L’Iran se choisit un nouveau président

Hassan Rohani est considéré comme un modéré. Quelles sont les conséquences pour Israël ? Décryptage.

P6 JFR 370 (photo credit: Ami Hashen Dehgani/Reuters/Far News)
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Du bon et du moins bon. Pour certains analystes, l’électionde Hassan Rohani à la tête de la République islamique iranienne porte atteinteaux intérêts d’Israël. Considéré comme le plus modéré des candidats au scrutin,le clerc l’a emporté dès le premier tour avec 50,68 % des voix. Le raisonnementest le suivant : ses promesses d’améliorer les relations avec l’occident etd’apaiser les relations intérieures feront retomber la pression exercée surTéhéran quant à son programme nucléaire.

Que Rohani soit décrit comme modéré conduit en effet certains à imaginer queles négociations avec les grandes puissances porteront leurs fruits et que, dece fait, les sanctions pourront être amoindries.

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou s’est clairement rangé du côté dessceptiques, dimanche 16 juin, en déclarant que rien d’important n’avait changéconcernant l’Iran, puisque le même régime, dirigé par le Guide suprêmel’ayatollah Ali Khamenei, continue d’être au pouvoir. D’aucuns ajoutent mêmeque l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad avait au moins le mérite de parleren toute franchise, tandis que Rohani va tenter de dissimuler les véritablesintentions du régime, et continuer de faire languir la communautéinternationale à la table des négociations jusqu’à ce que Téhéran obtienne labombe atomique.

Daniel Pipes, président du Forum du Proche-Orient, se dit ainsi « heureux pourles Iraniens, mais inquiet pour le reste du monde. J’espère que Rohani aura unimpact positif sur des questions intérieures telles que l’économie, le statutdes femmes et la liberté culturelle ». Mais l’expert ajoute : « Je crainsqu’une présentation moins revêche de la même politique – soutien au terrorisme,soutien total au régime d’Assad et programme nucléaire – ait pour effet uneréponse moins efficace des démocraties occidentales ».

« Pire cauchemar » 

D’autres se sont, en revanche, montrés nettement plusenthousiastes. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a ainsi déclaré : «Nous et nos partenaires internationaux, sommes prêts à négocier directementavec le gouvernement iranien. Nous espérerons qu’il honorera ses engagementsinternationaux face à la communauté des nations pour qu’une solutiondiplomatique soit atteinte mettant un terme aux inquiétudes dues au programmenucléaire iranien ».

Ce sentiment semblait largement répandu à l’international. Le journal américainThe Washington Post a ainsi titré : « Le nouveau président iranien, HassanRohani, est considéré comme le meilleur espoir pour mettre un terme à l’impasseiranienne ». En Europe, le ministre français des Affaires étrangères LaurentFabius s’est déclaré « prêt à travailler » avec Rohani, tandis qu’unporte-parole du ministère des Affaires étrangères britannique a exprimél’espoir « que le nouveau leader se saisisse de cette opportunité pour lancerl’Iran dans une nouvelle direction ».

De son côté, Trita Parsi, président du Conseil national irano-américain,déclare que « ce résultat électoral n’est certainement pas insignifiant.

Mais il est compréhensible que ceux qui craignent davantage la paix que laguerre soient inquiets aujourd’hui. Pour ces éléments, qu’ils se trouvent enIran, en Israël ou aux Etats-Unis, une ligne dure à Téhéran permet de justifierleurs propres politiques, destinées à mener à la guerre. Que l’Iran se tournevers une direction plus constructive est leur pire cauchemar ».