Retour sur l’opération Bordure protectrice : décryptage de la situation moyen-orientale

Le dimanche 7 septembre à Nice se tenait un colloque inédit en France. Organisé par l’association Siona Côte d’Azur, cet événement majeur a réuni plus de 550 personnes au Centre universitaire méditer

By ORIANE COHEN
September 29, 2014 15:17
Retour sur l’opération Bordure protectrice : décryptage de la situation moyen-orientale

Retour sur l’opération Bordure protectrice : décryptage de la situation moyen-orientale. (photo credit: DR)

 
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Israël a connu un été chaud et pour le moins mouvementé. Pour en débattre, Rudy Salles (député, président de France Israël Sud-Est), Barnea Hassid (consul général d’Israël à Marseille), Gil Taïeb (président de l’ABSI-Keren Or, vice-président du FSJU), Frédéric Encel (docteur en géopolitique, professeur de relations internationales à Paris) et Clément Weill-Raynal (journaliste) sont revenus sur les événements récents et ont ainsi pu donner des clés de compréhension à une audience dynamique. Organisés en trois tables rondes, ces invités de marque ont décrypté et animé le débat à travers des discussions de qualité, prises de positions, et autres analyses géopolitiques.

Médias et désinformation en France, qu’en disent les spécialistes ?

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Pour l’ensemble du panel, il existe une importation évidente du conflit israélo-palestinien en France. Clément Weill-Raynal explique qu’en termes de destruction, le conflit israélo-palestinien est considéré comme un « microconflit ». Il y a donc un déséquilibre et une disproportion dans le traitement médiatique de ce conflit. Celui-ci intéresse, fascine, suscite engouements et passions, car il touche aux origines judéo-chrétiennes de l’Occident, affirme le journaliste… Toutefois, se demande-t-il, l’antisémitisme est-il provoqué par les médias ? Selon lui, la réponse est non. Il serait faux de croire que la presse est la cause première de l’antisémitisme, elle serait plutôt un indicateur, ou le reflet des idées d’une génération. Néanmoins, il reconnaît que certains journalistes militants aggravent ce phénomène… Et aujourd’hui, les pouvoirs publics l’admettent : derrière un discours antisioniste, il y a un discours antijuif latent. S’attaquer aux Juifs en France aujourd’hui, c’est s’attaquer à la République. Les manifestations débordantes de haine qui ont animé l’Hexagone ces derniers mois étaient inadmissibles, et les intervenants mettent en garde et dénoncent des élus des partis d’extrême-gauche qui appellent à la désobéissance en participant à ces rassemblements interdits.

Loin d’être idéaliste et utopiste sur le métier de journaliste, Clément Weill-Raynal regrette également que l’AFP (Agence France Presse) n’ait tiré aucune leçon de ses nombreuses erreurs passées, dues à l’utilisation de sources non fiables.
Rudy Salles lui fait écho. Selon cet homme politique ferme et engagé, « journalistes et politiques ont une responsabilité trop importante dans l’importation du conflit en France » : il dénonce la sélectivité de l’information faite vis-à-vis du conflit israélo-palestinien et appelle à l’honnêteté intellectuelle et l’intégrité de tous. La désinformation en France est à prendre au sérieux : « l’AFP est la première agence du monde arabe ! », s’exclame Rudy Salles, amusant la salle.

Bilan de l’été 2014, quelles implications et perspectives d’avenir ?

A la question « qui a gagné cette guerre ? », les avis sont partagés. Pour le diplomate Barnea Hassid, l’objectif premier d’Israël était de restaurer le calme. Selon Rudy Salles, il faut libérer le peuple de Gaza du Hamas. Pour la première fois, estime-t-il, Israël est plus crédible sur la scène internationale. Les Français commencent à être plus favorables à Israël car ils comprennent qu’en Syrie, en Libye, en Irak, ce « sont les mêmes qui posent problème » explique-t-il. Les « ennemis d’Israël sont nos ennemis » et ainsi, les condamnations contre Israël se font de plus en plus réservées.

Pour Frédéric Encel, géopolitologue réputé pour son franc-parler, aucun doute : c’est Israël qui a gagné la guerre, car il aurait pu aller bien plus loin, mais ne l’a pas fait pour des raisons morales et politiques. Et de regretter qu’aujourd’hui, Israël ait à en payer le prix sur le plan géopolitique et international. Ardent défenseur d’Israël, il clame haut et fort qu’aucun Etat ne protège sa population mieux que l’Etat juif, une situation tout à fait exceptionnelle à l’échelle mondiale.



Dans ce contexte de guerre asymétrique, le Hamas n’a pas été soutenu, même pas par la ligue arabe ! « Nous avons affaire à des fanfarons, ce sont des bouffons », s’amuse Frédéric Encel faisant rire l’audience. Pour le politologue, le Hamas pâtit de sa propre politique qui vise à heurter des civils délibérément, ce qui, en droit international constitue un crime de guerre évident. En outre, il dénonce fermement la logique anti-israélienne qui anime la commission onusienne des droits de l’homme : celle-ci, dans la continuité du rapport Goldstone, cherche constamment à écraser et montrer du doigt Israël, alors que d’autres pays font bien pire…

Frédéric Encel va même plus loin en décryptant la situation plus globale du monde arabe, en introduction à son nouvel ouvrage, Géopolitique du Printemps arabe. Sur un ton prophétique, il affirme que nous serons encore tous vivants pour assister à un phénomène nouveau : la balkanisation du monde arabe. Et pense qu’une amitié entre les pays occidentaux et l’Iran est possible à la condition de régler la question du nucléaire au préalable. Et de rappeler à la salle un fait intéressant : le premier allié d’Israël durant l’opération Bordure protectrice était l’Egypte d’al-Sissi. Ces nouveaux enjeux au Moyen-Orient sont à prendre en considération pour une analyse et un décryptage pertinent des implications de cette opération à long terme dans la région.

Des armes pour protéger, et non pour attaquer

Pour bon nombre d’experts, le Hamas serait d’ores et déjà en train de se réarmer et de restaurer les tunnels… Faut-il donc penser qu’Israël reste vulnérable ? Difficile d’y répondre une fois encore, mais le consul Barnea Hassid clame une chose sûre : la société israélienne est la seule société exposée aux tirs de roquettes continuels depuis 14 ans. La guerre est un fait imprégné dans la société civile : « Israël, c’est un peuple avec son armée et une armée avec son peuple », note ainsi Gil Taïeb. Pour le consul, la société israélienne est caractérisée par sa discipline et sa mobilisation exemplaire en temps de guerre.

Durant l’opération Bordure protectrice, les Israéliens ont accepté que le gouvernement et l’armée prennent le temps nécessaire pour restaurer le calme, quitte à en payer le prix. Quant au Dôme de Fer, Barnea Hassid y voit un acteur qui renforce la sécurité d’Israël et permet à ses citoyens de se sentir moins vulnérables.

Rudy Salles, l’ami d’Israël qui a d’ailleurs choisi d’y célébrer son anniversaire cet été, mais surtout l’élu politique, a précisé qu’il n’agirait pas différemment des élus israéliens s’il se trouvait dans leur situation. Rappelant que le député-maire de Nice, Christian Estrosi, n’a pas caché son soutien à Israël par ses différentes visites dans l’Etat juif pendant le conflit, Salles a tenu à préciser qu’Israël utilise les armes pour protéger la population et non le contraire.
En somme, un colloque fort en émotions et explications, animé par des intervenants de marque qui ont su donner les outils de compréhension nécessaires à l’audience niçoise attentive et engagée. Une première en France, un succès pour Siona, et un rendez-vous enrichissant pour les participants.


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