Pourquoi avoir voulu la mort d’Arafat ?

Rien ne prouve qu’Israël a éliminé Arafat. Mais tout indique qu’il aurait eu toutes les bonnes raisons de le faire

By ITAMAR MARCUS ET NAN JACQUES ZILBERDIK PMW
December 4, 2012 16:05
Deceased PLO chairman Yasser Arafat

Yasser Arafat 311. (photo credit: REUTERS)

 
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Israël a-t-il tué Yasser Arafat ? C’est la question soulevée par l’Autorité palestinienne occupée à exhumer son corps la semaine dernière, afin que les enquêteurs français puissent procéder à son autopsie. A l’origine de cette soudaine interrogation, l’annonce faite par un institut suisse sur les restes d’un poison nommé polonium, trouvés sur les vêtements du défunt.

Mais la vraie question ne serait-elle pas plutôt : pourquoi Israël aurait-il voulu tuer Arafat ? Pour y répondre, penchons-nous sur le rôle du raïs à cette époque.

Etait-il juste un dirigeant politique ou un méga-terroriste à la tête de la guerre terroriste la plus systématique et meurtrière jamais endurée par Israël ? Yasser Arafat est décédé en novembre 2004, après quatre ans d’une campagne terroriste de l’AP, également appelée « seconde Intifada ». Un millier d’Israéliens avaient déjà été assassinés dans des attentats en provenance des territoires de l’AP, sous sa tutelle.

Arafat a-t-il dirigé cette campagne terroriste ? Si tel est le cas, il appartiendrait à la même catégorie que des chefs terroristes comme Oussama ben Laden et le chef du Hamas Ahmad Yassine, éliminés par les Etats-Unis et Israël, dans le cadre d’opérations de guerre contre un terrorisme judicieusement traqué par les démocraties.

Les preuves abondent, démontrant qu’Arafat était bien l’instigateur de ce type de guerre contre Israël.

Tout d’abord, l’Autorité palestinienne encourageait activement et glorifiait le terrorisme dans ses structures contrôlées par le raïs.

La télévision publique officielle de l’AP a été utilisée à maintes reprises pour appeler à tuer les Juifs au nom de l’islam. Pour exemple, Ahmed Youssouf Abou Halabiah, leader religieux palestinien, prêchait sur ses antennes : « Les Juifs sont des Juifs... il faut les abattre et les assassiner, selon les paroles d’Allah... Il est interdit d’avoir pitié dans vos coeurs pour les Juifs, en tout lieu et en toute terre... Là où vous les rencontrez – tuez-les...

N’ayez aucune pitié, assassinez-les, partout » (PA TV, le 13 octobre 2000).

De même, le religieux Dr Muhammad Ibrahim Madi : « J’ai été ravi quand un jeune m’a dit : ‘ô, Cheikh, j’ai 14 ans, et je vais me faire exploser parmi les ennemis d’Allah’... Nous les exploserons à Hadera, nous les exploserons à Tel-Aviv et à Netanya... ils ne plieront que devant la couleur du sang de leur peuple immonde. Ils ne plieront que lorsque nous nous ferons sauter de notre plein gré et volontairement parmi eux » (PA TV, le 3 août 2001).

Hier comme aujourd’hui, la télévision palestinienne reste le porte-parole officiel de l’AP.

Il est impossible que des injonctions comme celle de tuer des Israéliens/Juifs aient pu être relayées à intervalles réguliers pendant quatre ans, sans que telle soit la volonté d’Arafat.

Rendre à Arafat ce qui appartient à Arafat 

Deuxième indicateur qu’Arafat soutenait les assassinats : la façon dont l’AP rendait hommage à ceux qui réussissaient à tuer des Israéliens, y compris les terroristessuicides.

Exemple, la télévision palestinienne diffusait en boucle une chanson en l’honneur de Wafa Idris, la première femme terroristesuicide, responsable d’un mort et de plus de 150 blessés israéliens. Et en 2003, le ministère palestinien de l’Education organisait le tournoi de football Abd Al-Baset Udeh pour les jeunes de 14 ans, nommé d’après le terroriste-suicide responsable de la mort de 31 Juifs au Seder de Pessah de l’hôtel Park à Netanya. Chaque équipe du tournoi était baptisée d’après un terroriste différent (Al-Hayat Al-Jadida, le 21 janvier 2003).

Autre exemple : un tournoi de football, parrainé par ses plus hauts dirigeants, comme Arafat, Saeb Erekat, le Mufti, le ministre des Sports et autres. L’événement honorait les « martyrs de la lutte nationale palestinienne » et les équipes étaient nommées d’après 24 « martyrs », dont : Yahya Ayyash, le fabricant de bombes du Fatah ; le chef du mouvement terroriste Front Populaire pour la Libération de la Palestine Abou Ali Mustafa ; Dalal Moughrabi du Fatah, dont le détournement d’un bus a tué 37 Juifs ; et 21 autres « martyrs ».

Et ce ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres.

Arafat et l’Autorité palestinienne orchestraient activement la guerre terroriste. Pour preuve : les témoignages mêmes des dirigeants de l’AP.

En 2002, l’année où 452 Israéliens ont été assassinés dans les attentats palestiniens, Mazen Izzadin, directeur adjoint de l’Education nationale de l’AP, proclamait fièrement à la télévision palestinienne que Yasser Arafat dirigeait les événements : « Si nous voulons être sincères et ouverts, l’histoire révélera un jour que l’Intifada d’Al-Aqsa et toutes ses injonctions appartiennent au président et commandant suprême Yasser Arafat » (PA TV, le 28 mai 2002).

Ashraf al-Ajrami, ancien ministre des Prisonniers de l’AP, a même crédité le raïs de la guerre terroriste : « Le maître de la résistance est, sans aucun doute... Yasser Arafat.

Même cette Intifada, que le Hamas a tenté de s’approprier injustement, de force et frauduleusement, appartient à Yasser Arafat seul... Le plus grand nombre de prisonniers [palestiniens] font partie des forces de sécurité de l’AP [sous Arafat]. Ce sont eux qui ont porté les armes et effectué les opérations [militaires] les plus grandes et les plus importantes » (PA TV, le 29 juin 2009).

Le « nous » commanditaire 

Plus d’une fois, les dirigeants de l’AP ont souligné la stratégie de duplicité de Yasser Arafat : condamner la terreur, en façade, devant l’Occident pour dissimuler sa responsabilité et en parallèle, orchestrer et encourager le terrorisme palestinien.

Sultan Abou al-Einein, actuellement conseiller de Mahmoud Abbas, a expliqué : « Yasser Arafat condamnait les opérations martyres [c-à-d, les attentats-suicides] en des termes très sévères. Mais en même temps, il est clairement établi qu’il a financé ces opérations militaires » (Al-Qods, le 6 avril 2009).

Même l’actuel chef de l’AP, Mahmoud Abbas, a publiquement admis que ce sont Arafat et l’Autorité palestinienne qui ont commandité les meurtres. Lors d’une interview pour la télévision palestinienne, Abbas plaidait pour la libération de tous les terroristes des prisons israéliennes, disant : « Je demande [la libération] de prisonniers, parce que ce sont des êtres humains, qui ont fait ce que nous leur avons ordonné de le faire, nous - l’Autorité [palestinienne]. Ils ne devraient pas être punis tandis que nous sommes assis à la table de négociations. C’est la guerre. L’un [Israël] ordonne à un soldat de tuer, et j’ai ordonné à mon fils, mon frère, ou autres, de remplir son devoir de résistance. L’un a tué, et l’autre a tué » (PA TV, le 14 février 2005).

Abbas a admis que le « nous » – l’AP dirigée par Arafat - avait donné les ordres de tuer. Les tueurs, selon Abbas, ont simplement suivi les ordres, et « fait ce que nous, nous, leur avons ordonné de faire. » Selon Abbas, Arafat enseignait à son peuple que tuer des Israéliens, même des civils, constituait un « devoir de résistance ». Il a incontestablement été le leader de la guerre terroriste, responsable de l’assassinat de plus de 1 000 civils israéliens. Ses chefs religieux appelaient à tuer des Juifs. Ses réseaux sociaux et ses médias glorifiaient ceux qui avaient réussi à assassiner des Israéliens.

Alors, Israël a-t-il tué Arafat ? Certes, il n’existe aucune preuve à cela, mais là n’est pas la question essentielle. Ce qui compte, c’est son rôle de chef terroriste, qui ne le rend nullement différent de ceux qui ont appuyé sur la détente ou déclenché des ceintures d’explosifs.

Il est mort en 2004. Plus de 1 000 Israéliens ont été assassinés sous la tutelle de Yasser Arafat. Il ne s’agissait pas d’un simple leader politique pendant un conflit, il menait une guerre terroriste qui ciblait et tuait des civils à chaque fois que l’occasion se présentait.

Si Israël voulait l’éliminer, c’était amplement justifié.

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