De la démocratie

Quand les hommes politiques jouent avec le feu

By MICHELLE MAZEL
October 30, 2016 13:51
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Des citoyens qui soutiennent la police

Des citoyens qui soutiennent la police. (photo credit: REUTERS)

La langue, disait le fabuliste et moralisateur Esope, est la meilleure et la pire des choses, étant à la fois « le lien de la vie civile, la clef des sciences, l’organe de la vérité et de la raison… Mais aussi mère de tous débats, nourrice des procès, source des divisions et des guerres ». Cette définition conviendrait-elle aujourd’hui à la démocratie ?

Aux Etats-Unis, la plus grande démocratie occidentale sinon mondiale – l’Orient n’offrant pas énormément d’exemples de pays démocra­tiques –, un candidat déclare qu’il n’acceptera le verdict des urnes que s’il lui est favorable, se réservant le droit de prendre son temps et de peser ses options si c’est son adversaire qui l’emporte. Une position a priori peu conforme aux grands principes démocratiques et qui est pourtant plébiscitée par plus de la moitié de ses partisans.
En Italie, grand pays démocratique, le Premier ministre et chef de l’exécutif s’indigne du vote de son représentant à l’UNESCO, le condamne haut et fort… mais n’entend pas réclamer sa démission.

En France, pays des droits de l’homme qui s’enorgueillit d’une longue tradition démocratique, les forces de l’ordre sont devenues la cible de groupes d’individus que le ministre de l’Intérieur qualifie avec indulgence de « sauvageons » ; 500 policiers sont blessés chaque mois dans l’exercice de leurs fonctions et ledit ministre se propose de leur fournir des combinaisons ignifugées pour les protéger des bouteilles incendiaires devenues l’arme favorite des manifestants. Samedi 22 octobre, plusieurs centaines de policiers étaient justement à pied d’œuvre à Saint-Etienne pour « encadrer » une manifestation pourtant interdite par le préfet de la Loire par crainte de troubles à l’ordre public. Encadrer, pas empêcher. Une manifestation dénonçant « les répressions policières », appelant au « désarmement de la police », et annonçant l’organisation « d’ateliers d’autodéfense ». Des abribus ont été brisés, des distributeurs de banque mis hors service, « le local du PS saccagé » selon Le Figaro, qui précise que la police n’est pas intervenue.

En Israël, pays démocratique de la première heure, entouré d’ennemis acharnés à sa perte, des citoyens « épris de justice » se portent volontaires pour aller témoigner contre leur patrie devant le conseil de sécurité de l’ONU, lui demandant instamment d’intervenir contre ladite patrie afin de mettre fin à une situation insupportable à leurs yeux. Applaudis au Conseil et salués par le Département d’Etat américain, ces citoyens rentrent ensuite tranquillement au pays où aucune poursuite n’est engagée contre eux à part quelques rodomontades sans effets d’un homme politique en quête de gros titres.

Quelles conclusions sur la nature de la démocratie peut-on tirer de ces exemples des tout derniers jours ? A chacun sa réponse. Naguère, à Madagascar, le président célébrait en grande pompe la fin de la récolte du riz. Un touriste américain de passage, attiré par les chants et les danses, a alors voulu s’approcher pour mieux voir. Brutalement refoulé par le service d’ordre, il s’est indigné à haute voix : « Dites donc, ce n’est pas la démocratie ici ? » Ce à quoi il s’est entendu répondre : « Non Monsieur. Ici ce n’est pas la démocratie. C’est la fête du riz. »

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