De l’espérance made in France

Honorée par l’ambassadeur de France le 7 mai dernier, Negba vient en aide aux enfants défavorisés. Zoom sur cette initiative made in France.

By ALINE JUILLARD
May 21, 2013 13:25
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L'ambassadeur C. Bigot, en compagnie de C. Kadouch et C. Meyer, cofondateurs de Negba.

JFR P22 370. (photo credit: Sébastien Leban)

La création de Negba vient avant tout d’une réelle préoccupation d’un petit groupe d’israéliens d’origine française, mené par Claude Kadouch et Claude Meyer. Ces deux cofondateurs de l’association oeuvrent pour le sort et la situation d’enfants dits « en péril » – c’est-à-dire vivant dans une famille incapable de les éduquer, pour des raisons financières ou/et intellectuelles.
Des enfants qui évoluent dans un contexte de pauvreté extrême (93 %), de famille monoparentale (44 %), ou encore de violence familiale (26 %). Sur la tranche d’âge 6-15 ans, 14 % des enfants seraient aujourd’hui en péril en Israël, selon les statistiques du ministère des Affaires sociales israélien.
Ayant tous deux acquis de l’expérience dans le domaine de l’éducation, Claude Meyer et Claude Kadouch, que l’on surnomme affectueusement à Negba « les deux Claude », se considèrent très touchés par le sujet. Peu de personnes s’occupent de la partie éducative des enfants en difficulté alors qu’elle s’avère davantage importante aujourd’hui, surtout dans un monde de plus en plus compétitif en termes d’éducation.

Protéger les enfants de la délinquance 

Au regard d’une inégalité grandissante parmi les enfants israéliens entre 6 et 15 ans, l’idée est d’apporter aux moins nantis ce que n’importe quel autre jeune aurait obtenu dans une famille dite « normale » par l’utilisation de technologies éducatives adaptées, afin de leur redonner le goût de l’étude et de les aider à combler leur retard. Cette approche éducative originale basée sur l’utilisation de l’ordinateur s’avère aujourd’hui fructueuse, pour être reprise par de nombreux centres communautaires.
Etablie en 2006, Negba, qui signifie « vers le sud » en hébreu, base son action sur un principe primordial : une prise en charge la plus précoce possible. Objectif : enrayer ce tourbillon infernal de difficultés ressenties à l’école et qui vont progressivement provoquer un désintéressement à l’égard de l’institution, livrant ces enfants à eux-mêmes.
Negba souhaite les ramener sur la voie de la réussite scolaire afin de leur redonner confiance, bien-être mental et social, et ce jusqu’à leur âge adulte.
Lancée à Beersheva – et reproduite depuis dans d’autres villes comme Jérusalem et Or Akiva – l’action de Negba s’inscrit dans un cycle « famille-école-centre ». Le matin, les enfants quittent leurs foyers en direction de l’école et terminent leur journée dans un des centres d’accueil étiquetés Negba, qui proposent aussi bien des repas qu’un soutien scolaire individuel ou encore l’apport de solutions à des problèmes sociaux et/ou psychologiques. Le tout, encadré par des bénévoles et des professionnels, enseignants ou assistants sociaux.
Il existe 7 centres de ce type dans le pays, chacun accueille une tranche d’âge spécifique : 6-15 ans, ou 15-18 ans. Aujourd’hui, entre 200 et 250 enfants sont pris en charge par Negba.
A l’avenir, l’association souhaite continuer son action en multipliant les centres d’accueil et le nombre d’enfants, issus de tous les secteurs de la société israélienne. Ainsi, un partenariat avec SOS Village enfants vient d’être conclu pour l’application de l’initiative Negba aux populations bédouines vivant aux alentours de Beersheva. 


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