Prudence est mère de sûreté

Le conflit à Gaza provoque la colère arabe, mais ne dégénérera pas en guerre générale.

By ALISTAIR LYON
November 20, 2012 17:20
4 minute read.
An Israeli air strike in the Gaza Strip

An Israeli air strike in the Gaza Strip 370 (R). (photo credit: Suhaib Salem / Reuters)

LONDRES (Reuters) - Si l’attaque d’Israël sur Gaza allume des étincelles dans un Moyen-Orient déjà très combustible, il est peu probable qu’elle déclenche une guerre d’envergure ou scelle la fin du traité de 1979 de paix entre l’Etat juif et l’Egypte.




Le Hamas, petit héritier des Frères musulmans égyptiens, a repris du poil de la bête ces dernières semaines. Et ce, suite à une visite à Gaza de l’émir du Qatar, qui a fait naître la conviction trompeuse qu’Israël ne se risquerait pas à une forte action militaire contre les islamistes au pouvoir en Egypte.

Quant au président égyptien, il a enjoint Washington à contenir les offensives “inacceptables” de l’Etat juif. Mais Mohamed Morsi se retrouve face à une pression populaire qui lui en demande plus.

Pour autant, larguer par-dessus bord le traité de paix représente des risques graves pour un pays toujours dans le tumulte, après la révolte l’an dernier contre un Hosni Moubarak qui l’avait préservé 30 ans durant.

Au cours d’appels téléphoniques avec Morsi et le Premier ministre Binyamin Netanyahou mercredi (14 novembre), le président américain Barack Obama a simplement rappelé le droit d’Israël à la légitime défense et n’a fait aucune allusion à une éventuelle action en faveur de la paix avec les Palestiniens.

Le Caire reçoit 1,3 milliard de dollars d’aide militaire de Washington par an et attend de lui un coup de pouce à son économie chancelante. C’est pourquoi Morsi fait profil bas, malgré son besoin de montrer aux Egyptiens que sa politique diffère de celle de son prédécesseur pro-américain.

“Morsi est contraint de tendre la main à la communauté internationale, l’équilibre des forces dans la région penchant du côté d’Israël”, a déclaré Nabil Abdel Fattah, du Centre cairote Ahram d’études politiques et stratégiques.

“Les pays arabes restent militairement et diplomatiquement trop faibles pour oser de vraies représailles contre une telle agression”, poursuit Fattah.

Balayer devant sa porte 

Obama a d’autres casse-tête régionaux à régler alors qu’il entame son second mandat, du conflit nucléaire avec l’Iran à l’instabilité en Irak, en passant par la geurre civile en Syrie, source de tensions violentes aux frontières avec la Turquie, le Liban, l’Irak, la Jordanie et Israël.

La lutte en Syrie entre les rebelles majoritairement sunnites et les partisans alaouites du président Bachar a dressé les Etats dirigés par les Sunnites face à l’Iran chiite, le plus proche allié d’Assad. C’est ainsi que le Hamas s’est brouillé avec certains de ses anciens amis. Le Mouvement islamiste sunnite avait rejoint le Hezbollah libanais chiite, l’Iran et la Syrie dans le fameux “axe de résistance” face à Israël et aux Etats-Unis. Mais la répression sanglante d’Assad sur ses opposants l’a incité à rompre les liens avec Damas en début d’année.

La frustration refoulée, qui a éclaté au grand jour dans les soulèvements arabes l’an dernier, a renversé quatre dirigeants bien enracinés. L’agitation populaire a gagné la Jordanie, le Koweït et le Bahreïn la semaine dernière.

Les dirigeants arabes, survivants autocrates ou nouvellement installés par la voie des urnes, doivent prêter plus d’attention aux sentiments de leurs citoyens, pour la plupart remplis d’empathie pour leurs frères palestiniens.

Pourtant, s’il a une fois encore enflammé le courroux arabe, le dernier effort d’Israël pour empêcher les tirs de roquettes des terroristes de la bande de Gaza pourrait bien se dérouler sans intervention armée des autres ennemis d’Israël comme l’Iran, la Syrie et le Hezbollah.

Timur Goksel, ancien conseiller onusien du maintien de la paix au Liban, a déclaré qu’il ne s’attendait pas à une expansion régionale du conflit, hormis des condamnations vigoureuses des dirigeants arabes.

“Tout pourrait dégénérer seulement si Israël choisissait de passer à l’étape suivante [à Gaza].

C’est la décision d’Israël et elle n’est pas aisée à deviner, compte tenu des prochaines élections làbas”, a-t-il affirmé. “Si les événements restent en l’état, ils s’atténueront d’eux-mêmes.”

L’armée israélienne est un élément dissuasif de taille pour n’importe quel adversaire, même aussi aguerri que le Hezbollah.

Le puissant mouvement chiite a combattu Israël jusqu’à ce que ce dernier se retire du Liban en 2006, mais s’est fait discret lors de la dernière offensive israélienne sur Gaza en 2008-09 et devrait s’abstenir de déclencher une autre guerre dévastatrice en tirant des roquettes à la frontière Nord.

L’Iran non arabe, saigné par les sanctions occidentales, affronte déjà des menaces israéliennes d’attaque sur ses installations nucléaires et ne semble pas vouloir se plonger dans un conflit tous azimuts au nom de Gaza.

La Syrie est préoccupée par sa propre agonie et n’est pas en mesure de s’en prendre à Israël.

Pourtant, des échanges de tirs ont eu lieu cette semaine, perturbant des décennies de calme à la frontière du Golan, et alimentant les spéculations selon lesquelles Assad chercherait à provoquer l’Etat juif, pour faire diversion quant à son propre sort.

La confrontation à Gaza pourrait brièvement détourner l’attention des événements en Syrie, sans avoir de grande incidence sur le conflit là-bas, selon le commentateur basé à Beyrouth Rami Khouri, qui a déclaré que le conflit israélo-Hamas avait sa propre dynamique récurrente.

“La nouvelle flambée de violence n’est pas surprenante, vu la stratégie de résistance de plusieurs groupes qui prennent Israël pour cible en réponse au blocus”, a-t-il déclaré, se référant aux restrictions israéliennes sur l’enclave de Gaza. “Cela n’est pas surprenant car la situation là-bas n’est pas viable sur le long terme”.

Pour beaucoup d’Israéliens, elle n’est pas viable non plus.

Pendant le cycle de violence et de vengeance, près de 800 roquettes ont frappé le sud d’Israël cette année, pressant Netanyahou de répliquer.

“Aujourd’hui, nous avons transmis un message clair au Hamas et aux autres organisations terroristes”, a déclaré Netanyahou mercredi, ajoutant qu’Israël élargirait l’offensive si nécessaire.


Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL

Israel Weather
  • 13 - 22
    Beer Sheva
    16 - 21
    Tel Aviv - Yafo
  • 12 - 19
    Jerusalem
    15 - 23
    Haifa
  • 18 - 28
    Elat
    16 - 29
    Tiberias