Au village, sans pretention

Alors que les touristes se bousculent, Jerusalem Village offre aux jeunes qui visitent la capitale un accès convivial à la vie juive.

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July 17, 2013 11:57
Jerusalem Village propose une large gamme d'activités, notamment des ateliers cuisines.

P23 JFR 370. (photo credit: Ronny Touvia)

En général, sur le plan touristique, on associe plutôt la ville de Jérusalem à de grands idéaux comme l’éternité et la spiritualité. Pas vraiment à la cuisine maison ou à une rencontre entre amis autour d’une tasse de café. Du moins, jusqu’à ce que Lisa Barkan et son mari, Jeremy, s’en mêlent.

Ils étaient tous deux assis à la terrasse d’un café, rue Emek Refaïm, un vendredi après-midi, il y a environ deux ans, quand Lisa s’est soudain demandée ce que tous les jeunes qui traînent là-bas, visiblement pas des gens du cru, font le Shabbat.

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Et c’est encore un vendredi matin à la terrasse d’un café, à Baka, cette fois-ci, où elle réside, que Lisa raconte la genèse d’un concept très simple, devenu rapidement très populaire auprès des jeunes visiteurs et nouveaux immigrants de la capitale. Jerusalem Village est le résultat de l’enquête qu’elle a menée pour découvrir ce que font les jeunes visiteurs ou les nouveaux immigrants célibataires dans la ville sainte, quand arrive le Shabbat.

« Jérusalem a une atmosphère très différente des autres villes. La vie sociale tourne plus autour des réunions de famille, et même les visiteurs non pratiquants recherchent une ambiance plus traditionnelle le Shabbat, explique-t-elle.

Aussi avons-nous commencé, mon mari et moi, à explorer la question. Nous sommes vite arrivés à la conclusion qu’il nous fallait trouver un lieu agréable et accueillant pour inviter ces jeunes adultes et leur offrir l’opportunité de rencontrer leurs pairs autour d’un repas de Shabbat. Simple comme bonjour, mais il fait y penser ! » Jeremy est décédé voilà un an. Mais Lisa, malgré son chagrin, s’est attelée, avec encore plus de détermination, à ce qui est aujourd’hui plus une mission qu’un projet. « C’est comme si j’exauçais la dernière volonté de mon mari », confie-t-elle.

Une communauté ouverte 


Jerusalem Village, qui a démarré comme une petite initiative locale, a pris récemment une autre dimension. Suite aux efforts conjugués de toute son équipe, c’est aujourd’hui un grand projet qui a reçu le soutien de l’Agence juive et des fédérations juives à l’étranger. Un plan quinquennal a même été établi.



Quel est le projet de Jerusalem Village ? La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord.

En gros, il s’agit d’accueillir les jeunes adultes en visite ici, afin de leur permettre de rencontrer d’autres jeunes de partout dans le monde, dans une atmosphère agréable, détendue et chaleureuse. Par ce biais, un accès convivial à la vie juive leur est offert – par exemple autour des repas de Shabbat. Ils peuvent ainsi faire la connaissance d’autres jeunes Israéliens. Barkan veut aussi donner aux visiteurs un aperçu de ce qu’est une communauté juive, en toute ouverture d’esprit.

L’idée de base du projet est qu’un jeune juif, en visite à Jérusalem, ne doit pas ressentir la même chose ici que dans n’importe quelle autre ville du monde. Passer quelques jours ou quelques semaines à Jérusalem doit être quelque chose de spécial – et cela exige une attention particulière.

Une fois le principe de base établi, innovations et initiatives peuvent se mettre en place. Jerusalem Village, avec la collaboration et le soutien de diverses organisations locales et internationales, offre maintenant beaucoup plus qu’un bon repas du Shabbat aux jeunes touristes juifs. Barkan, avec son équipe restreinte mais dévouée, a réussi à élargir son champ d’action.

Aujourd’hui, Jerusalem Village propose un large éventail d’activités telles que des visites de la ville, des rencontres avec les jeunes du pays, des ateliers, des stages d’hébreu de courte durée, des animations autour de la cuisine, du jardinage et de la photo.

Mais les repas de Shabbat restent le point central.

De toute évidence, pour Lisa Barkan, l’idée est de favoriser les rencontres.

« Nous n’essayons pas d’encourager les mariages, déclare-t-elle. Tel n’est pas notre but, même si nous n’avons rien contre. Ce que nous voulons, c’est donner aux jeunes un aperçu de ce que peut être une communauté juive. » 


Le pluralisme avant tout 


Barkan ajoute que, bien souvent, les visiteurs sont habitués à une certaine forme de communauté juive chez eux. « Ils ont la synagogue, la famille ou les amis, mais la plupart du temps ils ne sortent pas de ce cercle. Ils ignorent tout des autres. Ici, autour du repas de Shabbat, ils font la connaissance d’autres jeunes religieux et non religieux comme eux. Je crois que cela leur apporte énormément. C’est en tout cas le retour que nous recevons, car nous leur ouvrons de nouvelles portes. Le message que nous voulons faire passer est celui du pluralisme. A eux de s’en saisir et de se l’approprier. » L’initiative de Barkan s’inscrit dans un cadre plus large.



Jerusalem Village opère sous le patronage du service de la Jeunesse de Jérusalem. Les dîners de Shabbat se déroulent au centre communautaire Ginot Ha’ir, rue Emek Refaïm. Il a le soutien de la Fédération juive et de New Spirit, ainsi que de plusieurs cafés, en particulier ceux fréquentés par les jeunes.

Ce partenariat avec les cafés n’est pas fortuit. Un des programmes les plus populaires offert par Jerusalem village s’intitule Be Sweet (Soyez gentils), qui propose aux jeunes résidents de Jérusalem d’aller prendre un café ou un chocolat chaud avec un nouvel immigrant ou d’inviter de jeunes visiteurs à la maison pour un repas, etc.

« Le but est de les intégrer au sein de la jeune communauté de la ville, explique Barkan. Tel est l’objectif de toutes nos activités. Qu’il s’agisse des visites de la ville hors des sentiers battus, des différentes activités du club d’hiver (jardinage, cuisine, participation au marathon ou ateliers de photo) : au final, tout cela permet d’apprendre à mieux se connaître. » En ce moment, Lisa Barkan prépare un programme pour les cinq années à venir.

« Nous cherchons à identifier les enjeux et tendances majeures sur lesquels axer notre travail », explique-t-elle.

« Là encore, nous avons besoin de l’apport des participants aux programmes de Jerusalem Village. Nous leur demandons de nous communiquer leurs idées et suggestions. Pour cela, nous organisons des groupes de discussion sur nos prochains programmes, à l’attention des jeunes entre 20 et 35 ans.


C’est de cette façon que nous prévoyons de renforcer et de continuer cette initiative. »


 


 


 


 



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