Visite de Kerry : statu quo

Les efforts du secrétaire d’Etat américain ne débouchent pas sur une reprise des négociations.

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July 3, 2013 16:18
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Le secrétaire d'Etat John Kerry refuse de s'avouer vaincu

P6 Kerry JFR 150. (photo credit: Reuters / Jacqueline Martin)


Un marathon de 72 heures. Au terme de 3 jours de visite, alternant les rencontres avec le Premier ministre Binyamin Netanyahou et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a assuré que « de réels progrès » ont été réalisés entre les deux camps. Il s’exprimait dimanche 30 juin devant les journalistes, juste avant de reprendre l’avion à l’aéroport Ben-Gourion.

Des sources de part et d’autre se sont dites sceptiques quant à une reprise de négociations israélo-palestiniennes.

Mais le diplomate s’est au contraire affirmé convaincu du désir sincère de progresser entre Jérusalem et Ramallah.

« Netanyahou et Abbas ont passé des heures à élaborer une terminologie, des idées et des mesures avec leurs équipes.

Ceci me persuade qu’ils ont réellement envie de réussir », a déclaré Kerry. Optimiste, il a néanmoins rappelé que la patience était cruciale et a refusé de dévoiler plus de détails sur le contenu des réunions. « Nous sommes tous d’accord pour dire que le meilleur moyen de protéger les efforts déployés est de ne pas laisser échapper des idées et des possibilités, que chacun se mettrait immédiatement à évaluer et à analyser », a-t-il justifié.

Au même moment, le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat faisait entendre un son de cloche radicalement différent. « Les Israéliens sont responsables de l’échec de ces dernières tentatives », a-t-il affirmé. « Le gouvernement israélien doit décider s’il veut vraiment la paix ou s’il veut continuer à blâmer les Palestiniens, encore et encore ».

De son côté, Netanyahou a laissé entendre que l’Etat hébreu était prêt à revenir à la table des négociations sans préconditions. « Nous ne créons aucun obstacle au renouveau des pourparlers et à un accord de paix entre nous-mêmes et les Palestiniens », a martelé le Premier ministre.

Lors de sa conférence de presse, Kerry a tout même noté qu’un certain nombre de concessions doivent être réalisées : « Il y a des obstacles, mais nous nous employons à les résoudre ». Interrogé sur un éventuel calendrier de retour aux négociations, le diplomate a botté en touche.

« On ne va pas créer de gros titres artificiellement. C’est une grave erreur ».

Plusieurs collaborateurs de Kerry demeurent sur place pour prolonger les efforts américains. Le secrétaire d’Etat a lui-même promis de retourner dans la région dès que Netanyahou et Abbas en exprimeraient le désir.


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