Molière sur la tayelet

Le festival du film français n’est pas un événement seulement « divertissant », il représente aussi une véritable plateforme commerciale pour les distributeurs français en Israël.

By AMANDINE SAFFAR
March 12, 2013 14:18
3 minute read.
Thérèse Desqueyroux

22 521. (photo credit: Dr)

 
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Caroline Boneh, directrice de la maison de production et de distribution Eden Cinéma, est co-organisatrice de ce projet. En amont, aux côtés d’Olivier Tournaud, conseiller audiovisuel de l’ambassade française en Israël, elle choisit les films de l’année avant de solliciter l’autorisation de les projeter. L’ambassade, l’institut français, mais aussi TV5 Monde – diffusée depuis 20 ans dans le pays – et Uni France sont de la partie. Une joyeuse délégation qui dure depuis déjà 10 ans.

« 10 ans, ça passe vite ! », nous livre la directrice qui mène bien sa barque, puisque les films français voient leur public rajeunir chaque année, mais surtout augmenter en moyenne de 40 %. En 2012, par exemple, les cinémas israéliens ont rassemblé 1 million de spectateurs rien que pour les films français. Un succès que l’on doit en partie à Intouchables, qui a reçu un accueil triomphal du public israélien sensible à l’humour du duo Nakache-Toledano, pourtant pas si « humour juif ».

Le pays se prédestine à devenir de plus en plus cinéphile, avec quelque 380 écrans et 120 salles, pour une population de 8 millions d’habitants. Israël reste le territoire le mieux équipé au Proche et Moyen-Orient. « D’ailleurs », précise Caroline Boneh, « notre destinataire principal, est l’Israélien, et non le francophone en Israël », c’est pourquoi toutes les productions diffusées sont sous-titrées.

Alors comment se passe l’organisation d’un tel événement ? « On recherche les plus gros succès français, on les visionne, on en discute et on décèle le petit plus ». Puis les droits sont achetés, les invitations envoyées, la programmation lancée ! Selon Boneh, les organisateurs n’ont jamais rencontré de refus, au contraire, les réalisateurs sont toujours très enthousiastes à l’idée d’être projetés en Israël.

Quel est le point commun entre toutes les sélections ? La directrice d’Eden Cinéma nous confie qu’il n’y a pas d’unité « thématique », mais le but est de réaliser des hommages.

Cette année, le festival est consacré à Claude Miller, décédé le 4 avril 2012, réalisateur – entre autres – de Thérèse Desqueyroux, adapté du roman de François Mauriac, et projeté au festival à Tel-Aviv. Sa femme, Annie Miller, sera présente au festival, comme elle l’avait été aux côtés de son défunt mari à la projection très appréciée en 2008, d’Un Secret.

L’avenir glorieux du cinéma français en Israël 

« Ce qui est positif d’un point de vue professionnel, c’est que le festival soit une ouverture pour les sorties ultérieures », ajoute Caroline Boneh. Un peu comme une projection « test ».

Alceste à bicyclette, de Philippe Le Guay, réalisateur du succès Les Femmes du 6e étage, est le film tête d’affiche du Festival 2013. Il a fait l’objet d’une communication particulière. Sa sortie dans les salles israéliennes est programmée pour le 14 mars. Etrangement, ce film typiquement français, dont le sujet ne touche en rien la communauté judéo-israélienne, s’exporte plutôt bien. « Le pari n’est pas gagné d’avance, mais l’humour et la langue française, Fabrice Luchini et Lambert Wilson, au summum de leur jeu d’acteur, créent une atmosphère irrésistible. » Ni lourd, ni lent, mais subtil et léger, qui porte à son paroxysme la langue française, voilà la bonne formule pour plaire aux Israéliens. La popularité grandissante du festival est une reconnaissance du travail de fond effectué pour créer une « tradition cinéma » dans le jeune pays, et le rallier à la cause de la culture frenchie.

Parmi les longs-métrages présentés cette année, certains ont été nominés aux Césars, comme Camille redouble, Cloclo, ou Cherchez Hortense. Et deux abordent Israël, Alyah et Le fils de l’autre. Quant au nombre élevé d’acteurs et de réalisateurs d’origine juive qui prennent part au festival cette année, « c’est un pur hasard », affirme Boneh.

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