Un poids, deux mesures

L’Union européenne rêve de jouer un rôle plus actif dans le processus de paix. Cependant, ses positions ne vont pas dans le bon sens.

By ROBERT HORENSTEIN
January 9, 2013 12:00
Prime Minister with the EU Ambassador

Bibi with EU Ambassador 300. (photo credit: Marc Israel Sellem / The Jerusalem Post)

 
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Jeux de dupes. La réponse européenne à la récente décision israélienne d’approuver des plans de construction dans la zone E1, la bande de terre entre Jérusalem et Maalé Adoumim, à l’est de la capitale, était tout sauf surprenante. Mais, malgré tout, hypocrite. Les condamnations, injustes, exagérées et sévères sont tombées les unes après les autres, tandis que plusieurs gouvernements convoquaient les ambassadeurs israéliens pour les mettre en garde contre les conséquences non précisées si la construction avait lieu. Les raisons de cette vindicte ? Dans la bouche d’Alistair Burt, sous-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, cela devient : le plan E1 met en danger la viabilité de la solution à deux Etats. Burt aurait sans conteste raison de se fâcher contre tout développement sabotant une paix éventuelle. Mais la décision israélienne concernant E1 n’en fait pas partie. Et ce, parce que les Palestiniens pourraient toujours avoir un Etat contigu sur 95 % de la Judée-Samarie, même si Israël annexait E1 (plan, qui, au passage, a été pour la première fois envisagé par le défunt Premier ministre Itzhak Rabin en 1994). Si Burt et ses collègues européens étaient sincèrement inquiets de la viabilité de la solution à deux Etats, ils feraient d’abord mieux de réfléchir à leurs propres actions. Les Européens souhaitent depuis longtemps jouer un rôle plus actif dans la résolution du conflit israélo-palestinien, mais, ces derniers temps, leur action est de plus en plus néfaste à la perspective d’un compromis politique. A noter qu’aucune nation européenne, excepté la République tchèque, ne s’est opposée à la controversable initiative palestinienne devant l’ONU le 29 novembre dernier pour devenir un Etat observateur de son Assemblée générale. Le Vieux continent a avancé deux arguments pour défendre sa position : ce statut amélioré allait accélérer la solution à deux Etats et il allait renforcer Mahmoud Abbas, le modéré président de l’Autorité palestinienne, face au Hamas. Malheureusement, tous deux sont faux. Les Européens ne sont pas sans savoir qu’un accord ne se fera que par le biais de négociations directes entre les parties. Mais pourquoi Abbas siégerait-il à la table des négociations face à Israël et céderait-il le moindre lopin de terre alors que la résolution de l’ONU a déjà défini les limites du futur Etat palestinien ? 


Pire coupable ? L’Allemagne 


Plus encore, Abbas est loin de l’image modérée qu’il a en Europe. N’a-t-il pas félicité le Hamas après que le mouvement islamiste a lancé 1 500 missiles sur les civils israéliens au cours du dernier cycle de violences ? La semaine dernière, le même Abbas proclamait devant l’Assemblée générale que l’existence de l’Etat hébreu infligeait une injustice sans précédent au peuple palestinien. Cette rhétorique incendiaire ne méritait-elle pas que les diplomates palestiniens soient convoqués par les capitales européennes pour réprimande ? Si l’Union européenne souhaite réellement contribuer au processus de paix, elle devrait commencer par lutter contre les échanges commerciaux qui existent toujours entre certaines entreprises européennes et l’Iran, mentor financier et fournisseur d’armes régulier des groupes terroristes de Gaza. Pire coupable ? L’Allemagne. En 2011, ses affaires avec la République des Mollahs se sont montées à près de 4 milliards d’euros. Les cadres européens prétendent que ces marchés ne contreviennent pas aux sanctions de l’EU ou de l’ONU. Allez donc expliquer cela aux centaines de milliers d’Israéliens qui ont passé des heures entières dans les abris antimissiles au mois de novembre ! En réalité, plusieurs secteurs-clefs de l’économie iranienne, dans laquelle sont engagés des groupes européens, sont dominés par les Gardes de la Révolution iranienne, qui fournissent au Hamas la technologie nécessaire pour produire les missiles Fajr-5 capables d’atteindre Tel-Aviv et Jérusalem. Et, par son échec à mettre un terme à ses échanges économiques avec Téhéran, l’EU fait également profiter un autre client iranien, le Hezbollah. Qui, comme le Hamas, cherche à détruire Israël. On pourrait légitimement penser que l’intérêt proclamé haut et fort de l’Europe à faire progresser la paix la pousserait à couper les ponts avec ces groupes pour qui un accord israélo-palestinien relève de l’anathème. Et pourtant, sans justification aucune, le Hezbollah continue de bénéficier d’une latitude politique et organisationnelle dans toute l’Europe. En dépit de sa longue liste d’activités terroristes, y compris l’attentat de Bourgas, en Bulgarie en juillet dernier, au cours duquel cinq touristes israéliens ont trouvé la mort, l’EU refuse obstinément de mettre le Hezbollah sur sa liste d’organisations terroristes, arguant d’une absence de preuves tangibles. En quoi les mesures citées ci-dessus font-elles progresser la solution à deux Etats ? Il est peut-être temps que l’Etat hébreu convoque les ambassadeurs européens pour leur poser la question.



L’Europe tourne le dos à l’Etat hébreu

Israël devra désormais se chercher une nouvelle famille diplomatique 

Alon Liel 

Circulez, y a rien à voir. Interrogé pour savoir s’il s’inquiétait de la haine croissante envers Israël au vu de l’impasse du processus de paix, l’ancien ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman répond avec brusquerie : « Nous sommes européens ». Trois mots qui résument parfaitement la politique étrangère israélienne pendant son mandat. Contrairement à ses prédécesseurs qui ont cherché à cultiver des liens avec les voisins de l’Etat hébreu, Liberman considérait qu’il s’agit-là d’une perte d’énergie diplomatique. Le Proche-Orient demeurera à jamais inaccessible, pensait-il. Dans son optique, l’Europe était le foyer d’Israël. Qualité de vie, valeurs démocratiques et niveau de progrès y sont similaires. C’est pourquoi il a fait du Vieux continent l’arène diplomatique israélienne, en dépit de la distance géographique. Une nouvelle politique qui a porté ses fruits. Les relations de l’Etat juif avec l’Europe occidentale se sont stabilisées et considérablement enrichies. Ce qui s’est notamment perçu en novembre dernier, lorsque les grandes puissances ont assuré les arrières diplomatiques d’Israël lors de l’opération militaire dans la bande de Gaza. Jérusalem s’en est même mieux sortie côté est-européen. Plusieurs pays d’Europe orientale sont devenus de proches amis, évitant presque toute critique de la politique israélienne face aux Palestiniens, même lorsque leurs voisins occidentaux donnaient largement de la voix. Cette orientation européenne d’Israël a tenu bon jusqu’au 29 novembre. Ce jour-là, la moitié du continent a soutenu l’initiative unilatérale palestinienne pour obtenir le statut d’observateur à l’ONU, et l’autre moitié s’est abstenue. Parmi les plus grandes déceptions de l’Etat hébreu : la Grèce et Chypre, pour qui l’Etat juif a fait énormément en matière d’assistance et, bien entendu, la France, la plus grande nation européenne à voter pour « la Palestine ». Seul rayon de lumière ? La République tchèque, qui s’est opposé à la tendance internationale. 

Fin d’idylle

 Le gouvernement israélien a perçu le vote européen comme une trahison : la famille démocratique tournait le dos à la seule démocratie du Proche-Orient. Et Jérusalem de répliquer par l’annonce des plans de construction au-delà de la Ligne verte à Jérusalem-Est et dans la très controversée zone E1. La lune de miel européenne de Liberman prenait brutalement fin. Le Vieux continent a condamné les plans dans les termes les plus virulents, signalant qu’il perdait patience face à Israël. Cette érosion des relations n’aurait d’ailleurs pu avoir lieu sans la bénédiction de Washington. Les Européens savent lire les messages codés d’outre-Atlantique et cette fois-ci, le message était : réprimandez donc. Mais il fallait également lire un second sens dans les fermes condamnations européennes. Au bout du compte, aux yeux de l’Union européenne, Israël ne fait pas partie du même continent. Au contraire, pour Bruxelles, la place de l’Etat juif est au Proche-Orient, aux côtés d’un Etat palestinien indépendant. Pire : pour les Européens, les critères israéliens en matière de droits de l’Homme, visibles au travers de l’occupation continue du peuple palestinien, sont totalement inacceptables. Quelles conséquences pour Jérusalem ? Liberman (s’il redevient ministre des Affaires étrangères) ne se tournera pas vers le Proche-Orient car il ne croit pas en sa capacité de soutien. En lieu et place, la diplomatie israélienne continuera de chercher à se faire un nid sur d’autres continents. La géographie n’est pas un obstacle ; le village planétaire devient tous les jours un peu plus accessible. Après avoir perdu l’Europe, Israël partira donc à la recherche d’une nouvelle famille : l’Amérique du Nord, voire même l’Extrême-Orient. A 64 ans d’existence, l’Etat hébreu continue donc sa quête d’une place au soleil en dehors du Moyen-Orient. Seule question : comment réagira le monde arabe, lui qui, comme Liberman, continue de penser qu’Israël n’a pas sa place dans la région ? 

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