Monuments Men, George Clooney sur les traces de l’art pillé

« Nous avons toujours considéré Monuments Men comme un film de braquage plus que comme un film de guerre »

By HÉLÈNE SCHOUMANN
February 25, 2014 16:25
P1819 JFR 370

Monuments Men. (photo credit: REUTERS)

 
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C’est dans l’air du temps. Récemment encore, la polémique faisait rage autour des 1 500 trésors pillés par les nazis et retrouvés dans un appartement de Munich en novembre 2013 (Le Monde, 4 novembre 2013, Philippe Dagen). Il fallait en faire un film : George Clooney a choisi de raconter l’histoire incroyable et méconnue de ces hommes épris d’art, qui étaient tout sauf des soldats et se sont retrouvés comme les sept chevaliers modernes de l’apocalypse à la poursuite de tous ces trésors volés par les nazis. Réalisation trépidante, Monuments Men est servi par un casting de rêve. Il est sur les écrans israéliens depuis le 13 février et sort à la mi-mars en France. Les acteurs étaient récemment réunis à Paris pour une conférence de presse chic et choc.

A la poursuite des trésors volés par les nazis

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C’est un mercredi banal de février, enfin presque, car l’agitation qui se fait sentir devant la façade luxueuse de ce palace parisien dont on dit que c’est une des meilleures tables de la capitale, présume de quelque chose d’inhabituel… Des cars de police encadrent chaque côté de ce faubourg aux enseignes de mode et célèbre également pour ses galeries d’art : Bernheim, Steinitz. Et l’on se prend déjà à rêver… Que seraient devenus tous ces marchands d’art sans l’ombre du nazisme ? Dans cette ville occupée, Hermann Göring, numéro deux du Reich, y faisait son marché et confisquait à tour de bras des tableaux volés dans les musées ou à des collectionneurs juifs qu’il entreposait au musée du Jeu de paume afin de les envoyer en Allemagne. Adolf Hitler avait le projet de construire le plus grand musée d’Europe dans sa ville natale de Linz. Le Führermuseum, était le songe d’un mégalomaniaque frustré : Hitler dans sa jeunesse avait été refusé deux fois à l’examen de la prestigieuse académie des Beaux-Arts de Vienne. Le pillage de Göring, qui retenait au passage un grand nombre d’œuvres pour sa collection personnelle, s’étendait à toute l’Europe. Les nazis ont volé des millions de trésors culturels et ce fut le rôle de ces hommes appelés « Monument Men » de traquer quelques-uns des plus grands trésors culturels européens : Michel-Ange, Léonard de Vinci, Rembrandt. Dans la mine de sel d’Altaussee en Autriche, on a retrouvé 6 577 tableaux, 137 sculptures, 230 esquisses, 122 tapisseries et 1 700 caisses de livres rares. C’est sous l’impulsion du président Roosevelt que la plus grande chasse au trésor va se mettre en marche. Nous voilà donc au cœur de notre sujet : car c’est bien ces hommes incroyables, architectes, professeurs, sculpteurs qui vont au péril de leur vie et, alors qu’ils ne sont pas des soldats, aller sur le front européen pour sauver ces inestimables trésors.

Magnifique fresque réalisée par Georges Clooney et coécrit par Grant Heslov : Monuments Men est une adaptation du livre de Robert M. Edsel paru en France aux éditions Lattès sous le titre : Monuments Men, Rose Vailland et le commandant d’experts à la recherche du plus grand trésor nazi. Le film va s’attacher à retrouver des œuvres symboliques comme La Madone de Bruges de Michel-Ange, ou l’Autel de Gand, ainsi que la collection Rothschild dont certains tableaux sont aujourd’hui au musée de Tel-Aviv.

George Cloney is inside !


La salle est bondée. A côté, les photographes ont installé leur matériel et l’incroyable surprise est dévoilée en pénétrant dans la salle de conférence. Tant pis pour les journalistes qui s’attendaient à un dialogue avec George Clooney, car devant l’immense table, chaque nom de ces Monuments Men est écrit. Bref, ils sont tous venus faire la promotion du film en France après être passés au festival de Berlin. Par ailleurs, la majorité du film a été tournée dans les studios de Babelsberg. Les flashs crépitent… quelqu’un crie : « George Clooney is inside ! » ce qui déclenche l’hilarité générale, c’est évidemment la phrase d’un des derniers spots publicitaires de la marque de café qui a fait le tour du monde et dans lequel George Clooney est la star, difficile de ne pas y penser… Mais Clooney est un acteur si parfait que dès les premières images, on oublie le « What else » pour se concentrer sur son rôle du professeur Frank Stokes qui va diriger les opérations cette immense chasse au trésor.

Mise en scène très à l’américaine, chaque acteur fait son entrée. Autant de célébrités au mètre carré… Voici Bill Murray qui interprète Richard Campbel et qui, dans son interprétation du rôle de Roosevelt dans Week-end Royal a récemment été nommé au Golden Globes. Il a un peu l’air « Lost in translation »… Mais voici Matt Damon, chouchou du public. On se souvient de lui dans Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg. Avec sa frimousse qui ne semble jamais vieillir, il incarne James Granger, rôle central. A ses côtés, la merveilleuse Cate Blanchett (absente aujourd’hui hélas) joue le rôle de Claire Simone alias Rose Valland, conservatrice du musée du Jeu de paume, transformé en entrepôt d’art confisqué. Mais la nuit, elle consigne dans un cahier la provenance de ces œuvres ainsi que leur destination, elle est donc le catalyseur du film, car, grâce à elle, les Monuments men vont retrouver certaines de ces pièces.

Du haut de sa carrure et de son poids légendaire, l’acteur fétiche des frères Coen, John Goodman fait son entrée. Il s’est prêté volontiers à cette leçon d’humanité et incarne avec brio aux côtés de Jean Dujardin, le personnage de Walter Garfield. Jean Dujardin monte à son tour, un peu en conquérant, après tout il est chez lui. Avec le triomphe de The Artist qui lui a fait gagner, en autres, un oscar, il s’est fait un nom à Hollywood et se lie d’amitié avec George Clooney. Dans Monuments Men, il interprète un marchand d’art juif : Jean-Claude Clermont a fui la France et trouvé refuge à Londres. Il est recruté par l’armée américaine pour sa connaissance en art. Plus discret, Bill Balaban est un acteur de second rôle, mais de premier plan. Il interprète Preston Savitz, un intellectuel et un historien d’art.

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George Clooney arrive enfin. Il fait tant partie de l’imaginaire collectif que ses rôles s’estompent comme une aquarelle lavée par la pluie, mais on le sait déjà, le professeur Frank Stokes, historien d’art renommé, leader du film qu’il incarne, restera dans les mémoires. Acteur électrique, éclectique, au physique magique, il est réalisateur coscénariste, producteur et interprète de ce film. « Nous avons toujours considéré Monuments Men comme un film de braquage plus que comme un film de guerre », déclare-t-il. George Clooney a eu envie de raconter l’histoire de ces hommes non seulement en raison de son caractère passionnant et dramatique, mais également parce qu’elle marque une rupture totale avec son film précédent, Les marches du pouvoir. Si les personnages ont été inventés, leur histoire en revanche est authentique, commente Clooney, se tournant vers notre chouchou à qui nous poserons une question.

Il faut sauver le soldat Epstein

C’est le jeune Dimitri Leonidas qui incarne à la perfection le rôle de Sam Epstein, le plus jeune des Monuments men, inspiré par Harry Ettlinger, présent dans le public, qui va se lever et déclarer avec un fort accent allemand : « Je suis né en Allemagne dans une famille de confession juive, mais Hitler s’est mis en tête d’éliminer tous les Juifs de la Terre. Lorsque mon père a été obligé de fermer son commerce, mes parents ont réalisé que les Juifs n’avaient aucun avenir en Allemagne ». Après s’être établi en Amérique, le jeune Harry s’engage dans l’armée américaine. Alors qu’il se trouvait dans un convoi qui se rendait sur le front pour la bataille des Ardennes, trois mois plus tard il rejoignait les Monuments men.

« J’ai beaucoup parlé avec Harry pour créer ce personnage » déclare Dimitri Leonidas totalement crédible dans le rôle de Sam Epstein, qui a même pris, alors qu’il est totalement anglais, un accent allemand. Une des scènes les plus émouvantes du film sera celle du jeune Epstein, après la guerre, faisant enfin sa bar-mitsva, qu’il n’avait pas pu faire en Allemagne, au bras de son grand-père survivant de l’Holocauste. Il sera le fidèle traducteur pendant leurs quêtes de ces chevaliers modernes…

La conférence s’est achevée, nos acteurs se sont envolés vers d’autres mondes… Nous garderons du film cette vision wagnérienne de nos hommes découvrant l’or pillé par les nazis dans une immense salle entreposée de lingots et parmi ces éclats phosphorescents une cuve remplie de dents extraites aux Juifs. Nous garderons aussi le léger frémissement des acteurs à l’énoncé de notre média : Jerusalem Post, Israël. Un goût de soutien et de solidarité qui demeure. 

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