La troisième intifada tant annoncée est-elle là ?

Un Pourim pas si joyeux pour les soldats de Judée-Samarie qui ont dû contenir des débordements de violence dimanche et lundi suite à la mort d’un prisonnier palestinien en grève de la faim.

By HERB KEINON ET KHALED ABU TOAMEH
February 26, 2013 12:23
3 minute read.
Des témoins de la violence dans les territoires, déguisés pour Pourim

2702JFR04 521. (photo credit: Ronen Zvulun / Reuters)

En début de semaine, les forces de sécurité se préparaient à des émeutes de grande ampleur en Judée et Samarie, suite aux funérailles d’Arafat Jaradat. Si le Premier ministre Binyamin Netanyahou appelle au calme, l’Autorité palestinienne réagit de son côté en accusant Israël d’être responsable de la mort du détenu à force de tortures au cours d’un interrogatoire. L’autopsie n’a pas révélé la cause du décès. Pour le moment, il semblerait que le prisonnier palestinien soit décédé d’un arrêt cardiaque à la prison de Megiddo, samedi 23 février.

Le corps de Jaradat a été remis à sa famille à Sair, près de Hébron. Le lendemain, dimanche, des centaines de Palestiniens sont descendus dans les rues pour affronter les soldats de Tsahal.

L’Autorité palestinienne a fermement condamné Israël pour la mort de Jaradat et appelé à une enquête de l’ONU sur cette affaire. Le ministre palestinien chargé des Affaires des prisonniers, Issa Qaraqi, a ajouté que Jaradat avait été soumis à de graves tortures. Et assuré qu’une autopsie « a prouvé qu’il avait été sévèrement torturé » en détention.

Le ministre nie la preuve apportée par Israël de la crise cardiaque, en la qualifiant de « mensonge ». Il a tenu Israël pour pleinement responsable de « ce crime cruel ».

Un membre du Comité central palestinien, Jibril Rajoub confirme ces allégations, et impute la responsabilité à l’Etat hébreu. Il nie toutefois que les émeutes récentes aient pris la forme d’une troisième intifada.

De son côté, l’Etat hébreu soutient qu’aucun signe de violence n’a été démontré par l’autopsie de Jaradat. Selon le ministère de la Santé, les blessures constatées à l’autopsie pourraient avoir été causées par les efforts de l’équipe médicale d’urgence pour réanimer Jaradat. Le rapport a dénombré des ecchymoses sur l’épaule, la poitrine et les coudes, ainsi que des fractures de deux de ses côtes droites.

De son côté, Kamil Sabbagh, avocat palestinien pour le ministère des Affaires des prisonniers, a déclaré avoir vu Jaradat au tribunal le 21 février. « Il se plaignait de douleurs dans le dos et semblait épuisé », a déclaré Sabbagh. Il a affirmé que Jaradat avait confié avoir subi des violences pendant les interrogatoires.

Maintenir le calme 

Au vu des émeutes de dimanche 24, Netanyahou a envoyé un message à l’AP par l’intermédiaire de Itzhak Molcho, son émissaire auprès des Palestiniens, disant qu’Israël attendait de l’Autorité palestinienne qu’elle participe à « maintenir la paix et la tranquillité, la loi et l’ordre, et prévenir la violence ».

Croire à une violence « stable », est un mirage, rapporte le Premier ministre.

Pour remédier à la situation, le Premier ministre a annoncé qu’il allait libérer les 400 millions de shekels de recettes fiscales du mois de janvier qu’Israël collecte pour l’Autorité palestinienne, et que les recettes de février seraient également transférées. Une décision prise pour « mettre la balle dans le camp palestinien », afin que l’excuse économique ne soit pas employée pour ne pas faire barrage à la violence. Ces transferts de fonds avaient été suspendus suite à la demande de reconnaissance étatique palestinienne à l’ONU en novembre 2012.

Israël a rejeté la demande de libération des autres prisonniers palestiniens en grève de la faim, avant la visite du président américain Barack Obama au mois de mars. Suite à cela, les affrontements en Judée et Samarie se sont aggravés. Toujours dimanche, quelque 200 Palestiniens ont lancé des pierres et des cocktails Molotov, et brûlé des pneus dans la région de Hassam Hashoter à Hébron, selon un porte-parole de Tsahal.

A Beit Oumar, au sud de Bethléem, près de 100 Palestiniens ont jeté des pierres, blessant légèrement un soldat. Un groupe de 50 Palestiniens a également pris pour cibles des soldats via des jets de pierres et de bombes improvisées, au tombeau de Rachel, juste au nord de Bethléem. On ne rapporte pas de blessé.

Le plus haut degré de violence a été atteint près de la prison d’Ofer, dans la périphérie de Ramallah, où 26 Palestiniens auraient été blessés, dont deux par balles réelles. Les Palestiniens ont soutenu que le fils de 15 ans de Ziad al-Reeh Hab, commandant de la Force de sécurité préventive en Judée-Samarie, figurait parmi les blessés.


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