Première rencontre entre Trump et Abbas

Le président américain a plaidé pour un nouveau processus de paix au Moyen-Orient

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May 7, 2017 15:40
Mahmoud Abbas et Donald Trump, lors de leur première rencontre

Mahmoud Abbas et Donald Trump, lors de leur première rencontre. (photo credit: REUTERS)

 
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Le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a été reçu mercredi 3 mai à la Maison-Blanche par le président Donald Trump. Abbas est arrivé à Washington avec deux espoirs principaux : que Trump fasse pression sur Israël pour un gel total de la construction dans les implantations, et que la reprise des pourparlers soit basée sur le principe des territoires en échange de la paix.

Cependant, le chef de l’AP abordait sa rencontre avec le président américain en position de faiblesse. D’une part, il est mis à mal par ceux qui lui reprochent de ne pas être mandaté pour parler au nom de tous les Palestiniens, puisque malgré les tentatives de ramener la bande de Gaza sous son contrôle, l’enclave est gouvernée par le Hamas. Par ailleurs, les guerres qui font rage en Syrie, en Irak, en Libye et au Yémen, relèguent indéniablement la question palestinienne au second plan. « Les Palestiniens sont divisés, les Etats de la région ne sont pas satisfaits d’Abbas et des Palestiniens, et veulent plutôt aller de l’avant vers une normalisation avec Israël pour contenir la menace iranienne », estime Mkhaimar Abusada, chercheur en sciences politiques à l’université al-Azhar de Gaza. « Il y a des problèmes beaucoup plus graves dans la région, ce qui rend la position d’Abbas très délicate. »

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Processus de paix version Trump

Le président américain a ouvert la conférence de presse conjointe avec Mahmoud Abbas en réitérant son engagement à conclure un accord de paix entre Israël et les Palestiniens. Le locataire de la Maison-Blanche a même évoqué « un nouveau processus de paix pour le Moyen-Orient », appelant à la pleine coopération de l’Autorité palestinienne avec son administration.

« Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que la paix se concrétise. Je pense que nous avons de très bonnes chances de parvenir à amener les Israéliens et les Palestiniens à la table des négociations », a déclaré le chef de la Maison-Blanche, pointant l’efficacité de la coopération israélo-palestinienne en matière sécuritaire. Trump a ensuite assuré que les Etats-Unis étaient prêts à assister les Palestiniens dans le développement de leur économie.
Abbas, quant à lui, s’est focalisé sur les conditions posées par l’Autorité palestinienne dans le cadre d’un futur accord de paix : le retour d’Israël aux frontières de 1967, la fin de l’occupation et la mise en œuvre de la solution à deux Etats avec Jérusalem comme capitale de la Palestine. Le chef de l’AP a affirmé qu’il croyait en une paix possible, soulignant que « de nouvelles opportunités se présentaient ».

Lors de leur premier entretien en face-à-face, des sources dans l’entourage de Trump ont laissé entendre que le président américain avait demandé à Abbas de cesser les paiements de l’AP aux familles des terroristes et d’œuvrer afin de mettre un terme à l’incitation à la haine contre les Israéliens. Il était également attendu que le président américain déclare une nouvelle fois que les constructions israéliennes dans les implantations de Judée-Samarie ne favorisaient pas la paix.

Pour ce qui est de la promesse de campagne de Trump de relocaliser l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, le vice-président américain Mike Pence a assuré le 2 mai lors d’un rassemblement organisé à l’occasion de la fête de l’Indépendance israélienne, que le président américain considérait très sérieusement cette option. Pence a également souligné que si des concessions devaient être faites afin de parvenir à la paix, aucun compromis ne serait toléré concernant la sécurité de l’Etat hébreu.



La veille de la rencontre, lors d’une réunion préalable à son entretien avec le président américain, le leader de l’Autorité palestinienne avait déclaré espérer qu’une nouvelle ère s’ouvrait. Regrettant l’arrêt des discussions avec les Israéliens depuis 2014, le leader palestinien a blâmé le manque de vision politique au sein de l’actuel gouvernement israélien et redit sa confiance dans le plan de paix de la Ligue arabe, qui offre à l’Etat juif l’établissement de relations diplomatiques avec le monde arabe, en échange d’un Etat palestinien.

L’incrédulité du camp palestinien

Dans le camp palestinien, c’est l’incrédulité qui domine. De nombreux Palestiniens se méfient du nouveau président américain et se montrent sceptiques vis-à-vis de ses déclarations sur la nécessité d’un accord de paix. « Il est plus difficile d’aboutir à un accord historique en politique que de conclure une transaction immobilière », estime Qais Abdul Karim, un membre du comité exécutif de l’OLP, faisant allusion au passé professionnel de Trump. « Je ne sais pas si l’actuelle administration américaine, avec tous ses liens avec Israël, est réellement en mesure de préparer le terrain pour un traité qui mettra fin au conflit. Il est permis d’être optimiste, mais il faut aussi être réaliste. »

Pour Hasan Khreisneh, vice-président du conseil législatif palestinien, et opposant à Abbas, rien de bon ne peut sortir de la rencontre à la Maison-Blanche. « Trump est un businessman. Il veut vendre une marchandise et dans cette transaction, nous sommes annoncés comme perdants. Le président américain est instable, personne ne peut savoir où il va : aujourd’hui il affirme une chose, et demain il dit le contraire. Depuis cent jours son gouvernement est ballotté au gré de ses humeurs et il n’est arrivé à rien. »

Yossi Alpher, ancien directeur de l’Institut d’études pour la sécurité nationale pense que Donald Trump est avide de faire des propositions suite à ses rencontres avec Netanyahou et les chefs d’Etat arabes. S’il parle d’accord de paix, Alpher relève qu’il n’a encore jamais dit comment il comptait s’y prendre pour atteindre ce but, tout simplement parce qu’il ne le sait pas encore lui-même. A moins, comme il l’a suggéré lors de sa conférence de presse avec Abbas, qu’il ne mette l’accent sur une « paix économique », c’est-à-dire davantage d’investissements, de zones industrielles conjointes, et de projets communs. « Cela pourrait être présenté comme un point de départ pour un accord global », indique le chercheur.
Bon gré, mal gré, le chef de l’AP qui voit l’occasion de redorer son blason, veut y croire. « Avec vous Monsieur le président, nous avons de l’espoir », a-t-il déclaré à Trump.

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