Une trahison programmée

Par leur conformisme de classe, leur élitisme et leur mépris chevillé au corps, ces gens-là auront participé au délitement de la nation.

By PIERRE-HENRI WEBER
February 6, 2013 13:16
2 minute read.
FRENCH PRESIDENT François Hollande 370

FRENCH PRESIDENT François Hollande 370. (photo credit: REUTERS)

 
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Je vous écris du pays des yeux fermés et des bouches closes. Un pays au passé si radieux qu’on le disait terre de grandes promesses. Hélas : les soldats de l’an II l’ont depuis longtemps déserté. Sont arrivés en revanche, et en masse, les bobos mondialisés d’une planète proclamée « village global ». Heureux « branchés » d’un pays où discours et réalité ne coïncident plus. Où la novlangue des élites enjoint chacun à dire son amour du multiculturel, de la mixité, du brassage ethnique et du « vivre ensemble », cette douce niaiserie adressée au peuple français supposé raciste comme l’on sait.

Croyantes mais pas pratiquantes en la matière, les élites, elles, usent plutôt de l’« entre soi » : ségrégation sociale, ségrégation spatiale et évitement scolaire pour faire en sorte que sa progéniture n’atterrisse dans un collège par trop « multiculturel ». Traduction : fréquenté par « trop » de Noirs et de Maghrébins.

Cet éloge du « multiculturel », les élites de France le prônent pour les classes populaires en se l’épargnant pour ellesmêmes.

Leurs mérites sont innombrables comme leur sens du copinage. Le quotidien Le Monde en offre même un exemple émouvant de naïveté avec son supplément littéraire devenu depuis peu une revue de copains (progressistes à l’évidence), où l’on pratique l’entre soi entre gens de bien et gens bien, entre universitaires chics et éclairés. Comme leurs papas.

Dans le numéro du 4 janvier 2013, par exemple, une page entière était réservée au dernier livre d’Olivier Wieviorka consacré à la Résistance française. Il ne s’agissait pas d’une recension, seulement d’extraits de l’ouvrage. Une franche page de publicité eut mieux fait l’affaire pour nous convaincre que l’on avait affaire à un « grand historien », type Philippe Ariès ou Georges Duby. Ce n’est même plus nécessaire dans ce monde de réseaux qui fait la bien-pensance.

Ces progressistes-là, depuis des décennies, écrasent les classes populaires de leur mépris. Elles les relèguent dans la sphère de la « franchouillardise ». En retour, cette « gauche » là est désertée par un « peuple » jadis porté aux nues. Et que l’on qualifie aujourd’hui qu’il « vote mal » (ou plus du tout) de « raciste » ou de « fasciste ».

Il se trouve, hélas, que de nombreux intellectuels juifs (d’une judéité souvent fantôme) ont participé à ce rejet d’une nation française assimilée à un patriotisme attardé. Cela nous sera compté un jour. Obscurs Juifs de Sarcelles et du XIXe arrondissement de Paris, vous paierez l’addition laissée par ces élites. Par cette bourgeoisie israélite qui, comme les autres, n’a rien compris à la souffrance des classes populaires juives. Qui vit dans des quartiers protégés et fréquente de « bonnes écoles ». Et ne se demande plus guère, sauf en termes d’imprécation (« fasciste ! »), pourquoi dans ces zones de France sinistrées par le chômage, l’ultra-gauche « bobo » fait à peine 3 à 4 % des voix et le Front National, parfois, près de 40 % (comme à Hénin-Beaumont, dans le Nord, en 2012).

Par leur conformisme de classe, leur élitisme et leur mépris chevillé au corps, ces gens-là auront participé au délitement de la nation.

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