Turquie : pas d’élections anticipées

Le Premier ministre turc rejette l’idée d’un nouveau scrutin. 5 000 blessés, 14 jours de manifestations.

By NICK TATTERSALL ET ECE TOKSABAY
June 11, 2013 13:16
2 minute read.
Protestations contre le gouvernement à Ankara, samedi 8 juin.

P4 JFR 370. (photo credit: Dado Ruvic/Reuters)

Le mouvement ne se terminera pas par un nouveau scrutin, a martelé le Premier ministre turc. Samedi 8 juin, après 12 jours de manifestations, Recep Tayyip Erdogan s’est fermement opposé à la tenue d’élections anticipées et a appelé à la fin immédiate des protestations.

Pour Huseyin Celik, vice-président du parti pour la justice et le développement (AKP), fondé par Erdogan il y a tout juste 10 ans, les élections présidentielles et municipales se tiendront comme prévu l’année prochaine, et les élections générales en 2015.

« Le gouvernement marche sur des roulettes, il n’y a aucune raison de provoquer des élections anticipées », a fait savoir l’élu au terme d’une réunion des poids lourds du parti à Istanbul. « Le monde entier est aux prises avec la crise économique et les choses vont bien en Turquie. On n’organise pas une élection parce que des gens descendent dans la rue ».

A quelques kilomètres de là, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté en réaction à l’appel d’Erdogan pour faire cesser les protestations, investissant massivement la place Taksim, où le mouvement a éclos. Ce qui avait commencé comme une simple campagne citoyenne contre un projet de rénovation urbaine est devenu un mouvement social sans précédent contre la politique autoritariste d’Erdogan et son parti d’inspiration islamiste. Les affrontements avec les forces de police ont continué pendant le week-end, avec force canons à eau et gaz lacrymogènes. Au total, les manifestations ont déjà fait 3 morts et 5 000 blessés.

Un style autoritaire et irascible 

La place Taksim est bordée d’hôtels de luxe. Un coup dur pour le tourisme turc qui génère deux tiers de ses revenus annuels pendant la période estivale. Pour l’instant, le gouvernement ne cherche pas à évacuer les tentes de protestataires installées sur place, calculant sans doute que cela donnerait lieu à davantage d’émeutes. La place est donc jonchée de pavés, de débris métalliques et de véhicules vandalisés. Les manifestants les ont rassemblés pour s’en faire des barricades, bien que la police ait quitté les lieux depuis plusieurs jours déjà.

Le mouvement défie l’autorité d’un leader qui a bâti son autorité sur 3 victoires politiques successives. Et Erdogan semble prendre les manifestations comme un affront personnel. Des sources proches du parti AKP évoquent un sentiment d’état de siège, certains éléments influents mais hétérogènes redoutant d’exprimer publiquement leur opposition, par peur du pouvoir d’Erdogan et de sa réaction intransigeante face aux manifestations.

Le leader ne cache pas son ambition de se lancer dans la course présidentielle en 2014. Son parti pourrait encore changer son règlement interne afin de lui permettre de se présenter à nouveau au poste de Premier ministre après 3 mandats successifs. Le politicien a répété à plusieurs reprises qu’il n’avait aucune intention de prendre sa retraite, pointant les 50 % de voix obtenues par AKP lors de la dernière élection, et alors qu’il ne possède aucun rival sérieux dans son propre camp, comme ailleurs.

Populaire pour les réformes économiques qu’il a menées au sein de la Turquie, Erdogan est aujourd’hui critiqué pour son style autoritaire et irascible. Les manifestants protestent notamment contre une presse muselée, des arrestations d’opposants politiques et des mesures considérées comme une atteinte au droit de la personne, telles que des restrictions sur la vente d’alcool ou les sorties du Premier ministre contre le droit à l’avortement et à la contraception.


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