L’Obamania à son apogée

La visite du président Barack Obama suscite une folie médiatique et prend de plus en plus l’allure d’un grand événement populaire.

By
March 12, 2013 13:46
Pancartes de bienvenue dans les rues de la capitale israélienne

1303JFR17 521. (photo credit: Reuters)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user experience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section
  • Content from the award-winning Jerusalem Report and our monthly magazine to learn Hebrew - Ivrit
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again

L’ambassade américaine a lancé un concours pour assister au discours d’Obama à Jérusalem. « Voulez-vous assister au discours du président Obama ? », a écrit l’ambassade, en anglais et en arabe sur sa page Facebook ; comme s’il s’agissait d’assister à la finale du Super Bowl.

« Likez notre page, et dans les commentaires ci-dessous, dites-nous pourquoi vous pensez que nous devrions vous inviter.

Jusqu’à 20 de nos fans Facebook, qui soumettront les réponses les plus originales et créatives, auront la chance de voir le président Obama en personne. » Dans les 4 heures qui ont suivi, 375 réponses de fans étaient déjà dénombrées pour assister au discours du 21 mars, au Palais des congrès de Jérusalem (Binyanei Haouma).

Un certain Koby Yaakobi, par exemple, joue la « carte haredi » : « Il me semble que je serai le seul haredi dans la foule pour le discours du président des Etats-Unis, le président de la superpuissance, le président de toutes les religions », écritil.

Guideon Nethaneel espère, lui, impressionner le personnel diplomatique avec ses « lettres de noblesse des gens normaux » : « Bonjour, je suis une personne normale », note-il.

« Je ne suis pas un génie ou un fou. Je ne suis pas un professeur, ni un inculte, je suis diplômé de l’université Hébraïque de Jérusalem. Je suis normal. » Et d’autres de supplier simplement avec humour : « S’il vous plaît », implore Moran Kahimker, « j’ai toujours voulu rencontrer le double de mon acteur préféré, Will Smith ». Le très chevaleresque Chen Shalev Sokolovsky écrit, non sans ironie : « Si vous me choisissez, je vais avoir besoin d’un autre ticket pour ma femme. Je n’y vais pas sans elle ». Le très humble Yadim Wolff pense, lui, qu’il devrait être là « parce que le président sera honoré de sa présence. » Et, enfin, Chai Kramf écrit qu’il mérite une invitation en raison de sa taille. «Je fais 1,90 m, vous pourrez donc me mettre au dernier rang. » L’excitation gagne peu à peu le pays alors que la visite de Barack Obama approche à grands pas. Lundi 11 mars, le bureau du Premier ministre a ainsi dévoilé une application pour Iphone et Androïde qui permettra de suivre les déplacements du président durant ses 3 jours en Israël et dans l’Autorité palestinienne. Par ailleurs, le porte-parole de Binyamin Netanyahou, Dan Lior, a déclaré que le pays se préparait à des « centaines de journalistes » qui arriveront pour couvrir le voyage présidentiel.

Un itinéraire très précis 

Selon le calendrier provisoire fourni par Washington, Obama arrivera à l’aéroport de Tel-Aviv Ben Gourion le 20 mars, aux environs de midi. Le président Shimon Peres et Binyamin Netanyahou seront présents pour l’accueillir solennellement. Obama se rendra ensuite à la résidence de Shimon Peres, où il sera reçu avec les plus grands honneurs.

Les deux présidents entameront un périple dans la capitale avec, pour première étape, le mémorial de Yad Vashem où le leader américain déposera une gerbe dans le hall du souvenir.

Prochain arrêt : le Mont Herzl, où Obama déposera (encore) une fleur sur la tombe du journaliste viennois, un geste symbolique. Idem sur le tombeau du Premier ministre assassiné Itzhak Rabin. Dans l’après-midi, il se dirigera vers la résidence du Premier ministre. Netanyahou et Obama recevront ensemble des délégations pour évoquer l’Iran, la Syrie, le processus de paix et Jonathan Pollard.

Une conférence de presse clôturera cette première après-midi de travail et sera suivie par un grand dîner.

Le lendemain matin, Obama se rendra à Ramallah pour rencontrer le président palestinien Mahmoud Abbas. Il retournera à Jérusalem avant midi, où il sera rejoint par Netanyahou pour examiner la maquette du Second temple au musée d’Israël.

Ils continueront au sanctuaire du Livre, où sont exposés les manuscrits de la mer Morte.

Le président américain continuera sa visite au musée hiérosolomytain, où les derniers progrès israéliens en matière de haute technologie, de biotechnologie, de nanotechnologie et d’agriculture lui seront présentés. Dans l’après-midi Obama s’adressera aux Israéliens dans un discours public au Binyanei Haouma à Jérusalem. Au moins 1 000 Israéliens seront présents.

Un discours qui sera retransmis sur des écrans géants installés à cet effet sur la place Rabin à Tel-Aviv. Plus de 20 000 personnes sont inscrites sur la page Facebook qui relaie l’évènement.

Dans la soirée, Obama sera accueilli pour un dîner de gala offert par Shimon Peres.

Vendredi 22 mars, le président américain devrait de nouveau rencontrer Netanyahou pour un petit-déjeuner dont on ignore encore s’il aura lieu à la résidence du Premier ministre ou à l’hôtel King David. Dans la matinée, visite de 2 batteries du Dôme de fer, déployées spécialement à l’aéroport Ben Gourion en l’honneur d’Obama et rencontre des soldats chargés du système de défense antimissile qui est financé, rappelons-le, par les Etats-Unis.

A 13 heures, une cérémonie d’adieu aura lieu à l’aéroport.

Et le président s’envolera à la rencontre du roi Abdallah de Jordanie...

man* ���� 8�� de son voyage, l’administration américaine verra comment il convient de poursuivre ces négociations de paix ». En d’autres termes : affaire à suivre.

Beaucoup de dossiers sont en attente sur le bureau d’Obama.

Le président a fort à faire à l’international, mais également sur le front interne. Or, le conflit israélo-palestinien ne peut être ignoré aujourd’hui, alors qu’un regain de violences secoue la Judée-Samarie et remet ce dossier sensible sur le devant de la scène géopolitique. Difficile de regarder ailleurs pour Washington.

« Un conflit à nos portes » John Kerry a donc récemment effectué son premier déplacement à l’étranger depuis sa nomination. Un voyage de 10 jours qui l’aura conduit en Grande-Bretagne, après avoir été reçu en Allemagne, en France, en Turquie, en Italie, en Egypte, en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis et au Qatar. Il y a fort à parier que, dans toutes ces chancelleries, il aura été soumis à de fortes pressions pour faire avancer le processus de paix par tous les moyens.

Robert Serry, diplomate d’origine hollandaise, aujourd’hui coordinateur spécial pour le processus de paix au Proche- Orient au nom de l’Onu, a ainsi déclaré à la fin du mois de février, lors d’un forum débattant de la question à Wilton Park : « Il est inconcevable de clôturer ce voyage sans avoir échafaudé les plans d’une Palestine politiquement viable ».

Et le diplomate d’ajouter que des avancées se font sentir de réunion en réunion sur l’épineux sujet. Certaines d’entre elles sont à mettre sur le compte du recyclage d’idées appartenant à des accords antérieurs restés lettre morte. Mettre ces idées en oeuvre pourrait contribuer à une amélioration des relations entre les parties, a fait valoir Serry. Avant d’ajouter que tous les regards étaient tournés vers l’Etat hébreu, tant il est devenu évident pour tous, que tout effort de paix serait vain sans consultation préalable avec les Israéliens et leur pleine coopération.

Andreas Reinicke, envoyé spécial de l’Union européenne au Proche-Orient, a expliqué, lors de ce même forum, pourquoi cette affaire était si cruciale aux yeux du Vieux continent. « Du point de vue européen, ce conflit est à nos portes », a déclaré Reinicke. « Chypre est un pays avec lequel l’Europe a une frontière commune, et se trouve à moins de 400 km d’Israël seulement. Un conflit dans cette région a des répercussions partout, depuis la Finlande jusqu’à l’Espagne. » Et de continuer : « il est dans l’intérêt fondamental de l’Union européenne de résoudre ce conflit, car il est potentiellement explosif à l’intérieur de nos frontières. Il est, en outre, particulièrement sensible de par sa dimension religieuse.

Et il concerne en tout premier lieu les chrétiens, car Israël est un Etat juif et le passif entre les deux communautés est dramatiquement chargé, marqué par des exactions commises contre les Juifs au cours de l’histoire, qui ont culminé avec la Shoah ».

A n’en pas douter, les derniers développements dans le monde arabo-musulman compliquent encore la donne pour tout le monde. Israël essayera de convaincre Kerry et Obama lors de leur visite que c’est précisément en raison de ces récents développements que l’affaire devient inextricable et la résolution du conflit encore plus irréaliste. Les Européens eux, et Hague en témoigne, feront pression sans relâche sur l’administration américaine, jusqu’à faire figurer le conflit en tête de ses préoccupations. Y parviendront-ils ? Réponse dans les mois à venir.

Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL