Mon meilleur ennemi

Entre haine et nostalgie des juifs perses, L'Iran est aujourd’hui au coeur d’un débat sans fin en Israël

By LÉA SHAKED
April 30, 2013 15:50
1 minute read.
"Iran et Israël, Juifs et Perses", d'Ardavan Amir-Aslani.

p24-2 JFR 370. (photo credit: DR)


Qui a ordonné la reconstruction du Temple de Jérusalem ? A la grande surprise de chacun, il s’agit bien du Roi Cyrus, et Ardavan Amir-Aslani fait bien de le rappeler. Avocat et spécialisé en droit international, l’auteur livre une brillante analyse, objective et détaillée, des relations entre Israël et l’Iran, meilleurs ennemis du Proche- Orient, et par conséquent entre le peuple juif et les Perses… En effet, si les rapports « complices » ont perduré jusqu’à Ben Gourion et les débuts de la République islamique, et si les Juifs d’Iran se disaient jadis « perses » avant d’être « juifs », ce passé proche semble aujourd’hui très lointain.

Ces hommes et ces femmes, qui constituaient alors la plus grande communauté, témoignent, « enfin ». Et l’auteur de préciser qu’aussi, les Schindler iraniens ont existé, et ont sauvé de nombreux juifs. « Il est important de rappeler ces noms », écrit-il dès les premières pages de son ouvrage.

Amir-Aslani s’interroge aujourd’hui sur le rôle des Etats- Unis demain : souffleront-ils sur le brasier, ou Barack Obama saura-t-il jouer de sa diplomatie pour éviter un embrasement des tensions. Apocalypse ou paix entre les peuples ? Aux deux pays de choisir.

Le livre développe une réflexion sur avenir de l’Iran, ses relations avec l’Etat hébreu, et les élections à venir chez les Perses, « alors que la menace de frappes israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes demeure », précise l’auteur, oubliant peut-être de mentionner les avancées nucléaires de l’ami Ahmadinejad.

Iran et Israël est un ouvrage succinct mais complet, offrant une vue d’ensemble du conflit en remontant à la genèse de la communauté judéo-perse, de 721 avant l’ère commune à aujourd’hui, en parallèle de l’histoire iranienne. Recensant les cassures identitaires, les provocations et les occasions manquées d’être amis, l’auteur opère ici un travail méticuleux digne d’un historien et d’un politicien avisé.

Ces deux pays, que pourtant beaucoup, culturellement, rapproche – rappelons-nous de la campagne de slogans lancée par Israël « I love Iranians », début 2012, qui a été l’élément déclencheur d’une effusion de bons sentiments entre les deux peuples ennemis – redeviendrontils les complices d’antan ? Une q u e s ti o n , certes en suspens, qui ne trouvera certainement pas de réponse dans la décennie à venir, tant la haine des chefs d’Etat iranien est devenue structurelle.


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