Législatives : UMP vs. UDI

Valérie Hoffenberg sera opposée au centriste Meyer Habib. Premières réactions à chaud des candidats.

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May 30, 2013 16:15
French flags

French flags 370. (photo credit: REUTERS/Yves Herman)


Les jeux sont faits pour ce premier round des législatives partielles.

Comme tout le monde s’y attendait, le taux de participation reste peu élevé. Au total, 10,37 % des Français de la 8e circonscription auront exprimé leurs voix, réparties à quasi-égalité entre le vote électronique sur Internet et celui aux urnes.

La finale opposera donc la candidate UMP, Valérie Hoffenberg à Meyer Habib, qui a récemment fait son entrée en politique sous la bannière du parti centriste de Jean-Louis Borloo, l’UDI. « Je suis heureux », déclare l’ancien vice-président du Crif, « c’est une immense bouffée d’oxygène ». Et de se féliciter d’être arrivé premier dans toutes les grandes villes d’Israël, en particulier à Jérusalem.

La victoire ? Meyer Habib la voit au bout du chemin. Il veut l’unanimité en Israël. « Ce sera plus facile que vous ne le croyez », affirme-t-il sans ambages. Sa botte secrète ? Les électeurs de Valérie Hoffenberg qui voteront pour lui au second tour. « C’est inutile d’avoir un autre député UMP qui ne servira à rien », assène celui qui compte sur son soutien populaire. « Les gens ont compris que je suis le député qu’il leur faut ». Face à lui, Valérie Hoffenberg mise sur son expérience politique et sa pratique du terrain.

Sa connaissance des véritables enjeux que constituent les questions sociales et d’éducation.

Selon elle, « ce sont les journalistes qui ont fait campagne », en prenant ouvertement parti pour tel ou tel candidat.

Qu’à cela ne tienne. Elle se déclare confiante pour le second tour. « Je suis quelqu’un sur qui on peut compter. C’est à Paris que tout se décidera, et non à la Knesset », avance-t-elle en référence aux soutiens locaux dont bénéficie à Jérusalem son rival du second tour.

« Cela fait un an que je fais campagne, alors que M. Habib n’est là que depuis 3 semaines.

Il ne faut pas uniquement des contacts et de la motivation pour gagner. » Question report des voix, Valérie Hoffenberg se dit sereine.

Deux candidats « indépendants » l’auraient d’ores et déjà assuré de son soutien. « Et Alexandre Bezardin également ».

Ce lundi 27 mai, le candidat de droite basé en Italie n’avait pourtant pas encore fait connaître son choix pour le second tour. « Je ne suis pas propriétaire de mes voix, j’ai trop de respect pour les électeurs qui m’ont fait confiance », expliquait Bezardin.

Parce qu’il a des exigences pour les Français de la 8e circonscription, il attend des 2 candidats en finale des éclaircissements sur « quelques points qui me semblent essentiels ».

Pour l’heure, Alexandre Bezardin se déclarait « fier d’être arrivé quatrième derrière les trois candidats officiels des partis traditionnels ». « Je termine troisième au vote électronique et hors Israël. C’est assez exceptionnel face à des partis qui avaient mis en place de véritables machines de guerre pour atteindre le second tour ! », se félicitait-il.

Juste devant lui, en troisième position, Marie-Rose Koro. La socialiste évite de justesse le duel avec la candidate UMP, coiffée sur le poteau par Meyer Habib à quelque 80 voix près. Quelques heures après les résultats du premier tour, nous n’avions pas réussi à la contacter.

Indépendants et fiers de l’être 

Les indépendants israéliens n’auront donc pas réussi à faire la différence.

Le premier d’entre eux, Jonathan- Simon Sellem, se déclare toutefois satisfait de sa troisième place en Israël, « derrière Sarko et Bibi », plaisante-t-il. Certes, il aurait voulu faire mieux, mais il considère son score comme une victoire qui ne lui donne que « plus de légitimité pour continuer ses combats ».

Pour ce trentenaire telavivien, aucune hésitation en matière de report de voix : « en tant que candidat du Parti libéral démocrate (PLD), je ne peux bien évidemment qu’appeler à voter pour Meyer Habib. Notre vision de la France et d’Israël est quasiment semblable.

Avec lui, j’ai la certitude que nos valeurs et notre engagement ne seront jamais bafoués ».

Et de mettre l’accent sur l’amour d’Israël du candidat centriste, « qui n’a jamais trahi sa parole pour faire plaisir à un politicien ». Une prise de position fort logique de la part de Sellem, fils spirituel de Philippe Karsenty dont on connaît la haine féroce pour Hoffenberg et qui avait appelé les membres de l’UMP à voter Bezardin au premier tour.

En 9e position, David Shapira tire un bilan très positif de sa campagne.

Certes, « les résultats ne sont pas à la hauteur des efforts investis, mais j’ai eu l’occasion de m’entourer d’une équipe formidable. Nous pouvons nous vanter d’avoir été sincères, honnêtes, et respectueux envers toutes les candidatures », déclaraitil.

Si c’était à refaire, il le referait, et recommencerait de la même façon.

Il se réserve le temps de donner des consignes de vote pour la suite.

Animé du sens du collectif jusqu’au bout, Shapira envisage peut-être de rencontrer les candidats du second tour et donnera des consignes de vote en concertation avec son équipe, avec laquelle il a pris toutes ses décisions.

Les marins d’eau douce 

Sur la promenade de Netanya, petit vent de flottement. Si la nouvelle venue sur la place publique Nathalie Mimoun a réussi à séduire 589 électeurs, seuls 383 votants ont soutenu le vétéran et pilier de la communauté, Albert Fratty.

Un mélange de déception et de satisfaction, concède ce dernier.

Déception de ne pas être au second tour et satisfaction du nombre de voix recueillies. Il déclare ne pas avoir encore réfléchi pour le second tour.

« Je m’exprimerai dans le courant de la semaine, mais ce n’est pas certain que je me prononce pour un candidat. Je considère que chacun a sa liberté de vote ». Selon lui, « tout est ouvert, rien n’est certain ».

En bas du classement, Ghislain Allon enregistre un score bien décevant : seuls 48 votants ont été prêts à lui faire confiance. L’indépendant est bien sûr déçu des résultats, « mais c’est le jeu électoral », notet- il, fataliste. Il faut dire qu’Allon a d’autres projets en tête : son nouveau parti politique Hazak, auquel il va dorénavant se consacrer « avec plus d’énergie et de temps ».

Pour lui, une page se tourne. La suite des législatives ne le concerne plus. Il n’a pas de consignes de vote à exprimer. « Le parti que j’ai fondé est désormais ma priorité », ponctue-t-il.

Enfin, quelques nouvelles du marin Alix Guillard. Nanti de quelque 111 voix seulement, le représentant du Parti Pirate garde pourtant un bon souvenir de la campagne. « Habitant loin et sans ressources, c’était un gros défi, mais j’ai su tisser des liens intéressants pour l’avenir. J’espère que le Parti Pirate a trouvé un bon mouillage dans cette partie de la Méditerranée », note-t-il avec humour. Pour avoir recueilli 0,97 % des suffrages, il regrette surtout « de ne pas avoir franchi la barre des 1 % pour une voix ». Pas de consignes de vote non plus pour cet habitué des grands vents et des bourrasques électorales, mais il compte poser des questions aux candidats présents au second tour. « Mes électeurs sont assez grands pour faire leur choix éclairés sur la base de ces éléments », annonce-t-il.

Reste maintenant à Meyer Habib et Valérie Hoffenberg à tenir bon la barre jusqu’au 9 juin prochain, date du second tour.


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