La cote de popularité du Hamas n’en finit pas de grimper

Les sources de sécurité préviennent : le Hamas gagne les coeurs et les esprits de Judée-Samarie.

By
January 21, 2013 12:04
Hamas supporters rally in Hebron

Hamas supporters rally in Hebron 300. (photo credit: REUTERS)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user experience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section
  • Content from the award-winning Jerusalem Report and our monthly magazine to learn Hebrew - Ivrit
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again


Le Hamas ne cesse de prendre du galon auprès des Palestiniens des territoires de Judée-Samarie, selon plusieurs indications observées par les forces de sécurité. Le Mouvement islamique serait en train de remporter la bataille des coeurs et des esprits sur l’arène de l’opinion publique, au détriment du Fatah.

Ce regain de popularité du groupe est sensible dans les rues de Judée-Samarie, malgré ses tentatives de remettre sur pied son infrastructure sans cesse réduite à néant par le Shin Bet (Agence israélienne de sécurité) et l’armée israélienne.

Un changement est dans l’air. Les troubles violents avec jets de pierres, attaques au cocktail Molotov et à la grenade et tirs sporadiques ont augmenté de manière significative en novembre et décembre, à travers toute la zone. Et pour compliquer encore la situation, certains de ces incidents violents ont été organisés par des réseaux terroristes paramilitaires affiliés au Fatah.

L’Autorité palestinienne procède toujours à des arrestations d’hommes armés du Hamas, et Tsahal continue de « tondre la pelouse », a expliqué une source de sécurité. « Il est très difficile pour le Hamas de s’organiser », a-t-elle ajouté.

Pourtant, une série de signes clairs ont été identifiés, qui montrent une augmentation du soutien au Hamas au sein des masses palestiniennes.

En 2011, des drapeaux du Hamas ont pour la première fois flotté en Judée-Samarie, après une longue absence, quand Israël a libéré quelque 1 200 prisonniers sécuritaires dans le cadre de l’échange de Guilad Schalit.

Pour le Palestinien de la rue, cet événement a marqué la victoire du Hamas sur l’Etat juif. Sur sa belle lancée, le Mouvement a alors mobilisé des jeunes militants de l’université influente de Bir Zeit près de Ramallah, les poussant à s’impliquer dans les élections étudiantes.

Cette tentative du Hamas de former des cellules estudiantines est appelée « Koutla », et ce type d’activité est en essor, selon la même source.

Les points gagnants du Hamas 

Peu de temps après la libération de Schalit, sur le campus de Bir Zeit, on a pu voir défiler des activistes brandissant des roquettes Kassam en carton. Le Hamas n’a jamais cessé d’oeuvrer pour mettre en place des camps d’été et des cliniques médicales, tandis que le Fatah fait pâle figure devant son peuple.




Les camps d’été, où les enfants sont endoctrinés par l’idéologie du djihad et reçoivent une formation de type militaire, sont considérés par les forces de sécurité comme des centres d’entraînement sur le long terme, véritables terreaux de terroristes en herbe.

« Nous n’attendons pas que se forme une infrastructure militaire à Hébron et Naplouse, qui préparerait des attentats.

Nous agissons avant. Les organisations peinent à décoller », affirme la source.

Néanmoins, la popularité du Hamas continue de monter en flèche. Le soi-disant processus de réconciliation Fatah- Hamas, qui n’est pas allé très loin, a apporté de l’eau au moulin du Hamas.

En outre, le printemps arabe, devenu l’hiver des Frères musulmans dans plusieurs pays du Moyen-Orient – en particulier en Egypte – lui a également profité. Le Mouvement de résistance islamique, branche palestinienne des Frères musulmans, a redoré son blason suite aux développements régionaux, persuadé d’avoir « pris le contrôle au Moyen- Orient », poursuit la source.

En octobre 2012, l’Autorité palestinienne avait organisé des élections municipales en Judée-Samarie, boycottées par le Hamas. Résultat : un taux de participation très faible.

Puis, en novembre, l’opération Pilier de défense était déclenchée. Pendant le conflit, l’Autorité palestinienne se sentait trop démunie pour effectuer des arrestations de membres du Hamas. L’activité de l’AP contre le Hamas était ainsi très limitée – sinon totalement complètement nulle – pendant la semaine de l’opération, ont pu observer les forces de sécurité.

Et finalement, au terme de l’opération, la rue palestinienne de Judée-Samarie avait adopté le narratif du régime du Hamas à Gaza, clamant que le Mouvement avait empêché Israël de lancer une offensive terrestre. Encore des points marqués.

Les échecs du Fatah 


Le Fatah, pour sa part, n’a pas grand chose à signaler côté réalisations. Il n’a pas réussi à créer un Etat palestinien, et ses opérations contre le Hamas en Judée-Samarie – quoique motivées par un intérêt national palestinien – sont largement considérées comme un acte de collaboration avec Israël.

Lentement mais sûrement, la légitimité du Fatah s’érode.

« Nous parvenons à une situation où même les Palestiniens modérés disent : “Si le Hamas défend la résistance armée et le terrorisme, il reste plus efficace. Regardez ce qu’il a réussi à faire”. Nous pouvons voir sa présence dans les rues », a déclaré la source.

Un autre tournant a été pris en décembre, lorsque le Hamas a reçu pour la première fois l’autorisation d’organiser des rassemblements dans les villes de Judée-Samarie. « Quelque chose est en train de se passer ici, qui ne peut être ignoré », a ajouté la source.

Les forces de sécurité israéliennes poursuivent leur lutte contre le terrorisme et maintiennent leur suprématie dans le domaine des renseignements. « En fin de compte, tôt ou tard, nous les arrêtons [les dirigeants du Hamas]. » Mais, la source avertit : « Nous sommes tout à fait conscients de ce phénomène [d’évolution]. » Dans l’intervalle, le Shin Bet a récemment publié des données qui font la preuve d’une hausse indéniable du nombre d’incidents violents à travers la Judée-Samarie.

En décembre, 69 bombes incendiaires ont été lancées dans les territoires palestiniens et 30 à Jérusalem. Trois membres des forces de sécurité israéliennes ont été blessés – deux ont été poignardés en Judée-Samarie et un a été blessé par une voiture qui a délibérément tenté de l’écraser à Jérusalem.
Sans compter six attentats à l’explosif et trois grenades lancées.
Au total, 111 attaques violentes ont été signalées en décembre. En novembre, le nombre d’attaques en Judée- Samarie et à Jérusalem-Est était encore plus élevé – 166 – et comprenait deux attaques à l’arme blanche, trois explosions improvisées, un jet de grenade et 156 bombes incendiaires.
En comparaison, 70 incidents violents avaient été recensés en octobre.

Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL