Législatives françaises, nouveau round ?

Daphna Pozanski a tiré sa révérence des rangs de l'assemblée. Entretien avec David Shapira, qui pourrait prétendre à la remplacer.

By
February 19, 2013 12:28
David Shapira

2002JFR08 521. (photo credit: DR)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user uxperience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section and our monthly magazine to learn Hebrew, Ivrit
  • Content from the award-winning Jerusalem Repor
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again

 Né à Paris en 1965, David Shapira (de son nom d’origine français Edouard Spira) a fait le choix de l’Aliya en 1983, après son baccalauréat. Il s’engage au sein des forces de Tsahal puis obtient un diplôme d’enseignement de Bible et Talmud. Journaliste, il a dirigé l’un des tout premiers sites Web d’informations israéliennes en langue française, puis officié comme chargé de recherches au sein de l’Institut de planification politique du peuple juif.
Docteur en histoire de l’université Hébraïque de Jérusalem, en 2005, il est l’auteur d’une biographie sur le Grand rabbin Jacob Kaplan et d’une étude sur l’histoire de l’antisémitisme en France. Il dirige actuellement une société de gestion de patrimoine immobilier et termine une licence de droit.

Pourquoi vous présentez-vous aux législatives ?
Je suis, de par mon parcours personnel, proche de la culture française et israélienne à la fois. Mon bagage culturel et ma volonté d’aider mes frères (et mes soeurs), installés dans une même communauté de destin, me poussent à me présenter à ce poste afin de faire entendre leur voix et celle d’Israël.
Aucun député, ni candidat inféodé à l’un des deux grands partis politiques français, ne pourra infléchir la politique extérieure de la France envers l’Etat d’Israël. Mais pour ma part, je conserve ma qualité d’indépendant et « pour Sion, je ne me tairai point », surtout au sein de l’Assemblée nationale.

En quelques mots, comment voyez-vous le rôle d’un député des Français de l’étranger ? 
Cela consiste tout d’abord à être à l’écoute de toutes les tracasseries liées aux formalités administratives d’un résident français à l’étranger. Le député doit être accessible et largement présent dans la région de ceux qu’il représente s’il veut jouir d’une réelle crédibilité. Il doit être en contact permanent avec les autorités qui représentent la France en Israël, intervenir auprès des consulats et, le cas échéant, jouer de sa position pour également intervenir au sein de l’administration et des responsables politiques français.
Les problèmes d’intégration rencontrés par nos compatriotes sont incommensurables et les francophones en Israël n’ont pas réussi politiquement à faire entendre leur voix au sein de la Knesset. Un député français, installé en Israël et également impliqué dans les rouages du système israélien, peut apporter une aide conséquente. Je ne suis pas un « parachuté » que personne ne connaît. Je vis ici depuis trente ans, je vis le terrain (excepté deux années de mission à Paris pour le KKL) et suis tout à fait au courant de la situation.

Quels sont vos thèmes de campagne ? 
Je ne suis pas né dans une marmite politicienne. Mes thèmes sont simples et ils concernent les Français à l’étranger et plus particulièrement ceux qui, comme moi, ont choisi de vivre en Israël. Je veux les aider dans la mesure du possible, user de toute mon influence pour que l’Etat français prenne l’entière responsabilité de ses concitoyens qui vivent en Israël, que ce soit pour assurer leur sécurité physique et également financière, comme s’ils vivaient dans le territoire français.
Je suis également israélien et j’estime que la possibilité de faire entendre le point de vue israélien sur la vision du monde est une extraordinaire opportunité. Je n’aurai que de cesse de rappeler ce que représente la nation israélienne entourée de pays dont les révolutions tournent au cauchemar. En plus d’une voix française qui défendra les intérêts des Français en Israël, il y aura une seconde voix qui évoquera Israël dans l’hémicycle français.
Mon engagement est la suite naturelle d’un militantisme qui me colle à la peau depuis mon adhésion à l’âge de 11 ans aux Eclaireurs israélites de France.

Vous allez vous présenter en tant que candidat indépendant, lors des précédentes élections, les 2 candidates des principaux partis français (PS et UMP) se sont retrouvées au second tour, ne pensez-vous pas qu’être sans étiquette vous porte préjudice ? 
La liberté et l’indépendance d’esprit ont un prix et je suis prêt à l’assumer. C’est un inconvénient, certes, à première vue, mais cela reste un immense avantage. La liberté d’exprimer une opinion sans craindre les foudres d’un parti politique est une sûreté qui permet d’accomplir sa mission dans la plus grande équité.

Les Français d’Israël se sont peu mobilisés lors des précédentes élections, le scrutin s’est joué avec les Français expatriés des autres pays de la circonscription, comment allez-vous faire campagne auprès d’eux ? 
Je me rendrai sur place et je tenterai de les convaincre. Je fais mien l’adage de Jules César « Veni, vidi, vici »… Toutefois, les dés sont dans les mains des Français résidant en Israël, c’est pour eux le moment de prendre leur destin en main par les voies de la démocratie.

Qui aviez-vous soutenu lors des précédentes élections ?
Mon coeur balançait entre Gil Taieb et Daphna Poznanski.
Ces deux candidats étaient à mes yeux tout à fait appropriés pour nous représenter dans l’hémisphère. J’ai rendu visite à Daphna à l’Assemblée, en août dernier, pour la féliciter car elle méritait réellement ce poste. Et puis il y a eu cette terrible sanction du Conseil constitutionnel qui invalide son élection pour un vice de procédure lié au financement de la campagne. Aujourd’hui trois anciens et bons candidats sont inéligibles pendant un an.

Seule Valérie Hoffenberg est apte à se représenter, que pensez-vous de la candidate ?
Je n’ai rien à déclarer au sujet de Valérie Hoffenberg que je ne connais pas. J’affirme juste qu’il serait plus judicieux de choisir un candidat qui réside en Israël depuis un certain temps. De plus, l’UMP ne s’est pas non plus réellement montré favorable à Israël. Se souvient-on que Nicolas Sarkozy a soutenu l’entrée des Palestiniens au sein de l’UNESCO ? D’autre part, je me méfie du Parti socialiste et de son ressentiment farouchement anti-israélien. Il est loin le temps des socialistes des années 1950. Nous devons nous démarquer des partis politiques français. C’est un vote local pour une population qui a des besoins particuliers.

La précédente campagne a été assez venimeuse, n’avezvous pas peur de vous lancer dans la fosse aux lions ?
Personnellement je m’engage à ne pas répandre des insanités sur les candidats qui se présenteront. Chacun a le droit de faire valoir sa personne. Je ne compte pas réagir à ce qui pourra être dit sur mon compte. Je fais confiance à l’intelligence des électeurs.

Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL