Emeutes en Judée-Samarie

Jets de pierres et cocktails Molotov contre l’armée.Des Palestiniens réclament la libération de détenus en grève de la faim.

By YAACOV LAPPIN
February 19, 2013 12:13
3 minute read.
Palestiniens portant un blessé après une confrontation avec les forces de sécurité.

2002JFR07 521. (photo credit: Darren Whiteside/Reuters)

Vendredi 14 février, plusieurs émeutes ont éclaté en Judée- Samarie. Les Palestiniens avaient annoncé au préalable leur volonté d’affronter Tsahal au sujet des grèves de la faim des prisonniers palestiniens en Israël. Plusieurs groupes d’individus ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les soldats.
L’armée a répliqué par divers moyens pour les disperser.

A Beitounya, située à l’ouest de Ramallah près de la prison de sécurité d’Ofer, quelque 300 Palestiniens ont lancé des pierres sur Tsahal, blessant légèrement deux soldats, selon un porte-parole de l’armée. Quatre Palestiniens ont également été légèrement blessés. Selon des médecins de l’Autorité palestinienne, cités par l’agence de presse palestinienne Maan, 156 Palestiniens ont dû être traités pour inhalation de fumée.

A Kfar Kaddum, à l’ouest de Naplouse, quelque 60 Palestiniens se sont rassemblés pour jeter des pierres et des bombes incendiaires sur les forces militaires. A Nabi Salih, près de Ramallah, ce sont environ 80 manifestants qui ont pris part à de violentes émeutes. Enfin, 30 Palestiniens ont attaqué l’armée autour de Qalandiya, entre Ramallah et Jérusalem. Selon les assaillants, Tsahal a riposté en ouvrant le feu, ce que l’armée dément.

Pendant ce temps, le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas annonçait que le peuple palestinien n’oublierait jamais ses prisonniers détenus dans les prisons israéliennes : « Nous ne vous oublierons pas et ne vous laisserons pas souffrir derrière les barreaux de l’occupation », a-t-il déclaré lors d’une visite dans un camp de tentes dressées pour l’occasion.

De plus petites manifestations ont également eu lieu par solidarité avec les prisonniers en grève de la faim à Bethléem, Djénine et à l’extérieur de l’implantation d’Efrat, selon l’agence Maan.

Le cas Issawi

Objectif des protestataires : obtenir la libération du prisonnier palestinien Samer Issawi, en grève de la faim. Il avait été arrêté par Tsahal en 2002 pendant l’opération Rempart, durant la seconde Intifada.

Ce membre du Front populaire pour la libération de la Palestine a été condamné à 30 ans de prison pour activités liées au terrorisme.

Après 10 ans de détention, il avait été libéré en octobre 2011 en compagnie de 476 autres terroristes palestiniens lors de l’accord passé entre le Hamas et Israël pour la libération de Guilad Schalit. Avant d’être à nouveau arrêté en juillet 2012, pour avoir violé les termes de sa libération selon Tsahal. Très vite, il entamera une grève de la faim, qu’il poursuit aujourd’hui après plus de 200 jours.

Le prisonnier a vraisemblablement reçu des doses de glucose, pendant un certain temps, doses qu’il refuse aujourd’hui.

Selon sa soeur, Issawi ne pèserait guère plus que 40 kg. Elle fait référence à des détenus kurdes qui ont pratiqué une grève de la faim de plus de 200 jours et sont restés en vie.

Le député Jamal Zahalka (Balad) a confié au Jerusalem Post que son parti essayait d’internationaliser le conflit israélopalestinien en attirant l’attention des Nations unies sur 4 détenus grévistes de la faim dans les prisons israéliennes.

Cette tactique a déjà fait ses preuves : Catherine Ashton, chef de la diplomatie étrangère européenne, a publié un rapport dans lequel elle se dit très préoccupée par la santé de ces prisonniers. « L’Union européenne demande au gouvernement d’Israël de réinstaurer immédiatement le droit de visite des familles des prisonniers et ainsi qu’un respect complet des droits de l’homme envers les détenus palestiniens », indique le rapport. Y est également évoquée « l’inquiétude de l’Union européenne quant aux utilisations abusives des détentions administratives israéliennes ».

Un membre officiel du gouvernement israélien a répondu au rapport d’Ashton en affirmant qu’Israël « observe strictement les lois et les conventions internationales concernant ses prisonniers, qui ont le droit à la justice devant la Cour suprême. » Par ailleurs, la brigade Kfir de Tsahal a arrêté 9 suspects palestiniens dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 février, dans le village palestinien d’Azun. Ils sont soupçonnés d’avoir jeté des pierres sur des véhicules israéliens. L’arrestation a fait suite à une collecte de renseignements effectuée dans le village, connu pour être le foyer de tirs de pierres et de cocktails Molotov sur les véhicules israéliens qui circulent dans la région.


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