L’ancien marécage devenu lieu de vie prisé

La mairie de Hadera est déterminée à développer le potentiel résidentiel et touristique de la ville.

By JOHN BENZAQUEN
May 30, 2013 16:56
Hadera devient une alternative moins chère comparée aux localités voisines comme Binyamina.

P21 JFR 370. (photo credit: DR)

Hadera est située à mi-chemin entre Haïfa et Tel- Aviv. Comme beaucoup de villes en Israël telles que Binyamina, Zichron Yaacov, Rishon LeTsion ou Petah Tikva, la cité revendique des débuts modestes, et a été bâtie dans le cadre d’une planification agricole à la fin du XIXe siècle.

Durant la plus grande partie de son histoire, Hadera est associée à un marais. Elle est alors éclipsée par ses voisines, Binyamina et Zichron Yaacov au nord, et Netanya au sud.

Zichron Yaacov et Binyamina sont des localités prisées des classes aisées aujourd’hui, alors que Netanya est devenue à la mode avec ses jolies plages et son charmant front de mer.

Hadera, en revanche, ne s’est jamais vraiment affranchie de son coté provincial et reste toujours, à tort, perçue comme un bourg agricole. Une perception peut-être liée à son nom, dérivé du mot arabe « Khadra », qui signifie « vert ».

A la fin du XIXe siècle, le terrain qui est aujourd’hui Hadera n’était alors qu’un vaste marécage, une véritable mer de roseaux verdâtres. Avant que les terres ne soient vidées de leurs eaux par un réseau d’assèchement des sols et la plantation d’une forêt d’eucalyptus, l’endroit n’était guère sain et donc peu recherché. Sur les 550 habitants qui vivaient sur ces terres avant l’assèchement, 210 personnes ont succombé à la malaria.

Aujourd’hui, Hadera n’a pas encore réalisé tout son potentiel. La cité couvre une surface de 53 km2, légèrement plus grande que celle de Tel-Aviv qui compte, elle, 52 km2. La ville s’étend sur des champs fertiles à l’est et jusqu’à la mer Méditerranée à l’ouest.

L’une des raisons de son assoupissement et de son apparence modeste réside sans doute dans le fait que la ville n’a jamais pris la peine de mettre en valeur ses 7 kilomètres de côte.

Par ailleurs, la cité est traversée par la grande route reliant le vieux Haïfa à Tel-Aviv et celle plus récente du littoral, et enfin par la ligne ferroviaire côtière.

La ville a développé la zone est de la ligne Haïfa–Tel-Aviv.

C’est là qu’une majorité de résidences ont été construites, comme la plupart de ses entreprises. L’aire située à l’ouest de la grande route était considérée comme infréquentable.

Ainsi, au lieu de développer son front de mer comme sa voisine Netanya, Hadera l’a tout simplement négligé. Au lieu de tirer parti de l’atout que constituait l’excellent réseau de transports, celui-ci est resté à la périphérie de la ville.

Aujourd’hui, tout cela est train de changer, et la municipalité fait la promotion d’un plan de développement pour la partie ouest de la ville en se décidant à mettre enfin en valeur sa zone côtière.

Comme sur la Côte d’Azur 

La zone de Hadera située à l’ouest de la grande route Haïfa–Tel-Aviv, et en particulier la partie qui se trouve à l’ouest du chemin de fer, avait été négligée en tant que zone résidentielle par la municipalité, mais quelques points demeurent intéressants.

D’abord la forêt d’eucalyptus à l’est de la ligne ferroviaire ; mais aussi le « Hadera Paper Mill » (la plus grande papeterie du Moyen-Orient) ; la centrale électrique Orot Rabin (la plus grande du pays), et enfin la plus vaste usine de dessalement des eaux, qui fonctionne sur le principe de l’osmose inverse et qui produit 127 millions de m3 d’eau traités par an.

Sans oublier le parc de Hadera, véritable « grain de beauté », qui abritait autrefois l’une des rivières les plus polluées du pays.

Aujourd’hui la partie ouest de Hadera est appelée à se transformer en zones résidentielles qui auront vue sur la mer, sur le même modèle que les hôtels de prestige de Tel- Aviv ou de Herzliya. Une bonne perspective pour les futurs résidents « jeunes cadres dynamiques », avec notamment des niches d’emplois prévues à proximité.

Car la municipalité projette de construire un parc industriel et technologique ultramoderne aux alentours. Le maire de Hadera, Haïm Avitan, fer de lance de cet aménagement de toute la partie ouest de la ville, annonce : « Le nouveau Hadera – à l’est comme à l’ouest – est appelé à devenir un centre moderne et animé, et qui doublera sa population actuelle de plus de 80 000 habitants après la mise en oeuvre du plan principal. Ce sera une ville bénéficiant d’un front de mer et de plusieurs poumons verts, la forêt d’eucalyptus, le Sharon Park et le Nahal Hadera Park, tout comme les parcs publics dans la ville intra-muros. Nous construisons maintenant une esplanade sur le front de mer qui sera l’équivalent des promenades de la Côte d’Azur et de la Riviera italienne. » 

Hadera mise sur l’ouest

« Au cours des 10 prochaines années, nous pensons construire un certain nombre d’hôtels de luxe, pour un parc total de 2 300 chambres. Est prévu également dans ce projet l’indispensable centre touristique avec restaurants, cafés, etc.

Nous prévoyons aussi de construire des parcours pour faire du jogging et du vélo – en résumé, tout ce qu’une station balnéaire du XXIe siècle peut offrir », résume le maire.

« L’esplanade sera réservée aux hôtels, mais la zone comptera néanmoins un bon nombre de tours modernes, résidences haut de gamme, juste derrière. Quelques centaines d’appartements sont en cours de construction.

Durant les 10 prochaines années, en plus des hôtels de luxe planifiés, 10 000 appartements sont également prévus.

Ainsi la zone ouest de Hadera adjacente à la mer verra sa population passer à 40 000 habitants », poursuit l’élu.

La municipalité a donc choisi de miser sur la partie ouest de la ville, mais ces plans auront une incidence sur Hadera dans son ensemble. La mairie développe un terrain à l’extrémité ouest de la ville, appelé « Park Neighborhood ».

Une alternative résidentielle moins coûteuse pour ceux qui ne pourront choisir Binyamina ou Zichron Yaacov, fiefs de la plupart des familles aisées.

Une fois rempli, le voisinage comptera 7 500 unités résidentielles, ou 30 000 résidents. Des habitations mitoyennes, à l’instar des 18 blocs de tours d’habitation et de bâtiments de 7 étages. Aucun prix n’a été précisé pour les appartements.

Les fourchettes annoncées pour le « Park residences » peuvent déjà donner une idée des prix attendus pour les logements situés dans l’ouest de la ville. Ils devraient être 5 à 10 % plus chers. Pour le « Park », un appartement moyen de quatre pièces se situera entre 1,2 et 1,3 million de shekels. Et la partie occidentale devrait s’évaluer entre 1,3 et 1,45 million de shekels.


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