D’Amalek à Auschwitz

«Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek».

By JOSEPH STRICH
December 18, 2012 15:44
Amalek

1912JFR24 521. (photo credit: DR)

 
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Un impératif moral catégorique pour tout Juif, une devise éthique kantienne pour tout être humain dont Thibault Verbiest a fait un roman de fiction mêlant histoire, géopolitique, physique quantique et kabbale.

« L’idée lui est venue, elle le foudroya» ditil, un samedi ensoleillé du mois de mai 2008, alors qu’il se baladait dans un hippodrome d’une commune verdoyante de Bruxelles. C’était «comme une inspiration murmurée, un projet fou d’écriture : des soldats israéliens téléportés dans le camp de concentration d’Auschwitz».

Thibault Verbiest plonge aussitôt, avec la passion du chercheur, dans les livres, films et sites spécialisés. Il se fait aider par Félix Gumacher, un rescapé des camps qui a passé trois ans à Auschwitz. Et fait notamment des «rencontres miraculeuses», des «coïncidences inspirantes», qui l’aident dans ses recherches. Comme par exemple un colonel de Tsahal qui s’assoit près de lui par hasard, dans le bar d’un hôtel international de Bruxelles, ou un ex-ambassadeur d’Israël qui se retrouve assis en face de lui dans un Thalys, alors qu’il avait proféré son nom la veille.

L’intrigue : dans un Moyen-Orient en plein chaos, des islamistes fanatiques s’allient à des évangélistes américains pour précipiter la fin des temps, dans un complot apocalyptique qui suppose la destruction de l’Iran et d’Israël. Neuf soldats israéliens sont sélectionnés pour une mission de la dernière chance. Un téléporteur, basé sur une technologie jusqu’alors inconnue, doit les envoyer dans une base égyptienne secrète pour éviter une guerre nucléaire. Le commando est téléporté, mais la destination n’est pas celle prévue.

Ils se retrouvent à quelques kilomètres d’Auschwitz, en 1943... Là, ils vont croiser de nombreux personnages, certains fictifs, d’autres réels (par exemple : Mala Zimetbaum - détenu -, Kaminski - Kapo -, Stefan Baretzi - SS). Et bien réels sont aussi les réseaux de résistance à l’intérieur du camp, sujet peu traité en littérature.

Certains personnages retiennent particulièrement l’attention du lecteur. Petit portrait de certains d’entre eux : - Leah Ben Gibor, la célibataire solitaire et froide, de l’unité des tueurs professionnels du Mossad Kidon.

-Sarah Shabtai, la reporter pacifiste pro-palestinienne, en service sous les drapeaux.

-Noam Melekh, l’avocate éthiopienne, membre des renseignements de l’armée de l’air.

- Nathan Weisz, l’héritier de l’empire Devcon, expert en communications dans l’unité des parachutistes.

- Hussein Jibril, le Druze rebelle, de l’unité canine Oketz, spécialisée dans la traque de fugitifs.

- Tomer Haniel, le kibboutznik paraplégique, fils d’un survivant de la Shoah, militant sioniste de gauche servant dans une unité spéciale du génie militaire.

- Et Yankel Gnod, l’ultra ultra-orthodoxe antisioniste de Méa Shearim, devenu officier dans le bataillon des Juifs orthodoxes. 

Amalek, de Thibault Verbiest, Edition Avant-propos, 2012 



Dans la Genèse, Amalek est le chef des Amalécides, une tribu de nomades qui attaque les Hébreux dans le désert du Sinaï, immédiatement après l’Exode d’Egypte. Dans le judaïsme, les Amalécites représentent l’ennemi archétypal des Juifs, et dans le Yiddishland des années 1930, le mot Amalek était souvent utilisé pour désigner les antisémites, notamment les nazis.

L’Exode, 17, 8-16 : « Les Amalécites surviennent et combattent contre Israël à Rephidim. Moïse dit alors à Josué : ‘Choisis-toi des hommes et demain, sors combattre Amalek ; moi, je me tiendrai au sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main.’ Josué fit ce que lui avait dit Moïse, il sortit pour combattre Amalek, et Moïse, Aaron et Hour montèrent au sommet de la colline. Lorsque Moise tenait ses mains levées, Israël l’emportait, et quand il les laissait retomber, Amalek l’emportait. Comme les mains de Moïse s’alourdissaient, ils prirent une pierre et la mirent sous lui. Il s’assit dessus tandis qu’Aaron et Hour lui soutinrent les mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi ses mains restèrent-elles fermes jusqu’au coucher du soleil. Josué défia Amalek et son peuple au fil de l’épée. L’Eternel dit alors à Moïse : ‘Ecris cela dans un livre pour en garder le souvenir, et déclare à Josué que j’effacerai la mémoire d’Amalek de dessous les cieux.’ Puis Moïse bâtit un autel qu’il nomme l’Eternel-Nissi car, dit-il : ‘La bannière de l’Eternel en main ! L’Eternel est en guerre contre Amalek de génération en génération.’»


Dieu à 12 heures 

Un « polar kaléidoscope » dans lequel, « malgré leurs diversités spatiales et temporelles », «les intrigues politiques, sentimentales, mystiques, s’entretissent adroitement, et où « le passé répond au présent, et l’ésotérisme à la science ». 



Quelques mots, d’abord, sur l’auteur de ce Da Vinci Code local, qui compte parmi les arrière-petits-neveux de Théodore Herzl. Il grandit à Lyon, avant de faire son alya à 15 ans, puis d’intégrer l’unité des parachutistes de Tsahal, dont il sera officier réserviste pendant 25 ans. Ce chef d’entreprise de Tel-Aviv est amateur d’histoire et de religions et membre de la Société napoléonienne internationale.

Dans ses remerciements, il n’oublie pas Michel Houellebecq qui a beaucoup contribué, dit-il, à la parution de son livre, directement et indirectement : Dieu à 12 heures.

La couverture de l’ouvrage est révélatrice de la teneur : un avion de chasse israélien survolant la coupole du Dôme du Rocher à Jérusalem, lieu originel et prédestiné du Troisième Temple, le Bayit Shlishi, dont la volonté de reconstruction est l’étape ultime de ce récit de (science) fiction.

L’auteur, qui écrit très bien, a voulu embrasser l’ensemble du sujet, couvrant dans leur intégralité tous les aspects de l’actualité, de l’histoire, de la géographie, de la géopolitique, des relations internationales, de la mystique juive, etc.

Le héros de cette passionnante fresque contemporaine abondamment documentée, c’est Aaron, gamin d’une cité lyonnaise, puis pilote d’élite de l’armée israélienne.

Passionnés d’aviation, serrez vos ceintures : il est aussi question des prouesses d’un F-22 qui ferait pâlir de jalousie le F-35 que le Pentagone fait miroiter à Israël. Aaron côtoie kabbalistes, évangélistes, messianistes, et autres prophètes exaltés, comme le rabbin Ariel Etzinger, qui dirige l’Institut du Temple surplombant le Mur occidental et dont l’objectif est de remettre le lieu saint et ses traditions à l’ordre du jour, et de préparer la prise de contrôle sur Har Ha-Bayit, avec l’aide du pasteur Thomas W. Farmer, fondateur de l’association sioniste chrétienne américaine.

Farmer est dans la lignée de ces chrétiens sionistes qui se sont élevés contre l’antijudaïsme catholique, contre la politique de diabolisation et d’endoctrinement du Vatican et ont été les précurseurs du sionisme politique juif : Olivier Cromwell, le comte de Shaftesbury, Lloyd George, Lord Balfour.

Gog et Magog


Après la rébellion morale de Martin Luther contre l’Eglise, ces protestants se sont mis à lire la Bible avec les visions de Daniel, d’Ezéchiel et de l’Apocalypse, avec par exemple ce verset de la Genèse où Dieu parle de son peuple : « Je bénirai ceux qui te béniront, et qui t’outragera Je le maudirai, et par toi seront heureuses toutes les races de la terre».

Les Juifs seront les seuls à tenir tête à la formidable coalition que l’Antéchrist formera contre Israël, après la destruction des «hideuses» coupes construites sur le mont du Temple au 7e siècle. L’antéchrist, le diable ? Non, un de ses disciples. Le terrible affrontement aura lieu sept ans après le ravissement et la reconstruction du Tabernacle (annoncé par la naissance d’une Vache rousse) dans la vallée de Megiddo (Armageddon).

En mission aux commandes de son appareil, Aaron prend le temps de méditer sur la décadence morale et esthétique de la société israélienne, tel Antoine de Saint-Exupéry dans Vol de Nuit : corruption, cynisme, matérialisme, engouement hystérique pour les émissions de téléréalité.

« Le peuple hébreu devenait hédoniste et vénal, une prostituée lascive se livrant à la consommation de masse et aux plaisirs faciles comme ses ancêtres au veau d’or.

Comment ces soldats affronteraient-ils les fondamentalistes qui sauraient exploiter ce talon d’Achille ? » Nous sommes au coeur du choc des civilisations, une confrontation de Titans judéo-islamique, par-delà le conflit entre Israël et le monde arabe/l’Iran (nucléaire). Gog et Magog. Le Bien et le Mal. Le Jour du Jugement dernier... - J.S.

Dieu à 12 heures, roman de Raphaël Rosenbaum, Editions D.R., 2012

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