De la vidéoconférence à la révolution sociale ?

Dans l’édition du 10 avril dernier, une première partie du problème récurrent de la reconnaissance des diplômes français en Israël était présentée. Suite à la vidéoconférence entre les deux pays, compte rendu exclusif

By AMANDINE SAFFAR
May 7, 2013 12:17
2 minute read.
Undocumented students graduate at UCLA

Undocumented students graduate at UCLA 370. (photo credit: REUTERS)


Voilà un défi que le candidat élu à la députation de la 8e devra affronter de plein fouet : se faire porte-parole d’un problème stagnant, et qui paralyse les franco-israéliens. Pour rappel des faits, les trois points cruciaux du problème étaient : reconnaissance des diplômes, aux antipodes de la situation internationale, spécialisation des étudiants en médecine, et nondécernement du « supplément au diplôme » par la France.

En somme, de nombreux Français se trouvent dans l’incapacité chronique d’exercer leur métier en Israël.

Une vidéoconférence, organisée par le Collectif francoisraélien, l’AAEGE (association des anciens élèves de grandes écoles), l’AMI (Aliya et meilleure intégration) et l’ambassade de France, qui mènent de front ce combat, a fait converger les intérêts de tous, le 25 avril dernier. Cette rencontre par caméras interposées était placée sous le signe du « dialogue et de la clarification ». Si le Collectif franco-israélien se dit satisfait des avancées observées, les résultats font débat du côté d’Ezra Banoun, membre de l’AAEGE, qui affirme à titre personnel que les blocages sont endémiques.

En France, les diplômes paramédicaux ne sont actuellement ni des licences, ni des masters, mais des diplômes d’Etat. Si un travail a été entrepris à ce sujet par les autorités françaises, il met du temps à se mettre en place, laissant, en attendant, les professionnels sans assurance. De ce côté, des promesses ont été faites par les deux parties, de sorte que, selon le communiqué du Collectif, « le ministère français de la Santé s’est engagé à leur transmettre les maquettes des études en anglais et à envisager de nommer un intermédiaire chargé de les aider à évaluer le contenu des études françaises ».

Du vide juridique à une avancée significative 

En Israël, il est nécessaire d’avoir un diplôme accordant le titre de médecin pour commencer une spécialisation. Or, en France, à la fin de la 6e année de médecine, avant la spécialisation, les étudiants ne reçoivent qu’un diplôme dit « informatif », qui n’accorde pas en soi un droit d’exercer.

Aussi ces étudiants ne peuvent-ils terminer leurs études en Israël. Sur ce point, encore une fois, « le ministère français de la Santé s’engage à envoyer à son homologue israélien un exemplaire du diplôme de fin de 6e année, afin de lui permettre d’évaluer son contenu ».

Concernant le « supplément au diplôme », indispensable et pourtant si souvent « oublié » par les universités françaises, les homologues ont promis de faire progresser la question « à l’échelon politique ».

Autre fer de lance des associations, les diplômes qui ne sont pas encore sur le modèle LMD (licence-master-doctorat) et sont donc intraitables pour les autorités universitaires israéliennes, une communication directe entre homologues respectifs permettra de valider, ou non, ces diplômes dans l’Etat hébreu. Du temps et de la patience, une recette désormais connue au pays du sel et du miel… 


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