les étudiants des écoles publiques religieuses de Jérusalem étaient 71 % à décrocher le précieux sésame pour l’université (comparé à 69 % pour l’ensemble du pays dans cette catégorie). Le système éducatif laïque comptait lui, 60 % de bacheliers, comparé à 67 % pour le reste du pays, soit une baisse de 2 points comparé au pourcentage de l’année dernière.

Au sein du système orthodoxe, seuls 11 % des lycéens de Jérusalem ont obtenu leur baccalauréat, la moyenne pour l’ensemble du pays étant de 10 %.

Un renversement de la tendance juifs/arabes 

L’ensemble de ces statistiques confirme bien une chose sur la population de Jérusalem : ceux qui quittent en masse la ville chaque année sont principalement des ultraorthodoxes, et non plus seulement des laïques. Pas moins de 17 800 habitants ont déserté Jérusalem en 2011, contre seulement 10 400 qui ont décidé d’y emménager.

Parmi ceux qui ont choisi de quitter la ville, 1 850 ont opté pour Beit Shemesh et 1 500 préféraient Tel-Aviv. En 2011, 660 habitants venus de Bnei Brak, et 600 venus de Tel-Aviv ont décidé de migrer vers la Ville sainte. Sur l’ensemble des personnes parties ou arrivées à Jérusalem, seulement 4 % étaient âgées de 65 ans ou plus. Ce qui montre que ce mouvement d’entrée et de sortie s’appliquait principalement à une population jeune ou d’âge moyen.

Concernant maintenant le taux de natalité, dont les statistiques sont attendues chaque année avec intérêt et impatience, on assiste à un renversement de situations entre juifs et arabes. Sur les années 2008-2011, parmi les 22 000 naissances enregistrées dans la capitale, 63 % étaient issus de mères juives et 35 % de mères musulmanes. Alors qu’en 2001, le taux de natalité pour la ville de Jérusalem était de 3,7 nouveau-nés du côté de la population juive et de 4,3 du côté de la communauté arabe, la tendance s’est fortement inversée avec dorénavant un taux de natalité de 4,2 naissances pour l’ensemble de la communauté juive de Jérusalem, contre seulement 3,6 bébés du côté de la communauté arabe.

En matière de travail, et comparé au reste du pays, les habitants de Jérusalem travaillent moins. Entre 2008 et 2011, la population active de Jérusalem s’élevait à 46 % (comparé à 57 % pour le reste du pays). Parmi les femmes, 39 % étaient actives (62 % pour la moyenne nationale).

Sur le plan religieux, parmi les habitants de Jérusalem âgés de 20 ans et plus, 31 % se déclaraient orthodoxes, et 21 % se définissaient comme religieux (comparé à respectivement 9 % et 10 % pour le reste du pays).

Enfin, dernier élément et non des moindres, les habitants de Jérusalem sont dans l’ensemble assez satisfaits de leur sort. Entre 2009 et 2011, la moitié de la population se disait très satisfaite et 41 % satisfaite (soit un total de 91 %) contre seulement 8 % de non satisfaits. Et les résidents de la capitale se révèlent même plus optimistes quant à l’avenir que les résidents du reste du pays : 70 % à Jérusalem considéraient que leur futur serait meilleur, alors que seulement 60 % à Tel-Aviv et 53 % à Haïfa pensaient la même chose.


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