Le printemps est arrivé

Restituer au peuple juif sa dimension historique, ou plutôt celle de « coeur de l’humanité ».

By AMANDINE SAFFAR
March 27, 2013 15:40
Naissance d'Israel

24 521. (photo credit: DR)

 
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Les Hébreux, en sortant d’Egypte, ont imprimé à l’histoire des hommes une marque de libération, de façon indélébile. Let my people go, comme le souligne le Rav Yossef Attoun dans sa Hagadah revisitée, est désormais un message d’espoir pour toutes les civilisations opprimées et ce, parce qu’il y a 3500 ans Moïse a guidé son peuple hors du joug de Pharaon.

Le Rav Attoun, avec La Naissance d’Israël – le Printemps du monde, propose une lecture analytique du livre de Chémot à la lumière des maîtres de l’exégèse biblique et du Talmud, et nous fait aussi ouvrir les yeux sur la dimension historiosophique de notre Torah. A l’aube de sa naissance, le peuple d’Israël a dit non, inspiré par Dieu. Israël est-il l’exemple du monde ? Depuis la naissance de Moïse, notre guide, Yossef Attoun retrace l’histoire d’une nation et nous livre un beau présent de Pessah.

L’auteur a suivi des études de psychologie et de sciences de l’éducation en France. Il termine son cursus à l’université Hébraïque lorsqu’il fait son aliya en 1970, puis un cycle d’études rabbiniques et pédagogiques au Collel Meretz.

Il assure un temps la direction pédagogique de l’institut Maayanot fondé par Manitou, et en 1983, il crée la section francophone du Machon Meïr. Aujourd’hui, Yossef Attoun forme des enseignants en matières juives, et donne de nombreux cours. Il publie en ce début Nissan 2013, son premier ouvrage.

Quelques questions techniques : cet ouvrage est une somme de données considérable, combien de temps ce travail vous a-t-il pris ? 
Trois ans. Mais en vérité plus. J’ai d’abord regroupé des cours publiés sur Melamed, un site d’Akadem, qui étaient destinés aux enseignants français. Ils ont été remaniés pour leur donner une direction plus large. J’ai en effet tenté de toucher à la fois un public averti, connaissant les textes et certaines de leurs clés de lecture, mais il m’était également essentiel de mettre cette étude à la portée des personnes qui en sont plus éloignées.

Votre ouvrage est à la fois très pédagogique et exégétique, est-ce votre choix ? J’ai une formation d’enseignant israélien. Donc cette approche pédagogique est presque un virus ! J’ai eu la chance d’étudier avec Manitou, c’est dans son sillage que j’ai transmis le judaïsme. J’ai aussi reçu l’enseignement du grand maître le Rav Yehoshoua Bachrakh, et c’est de lui que j’ai appris : le « chemin long qui est court » est préférable, en ce qui concerne l’étude de la Torah, au « chemin court qui est long ».
Aujourd’hui, nous avons tendance à aller au plus vite, au plus court, au plus petit. Quand j’ai présenté pour la première fois mon livre, on m’a reproché son côté parfois trop technique, et l’on m’a conseillé d’insister sur son aspect historiosophique. J’ai tenu à préciser que ses contenus ne sont pas des idées personnelles, même « intéressantes », mais des leçons trimillénaires de la tradition des Hébreux.

Pourquoi le livre de Chémot spécifiquement ? 
Il porte cette espérance du printemps du monde et d’Israël.
Le Rav Kook parlait de la « sortie d’Egypte qui restera pour toujours le printemps du monde ». Je lui emprunte cette expression de renouveau, de résurrection. Comme un arbre mort (esclavage) qui renaît au printemps (libération), le peuple juif est le premier à avoir percé le bourgeon. La conscience des peuples a appris de cela l’aliénation liée à la servitude. De sorte que la liberté est devenue une condition sine qua non à toute existence.
La Torah entière n’a de sens que comme aboutissement de la naissance du peuple juif, réalisée dans son terme. Le monde y a perçu des notions vitales, car aucun peuple n’était encore sorti de l’esclavage auparavant. Ce sont nos ancêtres les Hébreux qui ont ouvert la brèche.

Est-ce aussi une Hagadah, un guide de Pessah, puisque vous l’appelez à un moment donné la « Hagadah revisitée » ? 
J’ai ressenti le besoin d’être très proche du texte. J’étais constamment pris entre la volonté de faire un livre sur la Hagadah et celle de coller au déroulement du texte biblique.
Au milieu du livre, le rapport à la Hagadah est très dense.
Il s’agissait d’insister sur le rôle du sacrifice de Pessah et sur la fonction du Maror, condition de réalisation de ce sacrifice.
J’espère être parvenu à faire comprendre que le passage à une identité collective passe par le sacrifice de l’agneau pascal, et donc par la reconstruction du Temple. La dimension nationale est au coeur du livre de l’Exode. Il est dit dans Chémot que si l’agneau que nous consommons au seder est trop important pour le clan familial, il faut impérativement inviter ses voisins à le partager : cela nous apprend qu’il faut ouvrir les cercles afin de reconstituer l’identité nationale.

Quel est ce printemps du monde ? 
L’enseignement de Manitou est, sur ce point, lumineux.
« Yossef », vice-roi d’Egypte, réussit une révolution agraire, politique, sociale, spirituelle dans cette Egypte antique paralysée, et lui donne dynamique et espoir. Le messie, fils de Yossef, est ancré dans le national.
Un verset plus tard, nous lisons dans la Torah qu’« un nouveau roi se leva en Egypte, qui ne connaissait pas Yossef » ! Il s’agissait en fait, dit le Talmud, du même roi égyptien, mais ce qui est nouveau, ce sont les premiers décrets antisémites qui réduiront bientôt le peuple à l’esclavage. C’est un constat d’échec pour le Messie fils de Yossef parmi les nations.
Dès lors, le messianisme de Yossef trouve sa vocation interne.
Certains voyaient d’ailleurs en Herzl ce messie national, puisqu’il sera l’étincelle qui ramènera le peuple sur sa terre.
Sur cette base, nous attendons le messie spirituel, fils de David, qui surgira quand l’ère « nationale » sera accomplie.
Le messianisme change de registre. Il va désormais falloir réussir ce printemps qu’est Israël, en symbiose véritable des deux Messies ; nous pourrons alors prétendre être un exemple pour les Nations.

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