De l’amour comme s’il en pleuvait

Changement de tactique. Barack Obama a enfin compris que les Israéliens ont besoin d’être rassurés.

By
March 27, 2013 12:12
3 minute read.
Netanyahu and Obama at Ben Gurion Airport, March 20, 2013.

Netanyahu and Obama at airport 390. (photo credit: White House)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user experience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section
  • Content from the award-winning Jerusalem Report and our monthly magazine to learn Hebrew - Ivrit
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again

Il nous a eus. Cela a commencé avec le mot « Shalom », prononcé sur le tarmac de l’aéroport Ben-Gourion. Et si ce n’était pas « Shalom », alors cela a été, 33 mots plus tard, une phrase entièrement prononcée en hébreu : « Tov lihiot shouv baaretz » (Il est bon d’être de retour en Israël).

Et si ce n’était pas encore ça, alors cela a été la fin de son bref discours de bienvenue : « Je sais que notre alliance est éternelle. Elle existe à jamais – lanetzah ». Encore une fois, de l’hébreu. Cette fois-ci, c’était officiel : Barack Obama nous avait fait fondre.

Dès le départ, il était clair qu’il avait eu les médias. Les plus grandes stars journalistiques étaient venues l’attendre à l’aéroport, se répandant en superlatifs sur Air Force One.

Tandis que l’avion présidentiel, traqué comme si la fusée Apollo retournait sur la Terre, pénétrait dans l’espace aérien israélien, Irit Linor commentait l’Obamania sur les ondes militaires. Et de plaisanter : si le pays accueillait de telle sorte le président américain, que resterait-il pour l’arrivée du Messie ? Nous sommes une nation qui se sent isolée, rejetée et haïe dans la région, incomprise à l’étranger. Les artistes nous boycottent et les Européens ne nous aiment pas beaucoup.

Or, nous aimerions tant être acceptés, compris et aimés. Et au regard de notre histoire, qui pourrait nous en blâmer ? A peine arrivé, Obama nous a exprimé cet amour. Des tonnes d’amour. L’amour dont nous nous languissions pendant ces 4 années où, du moins au début, le président américain pensait que faire bouger les choses au Proche-Orient passait par prendre ses distances avec Jérusalem – et avec nous.

Certes, même à l’époque « il-est-normal-que-les-Etats-Uniset- Israël-ne-soient-pas-d’accord-sur-tout », Obama faisait des efforts sans précédent pour notre sécurité. Mais nous n’étions pas entièrement, ou même partiellement, satisfaits.

Car, les enfants veulent-ils que leurs parents mettent des gardes du corps devant leurs foyers ou s’équipent de systèmes d’alarme dernier cri tout en allant jouer aux cartes avec leurs brutes de voisins ? Non, les enfants veulent la chaleur réconfortante de leurs parents ; les enfants veulent être câlinés.

Israël, une rédemption sans précédent 

D’aucuns qualifieront cette attitude d’immature. Ils diront qu’il est temps de grandir et qu’au lieu de quémander des signes publics d’affection, nous ferions mieux d’être contents de ces fortes relations militaires et sécuritaires. Mais Israël possède de solides liens sécuritaires avec d’autres pays également. Et l’Etat hébreu souhaite, ou a besoin, davantage de la part des Etats-Unis. Que voulez-vous, nous sommes ainsi faits ! Dans un contexte où nos voisins, tout comme d’autres, n’intègrent pas, loin s’en faut, notre droit et notre légitimité à vivre sur cette terre, se voir entourés d’attentions de la part de l’homme le plus puissant au monde a toute son importance. Et c’est que qu’a fait Obama. Il l’a fait en déclarant, à l’aéroport, que le peuple juif avait « cultivé la terre ici, prié Dieu ici », ou « la création du l’Etat juif d’Israël est une renaissance, une rédemption sans précédent dans l’Histoire ». Il l’a fait à la résidence du président Shimon Peres en citant le Talmud et en affirmant que les Etats-Unis étaient le meilleur ami d’Israël.

Nous avons entendu ces paroles. Nos ennemis ont entendu ces paroles. Le peuple américain a entendu ces paroles.

Plus tard, Obama s’est rendu chez le Premier ministre pour 5 heures de discussions avec Binyamin Netanyahou. Derrière les portes closes, fini les embrassades, place aux inévitables désaccords. Mais ces derniers sont restés dans l’enceinte de la résidence.

A l’extérieur, Obama a martelé que les Etats-Unis soutiennent Israël. Loin, très loin, des divergences significatives qui avaient émergé entre les deux leaders à la Maison Blanche, il y a 4 ans. Les questions commençant par « Et si ? » ne sont jamais constructives. Mais on ne peut s’empêcher de se demander combien de frustrations, de détériorations et de colères auraient pu être évités, en Israël comme aux Etats- Unis, si Obama avait fait ce voyage et adopté cette approche au début de son premier mandat.

Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL