Retour sur une semaine de violences palestiniennes

Alors que la trêve avec Gaza est menacée, la Judée-Samarie s’embrase à nouveau.

By YAAKOV LAPIN ET KHALED ABOU TOAMEH
April 9, 2013 12:10
4 minute read.
A Palestinian shouts as he holds a Fatah flag at the funeral of terrorist Maissara Abu Hamdiyeh.

Fatah supporter Hebron 370. (photo credit: Mussa Qawasma/Reuters)

 
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Retour sur une semaine de violences palestiniennes Alors que la trêve avec Gaza est menacée, la Judée-Samarie s’embrase à nouveau Yaakov Lapin Le secrétaire d’Etat américain John Kerry est en visite au Proche-Orient, mais rien ne semble moins actuel qu’une relance du processus de paix au vu de la flambée de violence sur le front palestinien.

Mardi 2 et mercredi 3 avril, deux roquettes et un obus de mortier sont tirés depuis la bande de Gaza vers Ashkelon et la région d’Eshkol, sans faire de blessés.

Une attaque à laquelle Tsahal riposte avec fermeté tandis que de hauts gradés et la classe dirigeante menacent le Hamas de lourdes conséquences en cas de rupture du cessez-le-feu. L’armée estime d’ailleurs que ce n’est pas le mouvement au pouvoir à Gaza qui est derrière ces tirs, mais des groupuscules islamistes radicaux.

Toujours mardi 2 avril, le terroriste Maissara Abou Hamdiyeh meurt à 63 ans dans une prison israélienne des suites d’un cancer de l’oesophage. Un décès qui embrase la Judée- Samarie, portant aux nues cet ancien leader du Fatah, mort selon la foule « en martyr ». Dans le climat de tension qui précède ses funérailles, deux jeunes Palestiniens, Amer Nassar, 17 ans, et Naji Balbisi, 18 ans, meurent sous les balles israéliennes, alors qu’ils attaquent un poste de garde militaire à l’extérieur de Toulkarem, tard dans la nuit de mercredi.

Une enquête sur l’incident a été ouverte par Tsahal.

Ce n’est donc pas un homme, mais trois qui sont enterrés jeudi 4 avril, accompagnés par des milliers de Palestiniens. Ils sont 15 000 à Hébron pour les obsèques d’Abou Hamdiyeh, réunis autour de factions politiques. Les drapeaux sont agités par la foule en colère, tandis que des appels à la vengeance ne cessent de se faire entendre. Des funérailles symboliques ont également eu lieu à Djénine, Ramallah et Gaza. Des affrontements avec l’armée, avec jets de pierres et de cocktails Molotov, ont ensuite eu lieu jusque dans la journée de samedi. Plusieurs centaines de Palestiniens sont impliqués dans ces violences.

Quand l’Autorité palestinienne mise sur ses prisonniers 


Une fois encore, l’Autorité palestinienne se sert des prisonniers palestiniens pour lancer une vague de condamnations à l’encontre d’Israël. Pour Ramallah, la mort d’un détenu dans une prison israélienne (même s’il s’agit en l’occurrence d’un décès à l’hôpital de Beersheva) est une opportunité à saisir pour porter l’attention de la communauté internationale sur les prisonniers palestiniens.

Voilà plusieurs années que le gouvernement d’Abbas place cette question parmi ses plus grandes priorités. La libération des détenus est même devenue une des conditions du dirigeant palestinien pour reprendre les négociations de paix avec l’Etat hébreu.

Jusque récemment, le chef de l’AP ne mettait que deux conditions à son retour vers la table des négociations : le gel complet des constructions d’implantations et la reconnaissance, par Jérusalem, des lignes pré-1967 comme frontières du futur Etat palestinien. Mais le leader a dû revoir ses priorités suite à une intense pression et à des critiques croissantes de la part de la rue palestinienne.

Abbas s’est même senti obligé d’aborder le problème lors de la visite du président Obama à Ramallah, à la fin du mois de mars. Les Palestiniens ont ainsi confié une missive au leader américain de la part de certains prisonniers palestiniens, lui demandant d’oeuvrer pour leur libération.

Une cause populaire

Il se passe rarement une semaine sans manifestations ou rassemblement en soutien aux détenus dans la bande de Gaza comme en Judée et Samarie. Les médias contrôlés par l’Autorité palestinienne se sont largement fait l’écho de cette cause populaire, enquêtant sur les conditions de détention des prisonniers et interviewant les familles. Des appels au gouvernement pour obtenir leur libération se font régulièrement entendre. Abbas et ses proches sont également critiqués pour ne pas en faire davantage afin de mettre un terme au « calvaire » des incarcérés, que l’on n’hésite pas à qualifier de « prisonniers de guerre ». Certains vont jusqu’à accuser l’Autorité d’avoir abandonné les prisonniers et leurs familles.




Pour contrer ces critiques, Abbas a créé un « ministère des Prisonniers » et placé Issa Qaraqi à sa tête. Celui-ci mène depuis une campagne sans merci contre l’Etat hébreu au sujet des détenus. Mauvais traitements et actes de tortures sont des accusations régulières. Qaraqi affirme même qu’Israël conduit des expériences humaines sur les détenus, vole leurs organes et les prive de traitements médicaux appropriés.

Peu avant la visite de Barack Obama, la mort d’Arafat Jaradat dans un centre de détention israélien a déchaîné Qaraqi ainsi que d’autres dignitaires de Ramallah qui ont été très prompts à lancer des accusations de torture. Une charge fermement démentie par l’Etat juif.

Mardi 2 avril, Maissara Abou Hamdiyeh décède des suites d’un cancer généralisé alors qu’il purgeait une peine de prison en Israël. Le scénario se répète. Cette fois-ci, Qaraqi et ses collaborateurs s’écrient que le détenu n’a pas reçu les soins médicaux nécessaires et exigent une commission d’enquête.

Des allégations ont, là encore, été vigoureusement rejetées par Jérusalem.

Ces graves attaques sont avant tout destinées à prouver à l’opinion palestinienne que le gouvernement de Ramallah se soucie du sort de ses prisonniers. Mais elles aggravent également les tensions entre Israéliens et Palestiniens et ouvrent tout grand la voie aux violences. En formulant de telles accusations à l’encontre d’Israël, l’AP ne fait que radicaliser ses citoyens et en jette certains dans les bras du Hamas et du Djihad islamique. Et lorsque Ramallah se décidera à reprendre les pourparlers avec son voisin israélien, Abbas et ses ministres seront traités de traîtres et de collaborateurs par de nombreux Palestiniens enragés.

Difficile de voir comment, dans ce contexte, le leader palestinien pourrait retourner à la table des négociations, même si Israël acceptait de geler les constructions dans les implantations. Car alors les Palestiniens exigeraient d’Abbas qu’il honore sa promesse de faire libérer les prisonniers.

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