Cérémonie officielle au Wagon du Souvenir

Inauguration de l’auditorium du Site-Mémorial des Milles, seul camp français d’internement encore intact.

By MAGALI BARTHÈS
January 29, 2013 15:33
3 minute read.
Hommage

Cérémonie 521. (photo credit: Magali Barthès)

 
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La culture, vecteur de tolérance Le Camp des Milles, autrefois berceau de souffrance, devient un haut lieu culturel, s’inscrivant parmi les places fortes de Marseille Provence 2013.

Une flamme s’éteint toujours faute d’entretien. Ce 27 janvier, désormais journée internationale de commémoration des victimes de la Shoah, était placé sous le Haut patronage de Madame Simone Veil. La présence des représentants diplomatiques du Rwanda, d’Israël, d’Arménie, des religions diverses, aux côtés des associations tsiganes et arméniennes, des associations de déportés juifs, de résistants, et le soutien de l’Association Française des Justes des Nations ont permis de renforcer un peu plus le sentiment de cohésion des humanistes face à la barbarie.

La cérémonie a débuté par le chant des Marais, interprété solennellement par les élèves du lycée militaire d’Aix-en Provence. Une collégienne et deux lycéens du lycée Cézanne pour égrener les noms de leurs aînés arrachés à la vie, entre août et septembre 1942, un dépôt de gerbes par des écoliers des Milles sur les lieux mêmes du départ de plus de 2000 hommes, femmes et enfants juifs déportés vers Auschwitz... Le symbole est fort.

Le message de Simone Veil, lu par Robert Mizrahi, Président pour le Sud-est du comité Yad Vashem France, montre toute l’importance de la transmission aux plus jeunes : « En tant qu’ancienne déportée, il m’a toujours paru essentiel de transmettre aux jeunes générations, par le jeu des témoignages et de la pédagogie, ce qu’a été la Shoah, afin qu’ils comprennent les éventuelles dérives de toutes sortes de discriminations ou d’extrémismes ».

La famille Steiner évoque les souvenirs : « Notre grand-père faisait partie des premiers internés qui ont réussi à s’évader. Lorsque nous sommes revenus avec lui sur les lieux, malgré son grand âge et ses difficultés à se déplacer, il a retrouvé toute l’énergie nécessaire pour nous conduire aux différents endroits qui l’avaient particulièrement marqué ».

A l’issue de la cérémonie, Alain Chouraqui, Président de la Fondation du Camp des Milles-Mémoire et Education, a inauguré l’auditorium du SiteMémorial.

A cette occasion, Louis Rama, professeur de lettres, accompagné par le contrebassiste Vincent Bauza (1), a magistralement déclamé le texte d’Albert Cohen « O vous, frères humains ». Ce texte traduit les errances psychologiques d’un enfant maudit parce que juif.

Mais cette enfance sacrifiée est la sienne : « De cette immense folie des singes savants, de cette incroyable folie, je n'en reviens pas et n'en finis pas d'en revenir. Et tout en clamant depuis des siècles leur amour du prochain, tout en s'en délicieusement gargarisant, ces singes vêtus continuent à admirer la force sous tous ses masques, l'horrible force qui est capacité de nuire et dont l'ultime racine et sanction est l'ultime pouvoir de tuer ».

Ces tourments d’un petit homme devenu trop vite adulte constituent un trait d’union avec l’histoire personnelle de ces nombreux artistes et intellectuels du Camp des Milles, déportés à Auschwitz pour certains d’entre eux. Ce concert-lecture est la première activité culturelle sur le site depuis les créations réalisées sur place par les internés il y a plus de soixante-dix ans. D’autres événements sont programmés, notamment l’opéra pour enfants « Brundibar » d’Hans Krasa, (joué par des enfants au camp de Terezin), et la présence du Quatuor Béla, qui interprètera des oeuvres de compositeurs persécutés ou résistants.

L’antisémitisme sévit trop souvent dans des lieux aussi banals qu’une cour d’école. A l’évidence, la tolérance universelle est encore un vain mot. Mais il faut souhaiter que cette journée du 27 janvier décidée par l’ONU permette de fortifier la paix et l’amitiée. 

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