Face au dilemme du Sinaï

Contrairement à la bande de Gaza, Jérusalem ne peut ouvertement mener des opérations de contre terrorisme dans le Sinaï. Décryptage.

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August 13, 2013 15:46
2 minute read.
Un convoi accompagne les funérailles des 4 terroristes éliminés lors d'1 attaque attribuée à Israël.

P6 JFR 370. (photo credit: Reuters)

 
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Silence radio. Tsahal aurait mené un raid au drone contre une cellule djihadiste dans la péninsule du Sinaï, vendredi 9 août. Samedi, le groupe terroriste Ansar Beit al-Maqdi s’est dit victime d’une attaque qui a tué 4 de ses hommes. « Nos héros sont devenus martyrs au cours de leurs devoirs djihadistes contre les juifs lors d’une attaque de roquettes vers les terres occupées », a déclaré le mouvement sur un site de la mouvance djihadiste. De leur côté, les autorités égyptiennes ont affirmé que 4 islamistes avaient été tués par un missile alors qu’ils s’apprêtaient à tirer des roquettes sur Israël. Selon 5 sources sécuritaires différentes, l’offensive aurait été menée par Tsahal. Mais l’armée égyptienne a opposé un vigoureux démenti, tandis que le porte-parole militaire à Jérusalem a refusé de commenter.


Les responsables israéliens sont également demeurés muets, ce qui rend l’offensive très difficile à confirmer. Si la frappe était néanmoins avérée, elle marquerait incontestablement un précédent : la première fois que Tsahal mènerait une frappe préventive et localisée de contre-terrorisme en territoire égyptien.

Tout comme la bande de Gaza, le désert du Sinaï fourmille de cellules terroristes. Mais, contrairement au territoire contrôlé par le Hamas, cette vaste péninsule appartient à l’Egypte. Ce qui crée un perpétuel dilemme pour les Israéliens sur la façon d’en gérer les menaces. Il s’agit, d’une part, de respecter la souveraineté égyptienne et de maintenir le traité de paix avec Le Caire, à l’intérêt vital, mais, d’autre part, de protéger la région sud de cette menace terroriste croissante. Bien entendu, le dilemme n’a plus lieu d’être lorsque les vies de civils sont dans la ligne de mire, ou quand les forces de sécurité sont en situation de danger immédiat avec un temps de réaction très court. La vie humaine prend alors le pas sur toute autre considération.

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Vigilance et arsenal Jusqu’à présent, Tsahal s’entraînait surtout à identifier les sources de menaces le plus rapidement possible, et à les cibler précisément et immédiatement dans les dunes de sable. Bientôt achevée, la barrière de sécurité le long de la frontière sud, de Kerem Shalom, près de Gaza, jusqu’à Eilat, viendra compléter cet arsenal. La clôture est équipée de capteurs électroniques de pointe, fournissant des données en continu aux centres de contrôle et de commande. Perfectionner la collecte de renseignements sur le terrain, le long de la frontière, fait également partie des objectifs de Tsahal qui cherche à mieux cerner la zone afin d’éviter d’être pris par surprise. De plus, les batteries de défense antimissile Iron Dome ont été fortifiées autour de la ville d’Eilat.

De son côté, l’armée égyptienne s’est lancée dans une vaste opération de contre-terrorisme dans le Sinaï, un effort qui a sensiblement augmenté depuis le renversement du président Mohamed Morsi. Il va de soi que la présence de groupes terroristes à l’idéologie fanatique et inspirée d’al-Qaïda dans la péninsule menace très sérieusement la sécurité des deux pays. Ces groupes sont composés de Bédouins radicalisés, de ressortissants égyptiens et de djihadistes étrangers portés volontaires. Ils sont aujourd’hui occupés à s’entraîner et à se procurer des armes, y compris une variété de missiles, d’armes à feu et d’explosifs, dont certains proviennent des entrepôts abandonnés en Libye.

Désormais, pour le commandement de la région sud, la prochaine attaque depuis la péninsule n’est qu’une question de temps. Le drame du Sinaï n’en est qu’à son commencement.


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