Pas de répit dans l’immédiat

Depuis sa victoire, dimanche 6 mai, François Hollande doit déjà faire face aux attentes françaises, européennes, voire américaines

By JOSEPH STRICH
May 15, 2012 14:00
4 minute read.
Deux présidents assistaient, côte-à-côte, à la cér

SarkozyHollande. (photo credit: © Reuters)

 
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Ils étaient deux, mardi 8 mai, à assister à la cérémonie officielle de commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Deux présidents pour une seule France : Nicolas Sarkozy, président sortant après un mandat controversé de cinq ans, et François Hollande, qui endossera ses nouvelles fonctions dès le mardi 15 mai.
Traditionnellement, c’est le chef de l’État en fonctions qui participe à l’événement organisé par l’armée. Mais cette année, deux jours après le second tour de l’élection présidentielle, Sarkozy a pris le parti d’inviter celui qui restait jusqu’alors son challenger, pour déposer, ensemble, une gerbe de fleurs sur la Tombe du soldat inconnu. Une initiative saluée par la classe politique.
Le lendemain, mercredi 9 mai, se tenaient à Paris deux importantes réunions gouvernementales.
Au palais de l'Élysée, c’est un cabinet à la grise mine qui se réunissait pour la dernière fois autour du président sortant. Ultime séance de travail pour Sarkozy, ses 32 ministres et ses conseillers. Certains se sont même présentés, armés d’appareils photo, histoire d’immortaliser ces instants historiques.
De nombreux membres du gouvernement, les yeux humides, ont tenu des discours élogieux à l’égard de Nicolas Sarkozy, le félicitant pour ses actions envers eux et le pays. “Quand on aime la France, on ne peut que souhaiter bonne chance à l’équipe qui arrive”, a répondu le président. Et d’ajouter, philosophe : “On est toujours trop triste dans les défaites, et trop victorieux dans les victoires... Quand il y a du soleil on ne voit pas grand chose...
Pensez, après les législatives, à vous occuper de votre famille”.
David Douillet, ministre des Sports et ancien champion de judo, a comparé la situation du président à la sienne : “Nous sommes tous un peu orphelins. Je pense à lui : ce n’est pas facile d’arrêter sa carrière du jour au lendemain. Je l’ai vécu en tant qu’athlète à 31 ans. Il va rebondir après une petite phase de déprime.”
Quant à Frédéric Mitterrand, actuel ministre de la Culture et neveu de l’ancien président socialiste François Mitterrand (1981 - 1995) il a préféré tempérer sur le ton de la plaisanterie, déclarant que Sarkozy emportera avec lui quelques souvenirs “tels que des enveloppes et des crayons” ; tandis que Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale, précise : “Il (Nicolas Sarkozy) nous a dit de ne pas être tristes, car c’est le jeu de l’alternance démocratique.”
Après une longue période de “sarkophobie”, la France s’engage-t-elle dans une “sarkostalgie” ?, comme l’interroge le journal Le Parisien. Selon le quotidien, le président s’apprête à tourner la page, après quelques jours de vacances dans la maison de son épouse sur la Côte d’Azur. Il commencera à rechercher des bureaux dans le centre de Paris pour reprendre ses activités d’avocat.

Les Européens, les Américains et les Chinois...

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Les réactions des proches du président sortant ne sont pas les seules à déferler suite au scrutin. L’Europe s’inquiète, tout comme les États-Unis et la Chine.
Angela Merkel rencontrera Hollande pour la première fois, mardi 15 mai, juste après sa prise de fonctions officielles.
Il y a cinq ans, Sarkozy en avait fait de même.
Jusqu’à présent, le dirigeant socialiste ne s’est jamais entretenu en tête-à-tête avec la chancelière allemande.
Merkel était une fervente partisane de Sarkozy, qui appartient à la même droite politique qu’elle. Elle était même intervenue en sa faveur lors de la campagne.
A Washington aussi, on regrette la perte d’un proche allié. L’époque de “Sarko l’Américain”, comme on l’appelait en France, est bel et bien révolue. Et de l’autre côté du Pacifique on se demande si le nouveau président fera preuve de pragmatisme ou signera un idéologisme pur.
Ce qui met la Maison Blanche et Berlin en berne ? Le fait qu’Hollande souhaite renégocier le pacte budgétaire européen pour y inclure “des mesures de croissance”, en pleine crise grecque. Mais Angela Merkel a annoncé son refus et se montre inflexible sur le sujet. D’après certains spécialistes toutefois, ces fameux “éléments de croissance” pourraient trouver grâce aux yeux des dirigeants européens.
Autre mesure susceptible d’être acceptée par les Européens et par le président Obama : le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, d’ici fin 2012. Telle que proposée, la mesure n’est pas contraire aux propres objectifs du Pentagone.
Les plus inquiets restent finalement les Chinois, qui observent d’un mauvais oeil l’insistance socialiste sur le respect des droits de l’Homme. Et d’autres sujets risquent de fâcher Hollande et Hu Jintao, quand ils se réuniront en juin prochain lors du G20, au Mexique.
Notamment ceux de la non-convertibilité du yan, la monnaie chinoise, et le non-respect des entreprises du pays du soleil levant des normes environnementales.

Pas le temps de chômer


François Hollande a décidément du pain sur la planche. Quatre jours seulement après son arrivée au Palais de l’Elysée, se tiendra un sommet de l’Otan, puis le G8.
Mercredi 9 mai, dans ses bureaux de campagne avenue de Ségur à Paris, il préparait la suite. Le premier conseil des ministres pourrait ainsi avoir lieu le jeudi de l’Ascension. Au programme : premières mesures politiques, socio-économiques et surtout internationales ; et surtout prises de fonctions et composition du prochain gouvernement. Il faudra toutefois attendre jusqu’au mercredi 16 mai pour connaître la liste sacrée.
En attendant, les petites anecdotes vont bon train et les langues jasent. Julien Dray s’est vu refuser fermement, en milieu de semaine, l’entrée de la petite fête finale de l’équipe de campagne du candidat socialiste par Valérie Trierweiler. L’écologiste Cécile Duflot est pressentie au ministère de l’Ecologie, malgré les plaintes émises par ses détracteurs ; et pour habiter le fauteuil du Premier ministre, c’est le nom du député-maire de Nantes Jean-Marc Ayrault que l’on chuchote, avant ceux de la première secrétaire du PS Martine Aubry et du député Manuel Valls. François Hollande a confié avoir déjà choisi le prochain locataire de Matignon, tout comme le secrétaire général de l’Elysée. Fin du suspens mardi 15 mai.


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