Un mois après le putsch raté,une nouvelle Turquie voit-elle le jour ?

Un état des lieux de la Turquie 30 jours après la tentative de prise de pouvoir militaire avortée

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August 18, 2016 11:06
Rassemblement de soutien au président Erdogan, le 7 août 2016

Rassemblement de soutien au président Erdogan, le 7 août 2016. (photo credit: REUTERS)

S’il y avait une chose que le commandant Mehmet Karabekir ne supportait pas, c’était de voir de la faiblesse dans les yeux de ses comparses. « Pas de compromis, pas d’hésitations », affirmait-il. « Frappez-les, brisez-les, brûlez-les. » Juste après minuit le 16 juillet dernier, il parlait ainsi devant un groupe de soldats turcs à Acibadem, un quartier d’Istanbul. Une petite foule s’était rassemblée pour observer Karabekir et ses soldats, alors qu’ils essayaient d’occuper un immeuble de la compagnie Turk Telecom. Les citoyens avaient eu vent de la tentative de coup d’Etat, et un homme dans la foule, Smartphone à la main, filmait la scène. Mete Sertbas, un mukhtar local, sorte de maire de quartier, s’était approché des militaires. Après quelques mots échangés, Karabekir prenait son imposant fusil G3A7. Alors que l’homme continuait de filmer se cachant derrière un autre, une détonation se faisait entendre. Et le mukhtar tombait en arrière, tué sur le coup. « Ne montrez aucune compassion », ordonnait le commandant au reste des conspirateurs. « Nous allons gagner. Comme un soldat sur le terrain d’opération, je tire, je tire sur la foule et j’attends. » Moins de douze heures plus tard, le commandant était mort et ses soldats étaient roués de coup par les commandos de la police. Le coup d’Etat en Turquie avait échoué.

7 août. « Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », affirme le Premier ministre turc Binali Yildirim devant des millions de personnes réunies à Istanbul lors du rassemblement pour « la démocratie et les martyrs ». Près d’un mois après la tentative de putsch, au cours de laquelle 240 personnes ont perdu la vie, le président Recep Tayyip Erdogan peut se targuer d’un immense soutien populaire. Déjà, on compare les derniers événements à une « nouvelle guerre d’indépendance », une ère de renouveau national similaire à ce qui prévalait du temps de la création de la République de Turquie par Mustapha Kemal Atatürk. « Le monde vous regarde », hurle Erdogan à la foule. « Chacun d’entre vous a combattu pour la démocratie et la liberté. » Symbole de l’unité qui semble désormais prévaloir en Turquie, les principaux chefs de l’opposition sont présents à ce rassemblement. Notamment Kemal Kilicdaroglu du Parti républicain du peuple (CHP) et Devlet Baceli du Parti d’action nationaliste (MHP). Kilicdaroglu affirmant lui-même qu’une nouvelle Turquie a vu le jour. Cette nouvelle nation compte vraisemblablement des absents, au premier rang desquels on trouve le parti d’opposition Kurde, le parti démocratique des peuples (HDP).

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Dans la foulée du coup d’Etat, plus de 18 000 personnes ont été arrêtées dans tout le territoire. Dans ce qui a été qualifié de véritable « purge », plus de 21 000 professeurs, 504 médecins, 300 employés de la TRT, la plus grande chaîne de télévision du pays, et même des arbitres sportifs ont été suspendus de leurs fonctions. 2 754 juges ont été limogés pour avoir entretenu des liens supposés avec les conspirateurs, et 89 journalistes ont été inculpés. Il n’y pas un secteur de la société, y compris le monde universitaire, qui n’a été affecté par la reprise en main du régime. En tout, on parle de 70 000 arrestations et suspensions. Erdogan a appelé au rétablissement de la peine de mort. Déjà, un cimetière de fortune a émergé à Istanbul. Karabekir, l’assassin du mukhtar, a été parmi les premiers à y être inhumé.

Qui est Fethullah Gülen ?

Fondée par Atatürk en 1923, la république séculière a toujours connu d’importantes tensions entre les Kurdes, les islamistes et les extrémistes, qu’ils soient de gauche ou de droite. Les coups d’Etat militaires visant à rétablir « le régime démocratique voulu par le peuple » ont fait tomber différents gouvernements en 1960, 1971 et 1980. L’armée a également cherché à influencer le gouvernement en 1993 comme en 1997, toujours au nom des principes séculiers de la Turquie kémaliste. Erdogan, dont le Parti de la justice et du développement (AKP) est arrivé au pouvoir en 2002, rejette cette tradition séculière. En 1997, il déclarait à une foule de sympathisants : « Les mosquées sont nos casernes, leurs dômes sont nos casques, leurs minarets nos baïonnettes et notre foi notre soldat. » Une tirade poétique qui était en réalité un avertissement indirect lancé à l’armée du pays. Entre 2003 et 2011, les alliés d’Erdogan, avec parmi eux les partisans de l’imam islamiste Fethullah Gülen, affirment avoir découvert l’existence d’une société secrète, Ergenekon ; de militaires en seraient membres et son but serait de renverser le parti islamo-conservateur au pouvoir. Des centaines d’officiers, certains déjà à la retraite, sont alors arrêtés. Burak Bekdil, journaliste au Hurriyet Daily News, précise qu’on ne peut comprendre le putsch de 2016 sans connaître ce passif. « Vous devez prendre en compte qu’Erdogan et Gülen étaient les meilleurs alliés pendant plusieurs décennies, jusqu’à un désaccord sur la méthode à adopter pour atteindre leur objectif, pourtant identique. »

Né dans un petit village de l’est de la Turquie en 1938, Fethullah Gülen a fondé un mouvement islamique qui a créé des écoles dans plus de 140 pays à travers le monde. En 1999, alors encore en Turquie, il demande à ses partisans « d’être plus pieux et de mener à bien la restauration nationale ». En 2014, le gouvernement AKP l’accuse d’être à la tête d’une « organisation terroriste » et d’avoir infiltré de nombreuses institutions éducatives. Un câble diplomatique américain, publié par Wikileaks, affirme en 2004 que le mouvement güleniste a infiltré la bureaucratie turque et qu’en 2008, la police et les services de renseignements comptent en leur sein de nombreux sympathisants de l’imam. Un autre télégramme diplomatique américain classé confidentiel, en date du 14 septembre 2009, remarque : « Nos contacts sont tous d’accord pour convenir que les gülenistes sont présents partout au sein de la société turque, y compris dans le plus grand bastion du kémalisme, l’armée ». Selon cette source, les chefs militaires turcs sont alors inquiets de possibles infiltrations et font état d’une véritable conspiration selon laquelle les gülenistes s’habillent de manière voyante, demandent à leurs femmes de porter des bikinis, et affirment boire de l’alcool de manière à tromper les services susceptibles de les identifier.
Pour Kani Xulam, activiste kurde, le coup d’Etat avorté aura de graves conséquences. « Aujourd’hui, Erdogan prend sa revanche sur les gülenistes. Tôt ou tard, peut-être même demain, il s’occupera des kémalistes ou des Kurdes », prévient-il.

Minute après minute


A 21 h 15, le 15 juillet. Le commandant Murat Celebioglu, basé à Istanbul, crée un groupe Whatsapp nommé Yurtha Solh (Paix à la maison), terme prisé d’Atatürk et utilisé comme slogan dans l’armée turque. Il ajoute des officiers du 3e corps de la 1re armée basée dans et aux alentours d’Istanbul. « Vous pouvez partager des informations importantes ici. Je les transmettrai à Ankara », écrit-il à 21 h 15 dans un message retrouvé après le putsch. Vers 21 h 30, la 6e division d’infanterie motorisée bloque les routes et prend pour cibles les infrastructures de communications.

Ce que nous savons aujourd’hui, c’est qu’une heure avant, le commandant de la 1re armée, Umit Dundar, contacte Erdogan, alors en vacances à Marmaris, pour le prévenir. « Vous êtes notre président légitime », lui dit-il. « Je suis de votre côté. Un putsch a éclaté et la situation est hors de contrôle à Ankara. Allez à Istanbul. » Après le coup de téléphone, Erdogan s’entretient avec le propriétaire de la villa dans laquelle il séjourne, également propriétaire d’un hôtel situé à proximité. Ce dernier offre au président de l’emmener en bateau dans les îles grecques, mais Erdogan préfère prendre un hélicoptère pour l’aéroport le plus proche où son jet privé l’attend. 15 minutes après son départ, l’hôtel voisin de la villa est pris d’assaut. 29 soldats de diverses forces spéciales, ralliés au coup d’Etat et arrivés en hélicoptère, fouillent le lieu. Quand bien même auraient-ils investi la villa que le président en était déjà parti.

Le jour du putsch, Oz Katerii, un journaliste de 29 ans, rentrait chez lui après une longue journée de travail. « C’était une soirée tranquille à Besiktas, la partie européenne d’Istanbul », se souvient-il. « Puis les rumeurs de coup d’Etat ont commencé à apparaître sur Twitter. J’ai vu passer une information comme quoi les ponts du Bosphore avaient été fermés par l’armée. Ça paraissait irréel. Je n’avais jamais vu un truc pareil. On ne pouvait plus traverser le détroit. » La ville d’Istanbul, comptant 14 millions d’habitants, allait être plongée dans le chaos le plus total, plus de 400 000 voitures empruntant quotidiennement les ponts reliant les deux rives du Bosphore. Au début, Katerii pensait qu’un événement sécuritaire était derrière cette anormale activité militaire. Peut-être la menace d’un attentat. En effet, celui du 28 juin à l’aéroport Atatürk était encore dans toutes les mémoires. Mais quand la rumeur que des F-16 de l’armée survolent à basse altitude la capitale, Ankara, le doute s’estompe : « Là, j’ai commencé à me dire qu’il s’agissait peut-être d’un coup d’Etat. » Plus tard dans la soirée, le jeune journaliste décide de sortir de chez lui et de se diriger vers le centre-ville. Au même moment, la grande chaîne de télévision TRT interrompt ses programmes.

A Ankara, Mohamed Ruzgar, journaliste syrien réfugié en Turquie, constate l’interruption de la diffusion. Pour lui, c’est un mauvais signe. Depuis 2011, et le début de la guerre civile coté syrien, la Turquie est un des pays qui a accueilli le plus de réfugiés venant de Syrie. Elle a dans le même temps ardemment soutenu l’opposition au régime el-Assad. Pour Ruzgar, un putsch  risque de mettre fin à ce soutien, car aussi bien les partisans de Gülen que les kémalistes craignent que la guerre en Syrie ne se propage sur leur sol. « Nous savons que le gouvernement d’Erdogan apporte une aide humanitaire au peuple syrien, donc nous, réfugiés, étions inquiets. Nous ne voulions pas que l’aide militaire en faveur des rebelles cesse. Nous craignions aussi la fermeture de la frontière turco-syrienne en cas de prise de pouvoir de l’armée. » Ruzgar justifie aussi son soutien sans faille au gouvernement AKP en expliquant que ce dernier réfléchissait à accorder la nationalité turque aux réfugiés syriens, alors même qu’une majorité de la population du pays y était opposée.

A Ankara, vers 23 heures, un communiqué du Premier ministre Yildirim annonce qu’une activité militaire non autorisée a cours, mais appelle au calme. Des rumeurs annoncent que le chef d’état-major de l’armée a été pris en otage. C’est en effet le cas. Hulusi Akar est détenu sur la base de l’armée de l’air d’Akinci, près d’Ankara. Et c’est le général Umit Dundar, celui qui a rapidement prévenu Erdogan de la situation, qui prend la tête des forces armées loyalistes. A Istanbul, le blocage des ponts du Bosphore crée des embouteillages qui auront notamment pour conséquence de ralentir les putschistes et de les empêcher d’atteindre assez rapidement les lieux stratégiques qu’ils s’étaient donnés pour mission d’occuper. Néanmoins, à 22 heures, ils arrivent à investir les studios de la chaîne nationale TRT.
Le premier accroc auquel vont faire face les conjurés sera de convaincre les forces de police de leur obéir. Les années Erdogan, si elles ont affaibli l’armée à coup de suspensions et autre procès, ont considérablement renforcé la police.

Pourtant, la nuit du putsch, cette dernière a, semble-t-il, initialement accepté la prise de pouvoir. Le commandant Celebioglu avait d’ailleurs annoncé sur son groupe Whatsapp réunissant des soldats rebelles, que la « grande majorité » des policiers se soumettraient sans opposer de résistance. Le chef de la police d’Istanbul, qui s’est personnellement rendu sur un des ponts bloqués, sera arrêté à 22 h 30. Quatorze minutes plus tard, les tanks rebelles bloquent la route de l’aéroport Atatürk. Mais le coup d’Etat était mal préparé. Certains faits annonçaient déjà la déroute des conspirateurs. Leur incapacité à localiser le général Dundar, chef de facto de l’armée loyaliste ou bien le besoin de faire appel à des techniciens pour interrompre les programmes de la TRT. Dans les locaux de la chaîne de télévision, les soldats forcent finalement la présentatrice du journal Tijen Karas à lire un communiqué expliquant que suite « aux atteintes aux droits fondamentaux, à la liberté, à la tradition démocratique et séculière de la Turquie » les forces armées se doivent d’intervenir afin de ramener « la paix à l’extérieur comme à l’intérieur », paraphrasant ainsi le fondateur de la République Mustapha Kemal. Un couvre-feu est également annoncé. Pendant ce temps, Oz Katerii tente d’atteindre la place Taksim, scène connue des manifestations nationales, le journaliste ayant eu vent que de nombreuses personnes, défiant le couvre-feu, se réunissent sur la place.

Erdogan tout puissant

Hande Firat, journaliste à CNN Türk, était en congé pour la journée lorsqu’elle a été rappelée en urgence au studio. Présentant une édition spéciale, elle reçoit une bien étrange demande : le président Erdogan veut faire une déclaration à la nation, mais n’étant plus dans son lieu de villégiature et n’ayant pas accès à un studio, il voudrait la faire via l’application de visioconférence FaceTime. Apparaissant fatigué, il appelle le pays à résister. « J’appelle le peuple à sortir dans les rues, à occuper les places, les aéroports. Que les traîtres viennent avec leurs tanks. Je suis le commandant en chef dans ce pays. Ceux qui sont derrière ce coup d’Etat payeront le prix le plus élevé. » La journaliste se confiera plus tard au journal allemand Bild : « C’était vraiment le moment le plus important. D’abord parce que jusque-là, personne n’avait vu le président. Des rumeurs circulaient quant à sa situation, détenu, mort, vivant. Personne ne savait ce qu’il en était. Puis le peuple a vu Erdogan sur cet écran de téléphone. Cela a changé le déroulé des événements. Son message appelant à sauver la démocratie a été entendu ».

Katerii, arrivé place Taksim peu de temps après l’intervention présidentielle, décide de filmer l’événement en direct. « Au début, les forces de police ne faisaient rien, regardaient simplement les gens se réunir. Généralement, lors d’une manifestation, les canons à eaux ne tardent pas à sortir et les policiers à revêtir leurs combinaisons antiémeutes. Lorsque je suis arrivé sur la place, je ne savais pas que la police et l’armée n’étaient pas dans le même camp. Nous ne savions plus qui contrôlait le pays. La police était d’un côté de la place avec un camion porteur d’un canon à eau. Les soldats fusils à la main étaient de l’autre. » A Ankara aussi, la population investit les rues. Alors que dans le même temps, les tanks des militaires rebelles tirent sur le parlement et qu’un hélicoptère bombarde le quartier général des services de renseignements. Bien que le quartier presque syrien dans lequel vit Ruzgar soit généralement calme, les habitants décident rapidement qu’ils doivent sortir s’opposer aux chars d’assaut. « Pendant la nuit, beaucoup de Syriens sont sortis pour protester. Même après les événements, lorsque le gouvernement a invité la population à des manifestations de soutien, vous pouviez apercevoir beaucoup de drapeaux de l’opposition syrienne, à Gaziantep, Istanbul ou Ankara », confie Ruzgar.

A bord de son jet privé, Erdogan décide alors de rejoindre Istanbul, bien que l’aéroport soit encore cerné par les tanks putschistes. Des sources affirmeront plus tard que des pilotes rebelles ont tenté d’intercepter le président à bord de leurs F-16. Mais ils n’ont pas abattu son avion. « Allah a décidé que nous ne devions pas mourir cette nuit », dira Erdogan à l’agence de presse Reuters. Les messages, retrouvés sur le groupe Whatsapp des conspirateurs d’Istanbul, montrent bien comment les rebelles ont perdu l’initiative. Après l’intervention d’Erdogan à la télévision, la foule a commencé à s’en prendre physiquement aux soldats. La police a arrêté de suivre les ordres de l’armée. « Urgent ! La foule essaie d’empêcher les chars d’avancer. Nous avons besoin de soutien aérien », y prévenaient certains officiers. C’est à ce moment que Karabekir, à la tête de son petit groupe de soldats rebelles, remonte les bretelles de ses troupes. « Il ne faut pas perdre la main », hurle-t-il à ses hommes. Il donne l’ordre d’abattre les civils. Beaucoup d’officiers et de soldats refusent.
Toujours via l’application de messagerie instantanée, le lieutenant-colonel Coskun prévient : « La police et la population entourent nos forces, et leur demandent de se rendre. Nous sommes en minorité. »
« Je pensais que la police allait laisser les soldats prendre le contrôle », avoue Katerii « Je n’imaginais pas voir les policiers arrêter les soldats. Mais les soldats ont été désarmés rapidement, il n’y a pas eu de grande confrontation. Les rebelles se sont rapidement avoués vaincus et se sont rendus. » En effet, aux premières lueurs du jour, les soldats occupant les ponts reliant les rives du Bosphore se sont rendus à la police. Les officiers impliqués dans le putsch étaient alors dans le flou le plus total. « L’opération a-t-elle été annulée ? », demande l’un sur l’application Whatsapp. « Devons-nous prendre la fuite ? », s’interroge un autre. « Nous avons quitté nos positions. Je ferme le groupe. Effacez les messages si vous le voulez. » C’était la fin du coup d’Etat manqué.

La Nouvelle Turquie

Un mois après ces événements dramatiques, la Turquie est à un tournant stratégique. De nombreuses voix s’élèvent déjà contre les purges en court et l’état d’urgence imposé dans le pays. « Les leaders de l’AKP voient le gouvernement comme la seule cible du putsch », confie le député CPH Muharrem Ince. « Nous y avons vu une attaque contre la république de Turquie. Et n’avons pas supporté le bombardement du parlement. Mais pour lutter contre les éléments favorables au putsch, il aurait été préférable de renforcer la démocratie plutôt que de s’attaquer à l’état de droit », estime-t-il. Pour le député d’opposition (CPH), si le coup d’Etat avait réussi, la Turquie serait aujourd’hui en guerre civile. Pourtant, le résultat des derniers événements devrait être un retour aux valeurs fondamentales de la république turque. Bien qu’étant contre les arrestations de journalistes, il souligne tout de même que « certains n’en sont simplement pas » et que parfois les arrêter peut-être nécessaire. Et voit l’organisation de Gülen comme une menace devant être éliminée.
Burak Bekdil, le journaliste du Hurriyet Daily News, prévient quant à lui : le gouvernement peut facilement abuser du soutien populaire dont il jouit désormais. « Tous ceux qui s’opposeront aux arrestations massives vont être catalogués comme traîtres ou terroristes. Même les militants contre la torture sont accusés d’être des conjurés. » Cela semble aussi être la réalité de la « Nouvelle Turquie » d’Erdogan.

Un mois après ces événements dramatiques, alors que le parti au pouvoir semble jouir d’une grande popularité – au vu des millions de personnes venues se rassembler à Istanbul le 7 août pour la manifestation pro-gouvernement – c’est ce qu’Erdogan va faire de ce soutien, qui en inquiète plus d’un. Les Kurdes ont peur de subir les foudres d’un gouvernement ayant les mains plus libres que jamais, les réfugiés syriens s’interrogent sur la place qui leur sera faite en Turquie, pendant que les partisans du kémalisme séculier craignent une islamisation du pays.


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