La rue égyptienne exige le départ de Morsi

C’est la plus grande vague de manifestations depuis la chute de Moubarak. Pour l’heure, le president égyptien refuse de partir.

By SHAIMAA FAYED ET YASMINE SALEH
July 3, 2013 15:50
2 minute read.
1,7 millions d'Egyptiens ont réclamé le départ de Morsi, dimanche 30 juin

P6 Egypte JFR 150. (photo credit: Amr Abdallah / Reuters)

Marée humaine. 17 millions d’Egyptiens étaient massés dans les rues du Caire, dimanche 30 juin, pour demander la démission de Mohamed Morsi, en ce premier anniversaire de l’élection du président islamiste.

Tard dans la nuit de dimanche à lundi 1er juillet, les Frères musulmans ont déclaré que leur quartier général du Caire avait été pris pour cible par des manifestants, qui ont lancé des cocktails Molotov et tiré à balles réelles. Des actes de violence qui confortent les Frères musulmans dans leur sentiment de faire face à un siège politique de la part des opposants libéraux et des partisans de l’ancien régime.

Le professeur Abdallah Schleifer, un éditorialiste du site Internet de al-Arabiya basé au Caire, a garanti dimanche au Jerusalem Post que Morsi ne contrôle pas la police, celleci s’étant ouvertement rangée du côté des manifestants.

« Ils ne défendront nulle part les Frères musulmans », a-t-il assuré, ajoutant que l’armée restait indépendante.

Selon les forces de l’ordre, une personne est morte et 25 autres ont été blessées au cours d’affrontements entre supporters et opposants de Morsi à Beni Suef, à plus de 100 kilomètres au sud du Caire. Vendredi 28 juin, deux hommes, dont un juif américain, ont été tués lors de la mise à sac du bureau des Frères musulmans à Alexandrie, la deuxième ville d’Egypte. Bilan humain depuis le début du mouvement anti-Morsi : 16 morts et près de 800 blessés.

Une source militaire a recensé des manifestations de grande ampleur dans au moins une vingtaine de villes du pays.

L’opposition pose un ultimatum à Morsi 

Dimanche, au petit matin, une foule de plus de 200 000 personnes s’est rassemblée sur la place Tahrir dans la plus grande manifestation depuis le printemps égyptien 2011.

Un soulèvement qui avait coûté sa place au prédécesseur de Morsi, Hosni Moubarak. « Le peuple veut la chute du régime ! » scandaient les manifestants. Cette fois-ci, ce n’était plus contre un dictateur vieillissant, mais contre le premier dirigeant démocratiquement élu en Egypte en 5 000 ans d’histoire.

La plupart des Egyptiens soutiennent le mouvement. En dépit des spéculations et des appels de certains membres de l’opposition à un coup d’Etat de l’armée, ce scénario reste peu envisageable. L’opposition a néanmoins lancé l’ultimatum suivant : la démission mardi 2 juillet à 17 heures du président ou la désobéissance civile. « Mohamed Morsi a complètement perdu sa légitimité. Nous l’appelons à répondre rapidement à la volonté du peuple qui émane de tous les coins d’une Egypte révolutionnaire », a fait savoir l’opposition.

A l’heure où nous mettons sous presse, 4 membres du gouvernement avaient d’ores et déjà remis leur démission suite aux manifestations. Les ministres du Tourisme, de l’Environnement, des Communications et des Affaires juridiques et parlementaires ont annoncé leur départ en même temps, lundi 1er juillet.



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