Une ligne rouge, oui, mais de Téhéran à Ramallah

De la nécessité de fédérer les pays musulmans modérés contre l’Iran

By AMI AYALON
October 10, 2012 16:14
3 minute read.
La fameuse trace rouge qui entrera dans l'histoire

Ligne rouge p10 521. (photo credit: Reuters)

 
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En apparence, les allocutions du Premier ministre Binyamin Netanyahu et du leader palestinien Mahmoud Abbas à l’ONU portaient sur des sujets tout à fait distincts : d’un côté, la nécessité d’endiguer le programme nucléaire iranien ; de l’autre, l’urgence de mettre un point final à l’occupation israélienne et de créer un Etat palestinien. Toutefois, aucun des deux hommes n’a pensé à tracer une ligne entre ces deux questions qui leur tiennent à coeur, un trait d’union qui devrait faire progresser les causes des deux parties.

Netanyahou et Abbas ont dépeint un tableau sombre, criant de vérité pour chacun d’eux. Mais ils ont échoué à jeter les bases d’une voie vers un avenir meilleur pour leurs peuples respectifs, et dans la foulée, pour le Moyen-Orient.

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Les deux leaders s’adressaient à leurs concitoyens, aussi bien qu’à la communauté internationale.

Entre les lignes, ils ont prévenu qu’à défaut d’une intervention à l’échelle mondiale, d’autres mesures draconiennes seraient prises ou pire, la violence pourrait éclater.

Tous deux ont utilisé les catastrophes nationales respectives de leurs peuples pour intimer au monde d’agir. Abbas, évoquant la Naqba (le déplacement des Palestiniens suite à la guerre de 1948), n’a pas hésité à affirmer qu’“Israël promet au peuple palestinien une nouvelle catastrophe, une nouvelle Naqba”.

Netanyahou a rappelé qu’une ligne rouge doit être définie pour stopper le programme nucléaire iranien. Rappelant le déni de la Shoah de Téhéran, il a scandé que, justement parce que le monde n’a pas su tracer de ligne rouge dans les années 1930, ont coulé les bains de sang de la Seconde Guerre mondiale.

Sur l’estrade, le Premier ministre a alors littéralement tracé une ligne rouge en haut de l’esquisse d’une bombe pour bien illustrer le point où, selon lui, l’enrichissement de l’uranium iranien doit cesser.

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L’autre ligne rouge

Il aurait pu tout aussi bien dessiner ce même trait rouge sur une carte reliant Téhéran à Ramallah.

Parce que pour s’attaquer au programme nucléaire du régime des Mollahs, les Etats- Unis doivent créer une coalition internationale bien plus large que celle déjà existante.

Une coalition qui inclurait les pays modérés arabes et musulmans, notamment l’Egypte, l’Arabie Saoudite et la Turquie, et qui apaiserait les tensions entre les mondes occidental et musulman.

Cependant, les peuples - de plus en plus forts - de ces pays du Moyen-Orient ne laisseront pas leurs leaders rejoindre une coalition sous commandement américain sans avoir vu des signes évidents de progrès vers la résolution du conflit israélo-palestinien et la création d’un futur Etat palestinien.

Pour la rue arabe, c’est le test primordial de la crédibilité des Etats-Unis. C’est pourquoi il faut que renaissent la confiance en un Israël sincère et l’espoir en une fin heureuse au conflit.

Et, pour restaurer confiance et espoir, et garantir à Israël un avenir de patrie sûre et démocratique pour le peuple juif, Netanyahou doit faire davantage que de vanter le caractère ouvert et innovant de l’Etat juif dans des discours à l’ONU. Il doit réaffirmer son engagement pour la solution à deux Etats.

Plus encore, il doit le prouver en prenant des mesures concrètes qui installeront peu à peu une réalité de deux Etats pour deux peuples. Ainsi, le monde pourra former une coalition uniforme et soudée pour lutter contre programme nucléaire iranien et les forces de l’Islam radical.

Un tel message de Netanyahou ferait naître un sentiment de progrès et d’espoir, qui faisait cruellement défaut dans les deux allocutions à l’ONU, et ne pourrait qu’encourager les Etats arabes modérés à se joindre à un bloc anti-iranien.

Des mesures constructives, en lieu et place d’une rhétorique négative, augmenteraient considérablement l’influence d’Israël dans la région.

Mais dans son discours de l’ONU, Netanyahou a choisi d’ignorer le lien entre le conflit israélo-palestinien et l’efficacité d’une coalition antiiranienne.

S’il avait choisi de tracer une ligne rouge depuis Téhéran jusqu’à Ramallah, il aurait pu être celui qui pose la première pierre d’un Israël plus sûr et un Moyen-Orient plus stable.

L’auteur est un ancien membre du Shin Bet, les services israéliens de sécurité intérieure.

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