Le marathon israélien de Barack Obama

Le président américain a insisté sur le droit d’Israël à se défendre.

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March 27, 2013 12:09
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US President Obama and President Peres at the president's residence, March 20, 2013.

Peres, Obama & kids at President's Residence 390. (photo credit: Uri Lentz/Pool)

 
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Le bruit court que Shimon Peres aurait la fâcheuse habitude de faire attendre ses hôtes entre 5 et 20 minutes. Mais quand l’invité s’appelle Barack Obama, il est en avance sur le tapis rouge. Une bataille rangée de photographes et une horde de téléphones portables braqués étaient fin prêts pour l’arrivée du président américain.

En chanson avec Shimon Peres 

En la résidence du président israélien, une chorale de 55 enfants entonnant le fameux « Heiveinu Shalom Alechem » (nous sommes venus vous apporter la paix) était là pour montrer qu’Israël comprenait le but de la visite du président et que le message était bien reçu. Fendu d’un large sourire, Obama a serré les mains tendues tandis que 5 enfants ont entonné la chanson « Demain », tour à tour en anglais, arabe et hébreu, dont les paroles expriment le désir de tous les enfants de vivre en paix.

Outre son image sur les photos, le président américain laissera de ces célébrations un message dans le livre d’or de Shimon Peres et un arbre planté. « C’est un plaisir et un honneur d’être en Israël pour réaffirmer des années d’amitié entre nos pays et nos peuples », a écrit Obama. Et en gage d’amitié, il a mis un magnolia en terre tout droit débarqué d’Amérique, l’enracinant de ses mains en terre d’Israël. Puis, dans un jeu de jambes habile, chacun ayant à coeur de laisser l’autre le précéder, les deux hommes ont approfondi leurs échanges entamés quelques heures plus tôt à l’aéroport Ben-Gourion, par le « cher ami » de Shimon Peres à l’adresse d’Obama.

Au milieu des congratulations, ils ont tout de même réussi à évoquer la menace nucléaire iranienne, la spirale de violence qui secoue la Syrie et la nécessité de relancer le processus de paix.

Certains retiendront le message d’espoir laissé par cette journée placée sous le signe de l’amitié. Shimon Peres a avoué se sentir soulagé et rassuré quant à la capacité d’Obama de comprendre la dure réalité à laquelle les Israéliens font face et s’est dit confiant en sa capacité de tirer le Proche-Orient vers le haut. D’autres, agglutinés autour de la rutilante Cadillac américaine, se seront fait des souvenirs en se photographiant aux côtés de la célèbre immatriculation « Washington 800-002 » flanquée du sceau présidentiel.

Meilleur ami d’Israël 

Place à l’humour entre Obama et le Premier ministre Binyamin Netanyahou. Lors de la conférence de presse donnée à l’issue de plusieurs heures d’entretien, les sujets qui fâchent ont été soigneusement évités. Ni implantations, ni ligne date butoir iranienne, ne sont venues troubler la bonne humeur ambiante. A l’aéroport déjà, alors qu’Obama était prié de suivre la ligne rouge pour se rendre auprès de la batterie anti-missile Dôme de fer, le président des Etats- Unis avait plaisanté sur l’obsession des lignes rouges chez Netanyahou.

A coup de Barack par-ci et de Bibi par-là, les deux hommes ont ri de concert, comparant la nouvelle coalition israélienne à une embarcation plus difficile à piloter que le monstre à deux têtes qu’est le Congrès américain.

Mais par-delà cette légèreté apparente, des messages clés ont été transmis, scellant l’amitié américano-israélienne.

Netanyahou s’est déclaré en faveur de deux Etats pour deux peuples et a dit « tendre les bras vers les Palestiniens » et espérer que « la venue du président américain aidera les deux parties à faire les compromis historiques et nécessaires à la paix ». Pour sa part, Obama a plusieurs fois mentionné le droit d’Israël à se défendre : « La situation géopolitique d’Israël est différente de celle des Etats-Unis. Je n’exigerai jamais du Premier ministre qu’il s’en remette à un autre pays pour prendre des décisions relatives à sa sécurité, même s’il s’agit de celles de son meilleur ami, et l’Amérique est bel et bien son meilleur ami. Je ne suis pas venu pour prendre les rênes à votre place, face à l’Iran. » Une façon de suggérer à l’Etat hébreu qu’il était libre d’attaquer l’Iran s’il le jugeait nécessaire. De quoi ravir Netanyahou heureux de voir qu’Obama semblait enfin réaliser qu’Israël n’est autre que l’aboutissement du rêve du peuple juif de revenir sur sa terre et qu’il revient aux Juifs d’être maîtres de leur destin. « Netanyahou a le devoir de protéger ses citoyens, de même que j’ai celui de défendre les miens », a reconnu le président Obama. Et de marteler : « C’est une obligation pour l’Amérique de se tenir à ses côtés : la sécurité d’Israël n’est pas négociable ».

Il a ensuite annoncé que 200 millions de dollars seraient alloués à la poursuite du développement des batteries antimissiles Dôme de Fer dans l’année fiscale en cours, puis que des fonds supplémentaires seraient votés au prochain Congrès. « La paix est possible uniquement si la sécurité de l’Etat juif est assurée. Un Etat palestinien n’est envisageable à sa frontière qu’à cette condition. » Enfin Obama aura su toucher Bibi droit au coeur en citant un passage des lettres de son frère, Yonathan Netanyahou, mort durant le raid d’Entebbe : « N’oublie pas que la force, la justice et la loyauté sont avec toi ». Il semblerait que les deux hommes soient à l’aube d’une nouvelle amitié et qu’avec cette citation, Barack Obama ait signé l’embellie de leurs relations.

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