Adin Steinsaltz, le sage des temps modernes

« Les commentaires de Steinsaltz perdureront des siècles… »

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August 19, 2014 11:42
Steinsaltz

Steinsaltz. (photo credit: MARC ISRAEL SELLEM/THE JERUSALEM POST)

 
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Il est un peu intimidant d’aller interviewer le rabbin Adin Steinsaltz. Déjà, en 1980, un professeur d’université de Haïfa écrivait dans un article du Newsweek : « C’est un génie de premier ordre. Il possède le genre d’esprit que l’on ne rencontre que tous les deux mille ans ». Et à l’époque, le rabbin roux n’avait que 42 ans…

Dans une interview de 1983 au Washington Post, alors qu’il se trouvait en résidence à l’université de Princeton pour explorer les similitudes entre les structures du raisonnement en physique moderne et le judaïsme traditionnel, Steinsaltz avait été présenté comme l’un des plus grands commentateurs de textes juifs de l’Histoire.

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« Par son ampleur, le travail de Steinsaltz ne peut être comparé qu’à l’œuvre de Rachi », affirmait à l’époque Michael Berenbaum, professeur de religion à l’université George Washington, aux Etats-Unis. Les commentaires de Rachi, acronyme de Rabbi Shlomo Itzhaki (1040-1105), sont devenus partie intégrante de la Torah et sont indissociables de l’étude de celle-ci.

De la kabbale au polar, en passant par le Talmud

L’institut Steinsaltz se trouve à Nachlaot, à Jérusalem. L’édifice se distingue par sa modernité dans ce quartier de petites maisons vétustes.

Une agréable odeur de pipe accueille les visiteurs. Menahem, le fils de Steinsaltz, m’ouvre la porte. Menahem dirige l’association Shefa, qui regroupe tous les projets de son père. Pendant que je patiente, il me montre les dernières publications de son père : commentaires de la Bible, de la Michna et du Michné Torah de Maïmonide. Autant d’écrits qui visent à simplifier l’étude de ces textes juifs fondamentaux. On doit à Steinsaltz des dizaines de livres, qui traitent de toutes sortes de sujets, de la kabbale à l’identité juive, en passant par la sociologie et la philosophie juive. Il a même signé un roman policier, qui n’a jamais été publié, et vient d’achever une biographie du rabbin Menahem Mendel Schneerson, dont il était très proche.
Et puis, bien sûr, il y a son chef-d’œuvre : la traduction du Talmud de l’araméen ancien à un hébreu moderne aisément compréhensible. Achevée en 2010, elle lui a coûté 45 années de travail.

Cette compilation de disputes rabbiniques extrêmement complexes sur la loi juive, la coutume et la foi, étalée sur des centaines d’années, avait fini par être consignée par écrit au VIe siècle de l’ère vulgaire. Avant que Steinsaltz ne s’attelle à cette œuvre monumentale, le Talmud était à peu près incompréhensible pour le commun des mortels. Aussi, quand, à l’âge de 28 ans, Steinsaltz s’est lancé dans cette entreprise, beaucoup l’ont trouvé un peu trop audacieux…
« Ce n’est pas facile de suivre son rythme », soupire Menahem, qui travaille avec une équipe d’érudits à la traduction du Talmud de Steinsaltz en français et en anglais.

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« Ce pourrait être mon fils »

Ma tension nerveuse est à son comble, mais elle disparaît dès l’instant où je pénètre dans le bureau de Steinsaltz.
Confortablement installé derrière sa table de travail, entouré par les livres, le petit homme courbé par l’étude me lance un sourire accueillant et espiègle. On dirait un joueur de cartes ravi de pouvoir abandonner ses réussites pour des jeux plus intéressants. Il a des yeux bleus, des joues roses et une longue barbe blanche. S’il n’était pas si chétif, si petit et d’apparence si fragile (il souffre de la maladie de Gaucher, affection génétique fréquente chez les Juifs ashkénazes), il ferait un très beau Père Noël.

A l’origine, l’interview devait concerner le kidnapping et le meurtre par des terroristes du Hamas de Naftali Fraenkel, Gil-Ad Shaer et Eyal Yifrah. Deux des garçons (Naftali et Gil-Ad) étudiaient au lycée religieux de Mekor Haïm, à Kfar Etzion, une yeshiva appartenant à l’important réseau éducatif de Steinsaltz qui couvre Israël, l’ex-Union soviétique et l’Amérique du Nord. La rencontre avait été reportée en raison des sept jours de shiva, la période de deuil, pendant laquelle Steinsaltz avait été très pris entre les visites aux familles et les rencontres avec les élèves pour tenter de le calmer.

« Ces garçons ont conquis la sympathie de la nation. Tout le monde, en Israël, se disait : “Ce pourrait être mon fils”. C’est une réaction très rare.

La tragédie a vite cédé la une de l’actualité à une série d’événements qui se sont ensuite succédé : le meurtre abominable d’un adolescent palestinien, Mouhammad Abou Khdeir, commis par des Juifs, des émeutes arabes qui ont débuté dans le village d’Abou Khdeir, Shouafat, puis se sont étendues à d’autres régions d’Israël, les salves de roquettes tirées par le Hamas sur Israël, et le déclenchement par Tsahal de l’opération Bordure protectrice.

Du penchant naturel de l’homme pour la guerre

Steinsaltz n’est pas simple à interviewer. Il ne répond pas aux questions de façon traditionnelle : il les reformule, cite des exemples et des anecdotes au fil d’une lente divagation. Et ce qui apparaît au début comme une digression finit par ajouter des nuances et de la complexité à ce qu’il entend expliquer.

Ses associations mentales couvrent un domaine très large. Ainsi, Le portrait de Dorian Grey, d’Oscar Wilde, est-il cité dans une discussion sur l’ancien président condamné pour viol Moshé Katsav. Et le meurtre par l’anarchiste juif russe Shalom Schwartzbard de Simon Petlioura, le leader nationaliste anticommuniste ukrainien dont les troupes ont commis la plupart des massacres de Juifs sur le sol ukrainien pendant la Première Guerre mondiale, est évoqué dans une discussion sur l’esprit de revanche chez les Juifs.

Tout en suçant avec application le tuyau de sa pipe, il défend des points de vue divers et variés qui semblent parfois contradictoires. En discutant avec lui, on abandonne vite l’idée que toute question sérieuse appelle une réponse simple. Il ne faut pas attendre de ce rabbin des positions tranchées.

Par exemple, quand je lui demande s’il ne croit pas que la religion est à l’origine de tous les conflits de la région, il souligne le penchant naturel de l’homme pour la guerre (« Dans les îles du Pacifique, les tribus ne vivaient pas en paix et beaucoup étaient cannibales »), il fait remarquer que des idéologies comme le nazisme ou le communiste ne sont pas moins dangereuses que la religion, il met l’accent sur les différences entre l’islam, qui est, de son point de vue, militariste et expansionniste par essence, et le judaïsme et le christianisme, qui ne le sont pas.

Malgré les nombreux exemples de bellicisme présents dans la Bible (comme les conquêtes de Josué, du roi David ou du roi Salomon), Steinsaltz insiste sur le fait qu’avant l’exil, les Juifs n’aimaient pas se battre et avaient une attitude très ambivalente vis-à-vis de la guerre. Contrairement aux Grecs, qui glorifiaient les soldats dans leur littérature et leur culture, les Juifs n’ont presque jamais présenté le guerrier comme un idéal. Mourir sur un champ de bataille n’est pas décrit comme glorieux.
Et pourtant, les Juifs, comme les Ecossais ou les Suisses, ont parfois été contraints de faire la guerre. Ils ont ainsi acquis une expérience de combattants, dont ils ont tiré parti pour gagner leur vie comme mercenaires. « Au temps des Grecs, voyez-vous, on trouve des détails amusants dans les contrats que signaient les mercenaires juifs : nous savons, par exemple, qu’ils étaient autorisés à ne pas se battre le Shabbat, sauf si on les attaquait. »

Des idées étonnamment conservatrices

Pour Steinsaltz, il y a quelque chose d’atavique qui renaît dans le retour des Juifs sur la terre d’Israël, quelque chose qui englobe certains aspects d’une personnalité collective, restée en sommeil pendant le long exil. Cela explique pourquoi un peuple auquel on refusait la souveraineté et une terre qui lui appartienne est vite devenu très compétent dans l’art de la guerre et l’agriculture.

Interrogé sur notre conflit territorial avec les Palestiniens, Steinsaltz explique qu’en principe, la vie humaine a la préséance sur la terre. Voilà pourquoi lui-même serait disposé à échanger des territoires contre une paix réelle.

En revanche, quand je lui demande s’il n’est pas immoral de maintenir un contrôle juif sur la Judée-Samarie sans donner des droits politiques complets aux Palestiniens, il conteste cette idée : les Palestiniens, dit-il, ont des droits et, depuis qu’Israël a pris le contrôle de la Judée-Samarie, leur situation s’est considérablement améliorée. En outre, sachant que la Judée et la Samarie étaient illégalement occupées par la Jordanie au moment où Israël en a pris le contrôle, ces territoires ne peuvent être considérés comme « occupés » aujourd’hui, puisqu’ils n’ont jamais appartenu à une quelconque nation.

Steinsaltz ne voit pas de nécessité morale à donner aux Palestiniens des droits politiques complets.
« Parfois, une minorité peut dominer une majorité. L’idée que les implantations sont la principale raison à l’absence de paix est une excuse magnifique. Mais dans la pratique, la plupart des gens qui travaillent dans les implantations sont des Arabes. »
Sur le sujet de la religion et de l’Etat, Steinsaltz avance des idées étonnamment conservatrices.Il pense par exemple que l’Etat d’Israël doit continuer à interdire le mariage civil.
« C’est plus important que d’empêcher les gens de manger du porc. Lorsqu’on se marie avec un non-juif, il est très difficile de revenir en arrière, et il n’est pas facile de changer les enfants ensuite. »

Quand on lui demande si l’Etat d’Israël a besoin de Grands Rabbins, il secoue la tête. « Non », dit-il. « A quoi servent les Grands Rabbins ? Quand on a une personnalité forte, on peut profiter d’une telle position pour agir, mais ce n’est pas la position elle-même qui fera de vous un rabbin estimé. Le rabbin Ovadia Yossef, par exemple, a gagné en pouvoir lorsqu’il a cessé d’être Grand Rabbin. Personne ne sait ce que fait vraiment un Grand Rabbin. »

Passibles de mort

Pour ce qui est du Hamas, Steinsaltz est catégorique : il s’agit là d’un ennemi implacable. « Le Hamas clame haut et fort qu’il souhaite nous expulser d’Israël. Il nous attaque parce qu’il est en guerre permanente contre nous. Ce qui fait jouir tous les Arabes, c’est de nous imaginer en dhimmis, des habitants de rang inférieur qui ont le droit de travailler et à qui l’on assure une certaine sécurité.

« Ces roquettes, ils ne les envoient pas seulement parce qu’ils détestent les Juifs. Non, ils veulent nous faire partir… Parler de paix avec les Palestiniens est un peu excessif. Nous pouvons tenter de parvenir à un cessez-le-feu prolongé. Mais parler de paix, ce serait trop exiger d’eux. »

Notre conversation nous mène au meurtre d’Abou Khdeir. Pour Steinsaltz, il s’agit là d’un acte abominable. « Tuer ce garçon était une chose épouvantable et j’ai été bouleversé quand j’ai appris ce qui s’était passé. » Toutefois, il consacre ensuite beaucoup de temps à expliquer que les assassins juifs d’Abou Khdeir doivent être condamnés, non pas essentiellement pour cet acte moralement abject qu’ils ont commis, mais parce que cet acte odieux, en suscitant la fureur des Arabes, a mis la vie de Juifs en danger.

Steinsaltz fonde son point de vue sur le concept halakhique connu en hébreu sous le nom de « din rodef », qui évoque le cas d’un Juif poursuivant un autre Juif dans l’intention de le tuer. D’après la loi juive, lorsqu’on voit par exemple un Juif courir derrière un autre Juif en brandissant un couteau, on a le devoir moral de stopper l’agresseur par tous les moyens, même si cela implique de le tuer.

Le concept de din rodef a été étendu, de manière à comprendre toutes les situations dans lesquelles les actes d’un Juif mettent en danger la vie d’autres Juifs. De ce fait, les auteurs de ces actes sont passibles de mort. En diaspora, les informateurs juifs qui livraient des renseignements sur leurs coreligionnaires aux autorités non juives pouvaient être tués. L’assassinat de l’ancien Premier ministre Itzhak Rabin avait d’ailleurs été précédé de déclarations de rabbins affirmant que les actes de Rabin (le fait de céder des terres et des armes aux Palestiniens dans le cadre des accords d’Oslo) pouvaient être assimilés à cette image d’un Juif poursuivant d’autres Juifs avec des intentions meurtrières.

Pour Steinsaltz, ce principe devrait être appliqué aux assassins d’Abou Khdeir, qui ont mis en danger la vie d’autres Juifs, ce qui renforce encore la gravité de leur acte.

Hiérarchie de la Halakha

Je lui demande s’il n’est pas perturbé par le fait que, dans la loi juive, rien n’indique qu’il faille tuer un poursuivant si le « poursuivi » n’est pas juif. Ne devons-nous pas être choqués par le meurtre d’Abou Khdeir, non parce que ses conséquences mettent en péril la vie de Juifs, mais parce qu’un meurtre, quel qu’il soit, est un acte odieux ? N’est-il pas problématique à ses yeux que la Halakha accorde une plus grande valeur à la vie d’un Juif qu’à celle d’un non-juif ? « Bien sûr, on n’a pas le droit de tuer, quelle que soit la personne », répond-il. Il admet cependant qu’il existe une hiérarchie très claire : pour la Halakha, tuer un Juif est bien plus grave.

J’insiste : mais n’est-ce pas problématique d’un point de vue éthique ?
« Oui et non. Voyez-vous, nous avons nos lois. La structure générale de ces lois est que nous formons une famille et que nous nous traitons les uns les autres comme des membres de cette famille. Or, dans la vie, on se soucie plus des membres de sa famille que des autres personnes. Alors, voyez-vous, on peut présenter les choses ainsi : si un individu tue un membre de votre famille (votre père, votre mère, votre conjoint…), vous n’avez pas les mêmes émotions que si c’était un étranger qui avait été assassiné, et il est probable que vous ne vous comporterez pas de la même façon. Cela ne signifie pas que vous n’avez pas d’éthique, ni que vous êtes insensible. »

Je maintiens qu’à mes yeux, ce point de vue est immoral.
« En fait, je ne vois pas les choses sous le même éclairage que vous », me répond-il. « Je me pose toutes sortes de questions sur ce que vous appelez la morale. La morale est un phénomène très éphémère, dans le sens qu’elle change d’une époque à l’autre, d’un lieu à l’autre. Voyez-vous, j’ai moi-même grandi dans un certain environnement, avec une certaine histoire… »

Fils de communiste

Steinsaltz est né en 1937 à Jérusalem, de parents non pratiquants. Son père, Avraham, communiste, était allé se battre contre Franco durant la guerre d’Espagne. Il est, me dit Steinsaltz, l’un des rares communistes de Palestine à l’avoir fait.
Sur le plan idéologique, Avraham se situait encore plus à gauche que l’organisation marxiste sioniste Hapoël Hatzaïr. Il était membre du Parti communiste palestinien, qui était néanmoins plus compatible avec le sionisme que le Parti communiste de Palestine, résolument à l’extrême-gauche. Ces deux derniers partis avaient été déclarés hors-la-loi par les Britanniques, précise Steinsaltz.

Qu’aurait pensé le père de Steinsaltz de cette distinction que fait son fils entre la vie d’un Juif et celle d’un non-juif ? Cet internationaliste qui embrassait les idéaux communistes d’égalité, de laïcité et de dépassement du nationalisme, cet homme qui est allé risquer sa vie en Espagne pour combattre le fascisme pour le compte d’une nation de non-juifs ne rejetterait-il pas une hiérarchie qui accorde plus de valeur à la vie juive qu’aux autres ?

Steinsaltz secoue la tête : il est convaincu que son père serait d’accord avec lui.
« L’une des choses que j’ai héritées de lui, c’est la fierté d’être juif, même s’il était communiste. Il m’a dit un jour : “Je ne tiens pas spécialement à manger casher. Mais ça, c’est quand je suis en Israël. Dès que je suis à l’étranger, je ne mange que casher, parce que je suis juif”. Je pense que je tiens cela de lui. »

Il m’explique que son père était un homme compliqué qui parvenait à jongler avec les contradictions. Il rejetait la religion, alors qu’il venait d’une illustre famille rabbinique. Petit, Steinsaltz ne connaissait que le yiddish, car ses parents « refusaient de parler la langue des goyim » (non-juifs).

Lorsqu’il a eu dix ans, son père a engagé pour lui un professeur de Talmud. « Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu : “Peu m’importe que tu sois un apikorus [hérétique], mais il n’est pas question qu’un membre de notre famille soit un ignoramus” ».

Steinsaltz se souvient que, pendant son enfance, être juif n’amenait pas de questionnements. C’était une source de fierté.
« Ce que je m’attache à faire en ce monde, c’est modifier la mélodie d’une seule et unique phrase : “Je suis juif”. Des mots que l’on peut prononcer de deux façons différentes. La première consiste à dire “Je suis juif” comme on dirait par exemple “Je suis hémophile”. La seconde est de dire “Je suis juif” comme on dirait “Je suis un prince de lignée royale”. Cela affecte la manière dont on se comporte, cela affecte le choix que l’on fait de son futur conjoint. Quand on sait que l’on est prince, on ne se marie pas avec une roturière.

« Toute ma mission, en ce monde, consiste à faire renoncer à la première mélodie au profit de l’autre. »  

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