Obama aux jeunes Israéliens : « Exigez la paix ! »

Le président américain a plaidé pour la solution à deux Etats, tout en réaffirmant le lien unique des Juifs à la terre d’Israël et en se rangeant résolument du côté de la sécurité israélienne.

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March 27, 2013 11:41
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Obama waving after speech in Jerusalem, March 21, 2013.

Obama waving after speech in Jerusalem 390. (photo credit: Marc Israel Sellem/The Jerusalem Post)

 
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Oubliez les politiciens. Tel était le principal message du président Obama lors de son adresse aux Israéliens, jeudi 21 mars. Ce discours était la pièce maîtresse d’une visite de deux jours en Israël, placée sous le signe de l’amitié. « En tant que politicien, je peux vous le dire : les leaders politiques ne prennent pas de risques si le peuple ne l’exige pas », a lancé Barack Obama aux quelque 1000 étudiants présents. « Vous devez créer le changement que vous souhaitez voir ».

Cette allocution d’une heure au palais des Congrès de Jérusalem contenait une bonne dose de compréhension et une petite cuillerée de reproche : tout en affirmant savoir que la paix était difficile à atteindre, le président a insisté pour qu’Israël continue d’essayer. Cette paix est nécessaire, a-t-il affirmé, car elle représente « la seule voie vers une vraie sécurité ». Et d’ajouter qu’aucun mur n’est suffisamment haut, et aucun Iron Dome n’est suffisamment puissant pour arrêter tous les ennemis.

Le président américain s’est aussi servi de l’argument démographique. Les Juifs, a-t-il rappelé, seront bientôt dépassés en nombre à l’ouest du Jourdain. Et de citer l’ancien Premier ministre Ariel Sharon : selon lui, le seul moyen pour qu’Israël demeure un Etat juif et démocratique est « la mise en place d’une Palestine indépendante et viable ». Ce qui serait aussi le moyen, a continué Obama, de changer l’état d’isolement dans lequel se trouve aujourd’hui Israël dans le monde.

Le président a également affirmé que les changements en cours dans le monde arabe rendaient la poursuite de la paix avec les Palestiniens encore plus pressante puisque « l’époque où Israël pouvait faire la paix avec une poignée de leaders autocratiques est révolue ».

Face au jeune public applaudissant et se levant à tout bout de champ, Obama a ensuite plaidé pour une paix juste.

« Mettez-vous à la place des Palestiniens, comprenez leur point de vue », a-t-il exhorté. « Il est injuste qu’un enfant palestinien ne puisse pas grandir dans son propre Etat, que chacun des mouvements de ses parents soit contrôlé par une armée étrangère. Il n’est pas juste que la violence des habitants d’implantations envers les Palestiniens demeure impunie ». Et de marteler, sous les applaudissements : « Ni l’occupation ni l’expulsion ne sont une réponse. Tout comme les Israéliens ont bâti un Etat dans leur patrie, les Palestiniens ont le droit d’être un peuple libre en leur pays ».

Un seul mot d’ordre : la sécurité

Ponctuant son adresse de phrases en hébreu (« atem lo levad » – « vous n’êtes pas seuls »), Obama a pris soin de n’évoquer un accord de paix qu’en des termes les plus évasifs, sans référence précise à un gel des implantations, aux lignes de 1967, à la division de Jérusalem ou encore aux droits des réfugiés. En revanche, il s’est fermement rangé du côté de la sécurité israélienne. Et a évoqué, avec empathie, les enfants israéliens attaqués dans « leurs chambres à coucher simplement en raison de leur nationalité et de leurs lieux de vie ».

Dans une allusion claire à l’Union européenne, Obama a ensuite exhorté tous les pays à placer le Hezbollah sur leur liste d’organisations terroristes, ce que le Vieux Continent tarde pour l’instant à décider. Le leader a ensuite enchaîné sur l’Iran, articulant sa pensée autour de l’Holocauste.

« Lorsque je pense à la sécurité d’Israël, je pense également à un peuple qui garde la Shoah en tragique mémoire et qui est aujourd’hui confronté à la perspective d’un Iran doté de la bombe nucléaire, dont le gouvernement a appelé à la destruction d’Israël. Rien de surprenant, alors, que les Israéliens se sentent menacés dans leur existence même ».

Et de se montrer plus ferme que jamais envers Téhéran : « Nous ferons tout ce que nous avons à faire pour empêcher l’Iran de se munir de l’arme nucléaire ».

De l’avis de nombreux étudiants présents, le discours d’Obama a électrisé l’assistance. Le président est arrivé sur la scène du palais des Congrès avec 30 minutes d’avance, sans se faire annoncer, alors que les hymnes américains et israéliens venaient d’être entonnés. Il y a 4 ans, lors de son discours du Caire, le dirigeant avait présenté la création de l’Etat hébreu comme la conséquence directe de la Shoah, sans mentionner le lien historique et biblique des Juifs avec la Terre sainte.

Une affirmation qui avait profondément heurté Jérusalem et qu’Obama s’est attaché à corriger tout au long de sa visite, riche en hommages à l’héritage juif. Son discours du 21 mars a donc commencé par une réaffirmation en ce sens : « Pour le peuple juif, le voyage vers la promesse d’un Etat d’Israël remonte à un nombre infini de générations. Ce voyage a été constitué d’exils, de préjudices, de pogroms et même d’un génocide. Mais le peuple juif a su, malgré tout, préserver son unique identité et ses traditions, ainsi que son désir de rentrer chez lui. Et, si les Juifs ont remporté d’incroyables succès partout dans le monde, le rêve d’une véritable liberté s’est finalement accompli à travers l’entreprise sioniste : être un peuple libre en sa propre patrie ».

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