Bienvenue dans le monde merveilleux de Google

L’histoire d’une success-story, Google et sa forte implantation dans les secteurs de R&D en Israël.

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May 30, 2013 16:48
Bureaux de Google à Tel-Aviv.

P18 JFR 370. (photo credit: Itay Sikolski)

« Google aime Israël. Israël compte pour Google », déclare Paul Salomon, en poste à la tête du département des communications et des affaires publiques pour Google Israël et Grèce. Cette entreprise phare possède plus de 70 antennes réparties dans 40 pays. Sa dernière-née a ouvert ses portes en Israël en 2005.

C’est en 2011 que Salomon, ce natif de Grande-Bretagne, a commencé à travailler pour ce qu’il appelle « une des entreprises les plus passionnantes au monde ». La vocation de Google Israël ne se réduit pas à « une simple extension de la maison mère, dont le but serait simplement d’adapter les applications à l’hébreu », prévient-il. « Ses activités s’étendent à trois secteurs : recherche, développement et analyse », explique Salomon.

Voilà le tiercé gagnant de cette méga entreprise, qui excelle dans tous ces domaines. « Les secteurs recherche & développement priment pour Google, et Israël est classé 2e au monde en matière de R & D derrière la Silicon Valley », ajoute Salomon. Ces secteurs clés sont au programme de tous les sites Google répartis un peu partout dans le monde, mais les équipes basées à Haïfa et Tel-Aviv se concentrent tout particulièrement sur la recherche. « La saisie semiautomatique de données, par exemple, a été mise au point en Israël », rappelle Salomon.

Deuxième secteur de prédilection de Google, implanté en Israël : celui de la publicité. « Nous travaillons avec des annonceurs, principalement israéliens. Nous encourageons les jeunes entrepreneurs à utiliser les outils proposés par Google dans le domaine de la pub, pour développer leur entreprise. Ce qu’il y a d’unique avec Internet, c’est que vous pouvez toucher un public dans le monde entier et ce, où que vous soyez », note Salomon.

Bâtir un monde meilleur 

Google Israël emploie quelque 250 ingénieurs informaticiens.

« 80 d’entre eux travaillent à Haïfa et les autres à Tel-Aviv ».

Ils planchent sur toute une palette de sujets d’analyses et tendances Google très variées. Ils examinent un grand volume de requêtes qui se sont exprimées à diverses périodes dans le temps et dans des lieux différents ».

Dernier point, mais non des moindres, sous l’appellation généraliste « autres projets », Google initie toutes sortes de choses folles où la créativité de chacun est à l’honneur, parce que l’entreprise croit vraiment dans le potentiel de l’Internet, affirme-t-il.

Démocratiser l’accès à la culture ou se lancer dans la conservation de documents et le stockage d’archives par exemple, ont initialement fait partie de ces « idées folles », explique-t-il. Google dédie 20 % du temps et de son énergie à ces projets. En clair, cela signifie que les ingénieurs de Google peuvent consacrer 20 % de leur temps à un projet de leur choix.

« Google a vu le jour dans un garage, et même s’il s’agit aujourd’hui d’une gigantesque entreprise, nous avons à coeur l’épanouissement créatif de nos employés. L’idée maîtresse qui nous anime est d’aider les autres. Nous voulons bâtir un monde meilleur grâce au Web. C’est ainsi que Gmail est né.

Un jour, un ingénieur s’est demandé : « Comment pourraisje améliorer mon e-mail ? » En fait, le tout premier accomplissement de Google dans les domaines de l’histoire et de la culture est né de l’imagination de l’ingénieur Eyal Fink. Et c’est dans cette fameuse tranche des 20 % de son temps de travail, qu’il a développé son idée.

Au départ c’est le désir d’aider Yad Vashem qui l’animait.

« Avant l’ère Internet, les archives historiques étaient conservées dans des pièces sombres et closes, à l’abri des regards et ceux qui en avaient la charge n’avaient aucun moyen de les rendre accessibles, ni de les faire connaître ». Et un jour Google l’a fait pour eux.

« Maintenant, les propriétaires d’archives sont obligés de penser autrement et de tenir compte de cette donnée nouvelle », affirme Salomon.

« Google s’attache au patrimoine culturel de l’humanité, pour le rendre accessible à tous », dit-il. « Les archives qui concernent Nelson Mandela et celles du musée d’Afrique du Sud ont été gérées par l’institut culturel de Google à Paris. » 

Sensibiliser les ressources féminines

« L’un des principaux projets de Google est la mise en ligne des photos et archives de Yad Vashem avec la création de liens vers les documents », explique Salomon. Un autre de ces chantiers est d’établir un partenariat en ligne avec le musée d’Israël et la direction du département des antiquités, dans lequelle Google a largement investi et contribué à faire que des milliers de morceaux de parchemin des manuscrits de la mer Morte soient disponibles en ligne, y compris la Genèse et les Dix Commandements.

« Au moment où nous avons mis en chantier ce premier projet avec le musée d’Israël, il y avait un million de visiteurs par an qui se déplaçaient pour voir ces manuscrits. Une fois le projet mis en place, ils étaient déjà un million en ligne dès les quatre premiers jours. La logique voudrait que cette mise en ligne décourage les visiteurs de se rendre physiquement au musée, mais en fait c’est exactement le contraire qui se passe. » « L’information mondiale disponible et accessible pour tous, c’est la vision que Google a de l’avenir », dit Salomon. « Si Pompéi est aujourd’hui sur le net, c’est à Google que nous le devons ».

Autre bénéfice de cette tranche des 20 % ; Google travaille à donner sa place à la diversité. « Deux employées, toutes deux ingénieures, regardèrent autour d’elles un jour », raconte Salomon, « pour constater que le ratio hommes-femmes chez Google était très déséquilibré et en défaveur de la gent feminine ».

Un constat à l’origine du projet Gap, qui a insufflé son esprit à son développement.

Les deux ingénieures ont compris que pour encourager les femmes à étudier des matières qui leur permettraient ensuite de postuler à des postes dans le domaine des hautes technologies, il fallait aller à elles, alors qu’elles étaient encore sur les bancs de l’école.

« Elles ont donc mis sur pied un projet de sensibilisation pour cibler les populations étudiantes juives, arabes et druzes, avec à la fois des visites dans les établissements scolaires et des encouragements à leurs responsables pour les inciter à mettre à leur programme, la visite du siège de Google, avec ses 8 étages, dans la Tour Elektra de Tel-Aviv. » Favoriser la solidarité, dans tous les domaines C’est également dans ce même bâtiment, et toujours sous le signe de la diversité, que s’est tenue en février, une conférence intitulée « Kamatech ». Celle-ci avait pour but d’encourager les populations ultraorthodoxes à s’engager sur le marché du travail dans le domaine des hautes technologies. D’autres projets sont en cours d’élaboration ou en gestation chez Google, en partenariat avec des associations du secteur arabe, pour toujours « plus de diversité au sein de l’industrie des hautes technologies », déclare Salomon.

Enfin en décembre 2012 Google a lancé le site de Tel-Aviv, un pôle de haute technologie qui dispose d’un étage entier à la Tour Elektra. C’est, explique Salomon, « un espace pour start-up, leurs entrepreneurs et développeurs. Nous construisons un partenariat ensemble afin de stimuler leur créativité, et cherchons à les aider au mieux à faire aboutir leurs projets. Israël est appelé à juste titre une “Nation Startup”.

Il y a davantage de start-up par habitant ici que dans la Silicon Valley. Ce nouveau site a vu, entre autres, le développement d’applications pour smartphones », ajoute Salomon.

Le site telavivien, héberge aussi des séminaires qui s’étalent sur deux semaines, animés par Google et d’autres experts, comme VC, une société de capital à risque dans le domaine de la recherche, qui travaille déjà avec les start-up pour les aider à combler leurs lacunes, en matière de développement d’interfaces, de marketing ou dans les affaires.» Et enfin, il y a MEET, qui vise à créer un langage professionnel commun aux jeunes dirigeants israéliens et palestiniens. En partenariat avec le Massachusetts Institute of Technology, MEET offre des outils technologiques et de leadership de pointe, pour faciliter l’éducation et l’autonomisation, en vue d’un changement social positif.

Un autre projet est né d’une recherche de McKinsey, qui a démontré que 50 % des petites entreprises du pays n’ont pas de présence en ligne. « Être en ligne aujourd’hui, c’est aussi naturel que d’avoir un téléphone portable. C’est comme avoir une vitrine qui a pignon sur rue. Pratiquement tout le monde est connecté ici, avec les smartphones et ainsi de suite », explique Salomon. « Les entreprises en Israël poussent en ligne. Nous avons donc établi un partenariat avec le ministère de l’Economie et du Commerce, Apple iDigital distribution et la Poste israélienne KAL, pour réaliser ce projet, dans le but de fédérer 20 000 petites entreprises en ligne en leur proposant un site gratuit, plus un domaine (gratuit la première année) à AsakimOnline.co.il. Au jour d’aujourd’hui, nous en sommes à 10 000 nouveaux inscrits », confie Salomon.

Une entreprise à visage humain 

Google a la chance de pouvoir réaliser tous ces projets fous.

Bien sûr, c’est dans son intérêt, parce que nous voulons parfaire l’outil Internet aussi bien dans le domaine de la culture que dans celui de l’histoire. « Il y a encore tellement à faire, pour aller plus loin. À l’heure actuelle, nous n’utilisons que 5 % du potentiel d’Internet. Le rêve est d’être en mesure de vous donner ce que vous voulez, quand vous le voulez ».

La dernière en date de ces avancées, s’appelle Google Street View, l’imagerie des rues, lancée récemment en Israël.

Quant aux conditions de travail des employés qui sont ceux par qui la magie opère, elle semble unique : « Personne ne pointe chez Google. L’impératif, c’est que le travail soit fait », annonce Salomon. « Il y a beaucoup de flexibilité dans les aménagements horaires, en particulier quand les employés sont parents et ce, quel que soit leur sexe. Il n’est pas besoin d’en débattre, d’autant plus que nous travaillons dans un monde en ligne. Tout est en ligne. Tous ceux qui travaillent ici font partie d’équipes internationales. Avec des web conférences et des collègues répartis dans toute l’Europe.

On passe le plus clair de notre vie professionnelle à surfer sur « Google Plus ».

« Google essaie d’employer des personnes de tous horizons, diplômés d’histoire, voire d’histoire de l’art », explique Salomon. « Nous les engageons souvent tout fraîchement sortis de leur université, ou en fin d’autres cursus. Il est évident qu’ils ont besoin d’être formés au poste en termes de compétences informatiques. Nous avons des gens issus d’unités de l’armée spécialisées en technologie, des entrepreneurs qui ont fait d’autres choses, puis débarquent un jour chez Google, ou dont les entreprises ont été rachetées par Google et qui nous rejoignent alors à bord. » Quant à l’avenir ? Nous le tenons entre nos mains, affirme Salomon, et les téléphones portables appartiennent à l’avenir.

Aujourd’hui, ils sont devenus des bureaux mobiles, dit-il, « vous pouvez tout faire sur votre téléphone maintenant. Et le domaine de la vidéo, aussi, est en pleine expansion. » Google a racheté YouTube en 2006. Et ce n’est qu’un début.


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