De la photo au souvenir

Parce que les photos parlent plus que les mots, Jean-Pierre Allali, offre ici un recueil de clichés sur les Juifs de Tunisie. Ceux que l’on connaît mieux sous l’appellation familière « les Tunes ».

By AMANDINE SAFFAR
February 26, 2013 14:25
2 minute read.
Il était une fois... Les Tunes

2702JFR24 521 2. (photo credit: DR)

 
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Les Tunes de la rue Ramponeau, les Tunes des éclaireurs israélites, les Tunes de Tunis. Ce sont ces derniers que nous connaissons le moins bien.
L’auteur remédie à ce manque « visuel », de connaissance sur les Juifs de Tunisie.

La présence juive en Tunisie est millénaire et, comme le souligne Allali, elle a laissé des traces indélébiles. Une ménora datée du 2e siècle y a été retrouvée, note-il, ou encore une synagogue estimée du 5e siècle avant notre ère à Kélibia, à quelque 110 kilomètres de la capitale. De sorte que, selon ces découvertes, les premiers Juifs tunisiens auraient plus de 2 500 ans ! Ici et là, la culture et l’art juifs tunisiens s’expriment. Jean- Pierre Allali, écrivain et journaliste, membre du Crif, mais ici surtout historien spécialiste des Juifs de Tunisie, livre ici un beau tribut à ses origines. Certes influencé par son amour du pays natal, l’auteur offre un récit imagé, sur la base d’oeuvres iconographiques. Une histoire visualisée sous l’angle intime des familles et des particuliers.

Après un bref exposé historique, succinct mais complet, une profusion de thèmes photographiques expose la vie des Juifs dans leur pays, des clichés qui se déclinent sous forme de cartes postales, de dessins, d’objets d’art, légendés avec le coeur par l’auteur. Des lieux de vie aux costumes, en passant par la « vie de famille », les enfants, la vie religieuse, le sionisme… mais aussi les traces du passé, le tout entrecoupé de témoignages d’Allali.

« Nos premiers jeux d’enfants juifs nous voyaient évoluer dans les décombres des bâtiments bombardés par l’aviation alliée ». Et de conter la Tunis d’après-guerre et les jeux dont il se souvient avec son regard de gosse. « Tunis de mon enfance, Ya Khasra ! ».

L’auteur souligne sans relâche la contribution des Juifs à la vie tunisienne, d’abord en citant les héritages culturels du passé, comme les noms de ville. Ainsi Salammbô, qui fut l’objet du roman de Gustave Flaubert, signifierait-il « Chalom Po » (la paix ici).

Mais Allali va plus loin en affirmant assez justement que les Juifs ont véritablement été un moteur culturel, commercial, à l’heure de la mondialisation. L’islamisation de la seconde moitié du 20e siècle ne fut pas de bon augure pour ces communautés éparpillées. Aujourd’hui, les 120 000 âmes d’antan réduites à quelques milliers sont réparties en France, à Marseille et Paris, et en Israël.

L’auteur parachève son ouvrage sur une petite « surprise » des plus douces, avec un portrait de toutes les grandes figures, légendaires et réelles, des Juifs de Tunisie.

Une petite critique à émettre toutefois, l’absence parfois cruciale de dates et de précisions historiques sous les images, aussi bien que de témoignages externes.

Un legs incontournable pour la communauté juive tunisienne, et une belle découverte pour les autres, qui résument un travail acharné de collection et de recherche iconographique.

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