"The Kaiser is coming !" : Histoire du journalisme

Information de dernière minute, le Kaiser Guillaume II sera bientôt à Jérusalem. Une actualité brûlante en ce mois d’octobre… 1898 ! Aujourd’hui, en 2012, une exposition retrace l’aventure, mêlant Histoire, journalisme et nouveaux médias.

By OLIVIA COHEN
November 13, 2012 14:52
3 minute read.
Le Kaiser, entouré de ses tentes…

Kaiser 521. (photo credit: Bibliothèque du Congrès, Collection Matson)

 
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Du 29 octobre au 4 novembre 1898, l’empereur Guillaume II rend visite à Jérusalem, afin de consacrer la plus importante Église luthérienne de Terre Sainte. Derrière ce prétexte, se cachent d’autres ambitions : affirmer la toute-puissance de l’Allemagne, en renforçant ses relations avec l’Empire Ottoman. Ce voyage constitue le sujet d’une exposition, présentée au musée de l’histoire de Jérusalem depuis le 29 octobre.


L’excursion du Kaiser, d’allure anecdotique, n’a pas été choisie au hasard. Advenu à la fin du XIXe siècle, l’événement permet de dresser le portrait d’une Jérusalem à l’aube de grands bouleversements. À cette époque, la cité est sous domination ottomane et de maigre importance. Guillaume II s’y rend en grande pompe accompagné de son épouse, la Kaiserin Augusta Victoria. Leur suite est imposante : chevaux, tentes, membres de la cour et secrétaires font partie du convoi. Selon Renee Sivan, commissaire de l’exposition, "la venue de Guillaume II met la ville en effervescence. Jérusalem, à l’époque insignifiante, se met à faire la une de la presse internationale. Cette rencontre entre l’Orient et l’Europe a été une semaine de folie. L’idée de l’exposition, c’est de saisir ce virage entre deux époques." En effet, peu de temps après, suivront le mandat britannique et ses transformations.


Le voyage connaît une ampleur médiatique mondiale. Il est couvert par tous les journaux, du Figaro à La Stampa, en passant par Le New York Times et L’Illustrated London News. Le secrétaire d’Augusta Victoria tient un journal de bord, tandis que l’impératrice réalise un photoreportage. En face, la routine hiérosolymitaine est chamboulée. L’avènement de l’ère "paparazzi" est annoncé. Pour réaliser l’exposition, Renee Sivan et Ruth Peled ont eu accès à une profusion d’archives, notamment une collection impressionnante de clichés et photographies. Dans l’ensemble, la presse était plutôt critique à l’égard du Kaiser. Guillaume II n’était pas très aimé. La responsabilité de l’Allemagne – alliée à l’Empire Ottoman du sultan Abdul Hamid Khan II – dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale accélérera par la suite l’abdication du souverain.


 


Herzl et Guillaume II : l’un des premiers "photoshops" au monde


 


Quant à la création d’un état d’Israël, quelles sont les intentions du souverain ? Réponse décevante : le voyage est motivé par des intérêts économiques. À l’époque, l’Empire Ottoman est sur le point de s’effondrer. À l’issue de la Première Guerre, il sera totalement démembré. En 1898, les puissances européennes regardent vers l’Empire avec convoitise : chacune espère en récolter de nouveaux territoires. Soutenir l’entreprise de Theodor Herzl est donc le dernier des soucis de Guillaume II. Les deux hommes se croiseront à la va-vite. Anecdote amusante : le cliché immortalisant leur rencontre est l’un des premiers "photoshops" au monde. Sous le coup de l’émotion, le photographe chargé de couvrir l’entrevue rate ses prises. De retour à la rédaction, un montage est réalisé.


Dans la salle du musée, les murs sont couverts de panneaux, chacun relié à une "souris", une reproduction d’appareil photo sur trépied, datant du XIXe siècle. L’exposition est en phase avec les nouvelles technologies, proposant écrans tactiles et journaux numériques à contenu interactif. "C’est un choix délibéré", confirme Renee Sivan. "On a essayé de mettre en scène une exposition de "médias" : c’est le "press report", le reportage d’une presse écrite de la fin du XIXe, face à l’ère actuelle des "médias". Il fallait montrer comment les journalistes travaillaient à l’époque et comment ils travaillent aujourd’hui. Comprendre ces innovations qui ont bouleversé la profession. Et leur rendre hommage."


Cette e-exposition vise à sensibiliser les jeunes à l’Histoire, via des outils de leur génération. Ces moyens modernes pourront attirer enfants et adolescents, et leur faire découvrir le passé. Tandis que leurs aînés constateront les progrès permis. Quand le high-tech se met au service de l’Histoire : les résultats sont à voir à la Tour de David !


 


"The Kaiser is coming !"


Du 29 octobre 2012 au 31 mars 2013


Tour de David, Porte de Jaffa, dans la Vieille Ville


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