Libération des terroristes : le pays est déchiré

26 détenus palestiniens devaient être libérés avant mercredi. Jusqu’au bout, familles des victimes et ministres de droite s’y sont opposés.

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August 13, 2013 14:59
4 minute read.
Des familles de de victimes protestent contre la libération des prisonniers palestiniens.

P4 JFR 370. (photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)

 
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La liste finale est tombée. Dans la nuit du dimanche au lundi 12 août, le service pénitencier israélien a publié les noms des 26 prisonniers palestiniens qui devaient être libérés jusqu’au mercredi 14 août, après en avoir informé les familles des victimes. Incarcérés avant la signature des accords d’Oslo avec « du sang sur les mains », leur libération a été décidée dans le cadre de la reprise des pourparlers israélo-palestiniens.



Dans les 48 heures suivant la publication, le public pouvait encore faire appel de la décision. Dimanche, l’association des familles Almagor a été reçue en audience par un panel de 3 magistrats de la Cour suprême, pour tenter de faire révoquer la décision. Comme dans des cas similaires par le passé, les parents des victimes s’opposent catégoriquement à la libération des terroristes. Ils se sont présentés furieux au tribunal, munis de portraits de leurs disparus. Mais leur complainte a été rapidement interrompue par le président de l’instance suprême, Asher D. Grunis, qui a refusé de laisser s’exprimer tous les représentants et voulu lever la séance. S’en est suivi un brouhaha indescriptible dans le tribunal. Au bout de quelques minutes, les magistrats ont quitté la salle.

Ces 26 premiers détenus (104 prisonniers doivent être libérés sur 9 mois, par étapes) ne comportent aucun citoyen israélien. Dans un communiqué publié aux alentours de minuit, dimanche, le cabinet du Premier ministre a fait savoir que 14 d’entre eux seront relâchés vers la bande de Gaza et que les 12 autres retourneront en Judée-Samarie. 8 auraient été libérés dans les 3 ans à venir, dont 2 d’entre eux dans un délai de 6 mois.

Ce premier jet de relaxe devait avoir lieu avant que la ministre de la Justice Tzipi Livni et le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat ne se rencontrent mercredi à Jérusalem pour une première session de négociations directes.

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou se remettant de son opération, c’est le ministre de la Défense Moshé Yaalon qui a présidé à la réunion ministérielle destinée à approuver la libération. Etaient également présents : Tzipi Livni, le ministre des Sciences et de la Technologie Yaakov Peri (ancien directeur du Shin Beth), l’actuel dirigeant de l’agence de sécurité intérieure, Yoram Cohen, des représentants des services pénitenciers, de Tsahal et du ministère de la Justice. Il a été unanimement décidé que tout détenu à nouveau arrêté pour une action hostile à Israël serait renvoyé en prison pour le restant de sa peine initiale.

« En quoi libérer des meurtriers fera venir la paix ? »

Comme à son habitude, la classe politique était extrêmement mitigée lundi matin. « La place d’un terroriste est derrière les barreaux. Sinon, le gouvernement se moque du système judiciaire qui a décidé que ces vils meurtriers doivent aller en prison », s’est emporté le ministre de la Construction et du Logement Ouri Ariel (HaBayit HaYehoudi). Soulignant que ces détenus avaient tué femmes et enfants, l’élu a ajouté qu’il ne comprenait pas « en quoi libérer des meurtriers apportera la paix. Libérer des terroristes, c’est même le contraire de la paix ».


Du même parti, le député Moti Yoguev a estimé qu’il était immoral de libérer des prisonniers et accusé le gouvernement de céder aux diktats américains. « Ceci nous dévoile le vrai caractère du président des Etats-Unis et de ses envoyés. Que valent des négociations fondées sur un acte immoral ? » a lancé l’élu avant de marteler : « Nous continuerons de bâtir sur toute notre terre et certainement à Jérusalem, notre capitale ».

Le président du groupe parlementaire Yesh Atid, Ofer Shelah, était d’accord pour dire que cette libération était immorale et minait la souveraineté de l’Etat. Le député s’est néanmoins déclaré en faveur de la décision du Premier ministre Binyamin Netanyahou. « Un Premier ministre qui se lance dans des négociations en dépit de certains membres de son propre parti et de la coalition mérite d’être soutenu. Il lui faut du courage pour commencer ces pourparlers, et nous devons le suivre », a déclaré l’ancien journaliste au micro de la radio militaire.

Du côté de l’opposition, le député Yaacov Margui (Shas) a accusé HaBayit HaYehoudi d’« échanger les familles des victimes contre des constructions dans les implantations ». Abondant dans son sens, le parlementaire travailliste Omer Bar-Lev a déclaré que le gouvernement avait rejeté les alternatives à la libération des détenus pour des raisons politiciennes. « Dans la situation actuelle, il est évident que la bonne chose à faire pour garantir un avenir sûr et prospère à l’Etat d’Israël est de libérer les prisonniers. Mais du point de vue de notre crédibilité, de nos valeurs et de notre stratégie, c’est la pire des alternatives ».

Et l’élu d’appeler Netanyahou à « cesser ce dangereux et embarrassant zigzag », consistant à autoriser de nouvelles constructions dans les implantations et à critiquer le président palestinien Mahmoud Abbas alors que les négociations sont en cours. « Ces manœuvres nous coûtent énormément. Cela pourrait mal se finir pour l’image d’Israël sur la scène internationale, et pourrait même déboucher sur une crise sécuritaire », a conclu le député.

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