le terrorisme au grand jour

« Nous sommes les fils de la Oumah, le parti de Dieu à l’avant-garde duquel Dieu a donné la victoire en Iran » – Manifeste du Hezbollah en 1985.

By
July 30, 2013 17:34
Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, entouré de ses gardes du corps.

P8 JFR 370. (photo credit: Sharif Karim / Reuters)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user experience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section
  • Content from the award-winning Jerusalem Report and our monthly magazine to learn Hebrew - Ivrit
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again


A près trente ans d’hésitation, l’Union européenne s’est contentée de mettre la branche armée du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes. Et la responsable des relations extérieures de l’UE, Catherine Ashton, s’est empressée de préciser que le dialogue avec le Hezbollah allait se poursuivre. Façon de dire que, pour les Européens, il s’agit d’un parti politique qui s’est fourvoyé en se donnant une branche armée mais qui, gentiment sermonné, peut rentrer dans le droit chemin.

Qui se souvient, à Bruxelles, que c’est l’Iran de Khomeiny qui a créé cette organisation au début des années quatre-vingt du siècle dernier, dans le but d’exporter par la terreur sa révolution islamique à travers tout le Moyen-Orient – en d’autres termes d’établir un régime chi’ite sous domination iranienne ? Le manifeste que publie le Hezbollah en 1985 le dit bien : « Nous sommes les fils de la Oumah, le parti de Dieu (Hezb Allah) à l’avant-garde duquel Dieu a donné la victoire en Iran, où elle a pu jeter les bases d’un état musulman jouant un rôle central dans le monde. Nous obéissons aux ordres de notre chef, juste et sage Ruhollah Khomeiny. » On ne peut être plus clair.

Directement inspirée de Khomeiny, l’idéologie du mouvement est sans ambiguïté : l’islam, et lui seul, doit commander l’attitude des pays et des individus. Nationalisme, libéralisme et droits de l’homme n’ont pas place dans cet univers hostile à la démocratie. Le Coran est source et référence à la fois. Et sur la base du Coran l’organisation appelle ouvertement à la destruction d’Israël et se bat contre ce qu’elle appelle « l’entité sioniste » ; d’ailleurs son nom est tiré de certains des versets les plus durs qui interdisent la fréquentation des juifs – et des chrétiens – car le jour du Jugement dernier seuls les partisans (Hezb) de Dieu verront les portes du paradis s’ouvrir devant eux. Voir notamment la sourate La table, verset 55, et La plaidoirie, verset 22, dans le texte arabe.

A la botte de Téhéran 

C’est à partir de transfuges d’une autre formation chiite, Amal, que se constitue le Hezbollah lors de l’intervention israélienne au Liban. L’Iran, qui a bien vu que cette situation, lui offre l’occasion, non seulement de promouvoir au pays du Cèdre une république islamique sous la houlette du Hezbollah, mais encore de disposer d’une tête de pont dans la région et s’empresse alors de dépêcher des centaines de gardes révolutionnaires pour entraîner et former cette nouvelle milice.

Bientôt, le Hezbollah va lancer – souvent sous des noms d’emprunt – des opérations terroristes contre les occidentaux – des prises d’otages à de sanglantes attaques telles celle perpétrée contre le quartier général des Marines américains à Beyrouth qui fera 240 morts, et contre les troupes françaises, tuant 63 soldats. Les uns et les autres se trouvaient là pour mettre un terme à la guerre civile qui ensanglantait le pays.

Parallèlement le Hezbollah commence sa lente ascension vers le pouvoir. Le parti Amal est affaibli. Fort de l’appui de la Syrie et du soutien massif de l’Iran en armes, munitions et financement, le Hezbollah constitue désormais la milice armée la plus puissante du pays ; il est aussi auréolé de la gloire d’avoir combattu Israël. Une gloire qui dépasse les frontières du Liban et englobe tout le Moyen-Orient.

Le rapprochement entre la Syrie et l’Iran intervenu après la guerre du Golfe va permettre un approvisionnement régulier en matériel militaire sophistiqué iranien transitant par le territoire syrien. Procédant par coups de force et intimidation, le Hezbollah devient un état dans l’état qui se permet d’affronter l’armée. Des dirigeants chrétiens et sunnites commencent à s’inquiéter devant ce qu’ils perçoivent comme une menace pesant sur l’indépendance et l’intégrité du pays.

La question des armes dont dispose l’organisation et de ses liens avec l’Iran devient la préoccupation numéro un des Libanais et le principal sujet de discussion du « Dialogue national » qui cherche à trouver un équilibre entre les multiples communautés ethniques et religieuses du pays.

Opérations terroristes tous azimuts 

Toujours aux ordres de Téhéran, le Hezbollah se lance dans des opérations terroristes tous azimuts : établissement d’un réseau terroriste dans les pays du Golfe, où Bahreïn va bientôt proclamer la milice chiite organisation terroriste ; réseaux aussi au Pakistan, en Amérique latine et en Europe, toujours dans le but de promouvoir la révolution islamique.

En Amérique latine, l’organisation, qui n’hésite pas à se lancer dans le lucratif commerce de la drogue pour financer ses activités, va organiser des opérations spectaculaires. Attaque contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires en 1993 et, trois ans plus tard, l’effroyable attentat contre les bâtiments de la communauté juive de la ville, faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés.

Ces attaques contre Israël se poursuivront après le retrait total des troupes israéliennes du territoire libanais. Tirs de missiles de type Katioucha contre des populations civiles, raids, kidnapping de soldats en territoire israélien, tentatives de créer un réseau terroriste à l’intérieur du pays. Ce qui aboutit à la seconde intervention israélienne au Liban en 2006, au cours de laquelle, pas moins de 3 500 missiles s’abattent sur le nord d’Israël.

En 2009, c’est l’Egypte qui découvre avec stupeur l’existence d’un réseau terroriste sur son sol : le but était de fomenter des désordres dans la péninsule du Sinaï et dans la zone du canal pour affaiblir le régime de Moubarak, qui avait pris la tête du front des pays arabes pragmatique contre l’Iran.

Et l’ascension du Hezbollah au Liban se poursuit. En 1992, le Mouvement réussit à faire élire neuf de ses membres au parlement, devenant ainsi partie prenante au jeu politique. Il forme une alliance avec les restes du parti Amal, et de façon plus étonnante, avec le parti du très chrétien général Aoun.

La victoire de l’Islam radical 

En 2005, il est impliqué dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafik Hariri, déclenchant des condamnations internationales unanimes. La cour pénale internationale créée pour découvrir les auteurs du meurtre lance un mandat d’arrêt contre quatre membres de l’organisation – laquelle refuse d’obtempérer. Elle refuse également de respecter les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité qui demandent qu’elle soit désarmée – y compris la résolution 1701 qui met fin à la seconde guerre du Liban. Elle sait que c’est la puissance de sa milice qui la rend intouchable.

En 2009, le Hezbollah et ses alliés obtiennent 57 sièges au parlement, tandis qu’une coalition de sunnites, de druzes et chrétiens obtient 71 sièges, soit une majorité absolue. Menaces et épreuves de force font leur effet, et l’organisation et ses alliés demandent et obtiennent un tiers des postes ministériels. Cela ne leur suffit pas : ils font tomber le gouvernement de Saad Hariri.

Mikati, qui lui succède, leur accorde 18 ministres sur un total de 30, mais renonce rapidement à gouverner et démissionne. Salam Tamam, nommé Premier ministre il y a quelques mois, n’a toujours pas réussi à former un nouveau gouvernement. Le Liban est alors plongé dans une crise politique qui menace son intégrité et sa stabilité.

Les attaques terroristes à l’étranger se multiplient – de la Thaïlande à la Turquie, à Chypre et en Azerbaïdjan. Pourtant l’Union européenne se refuse toujours à qualifier l’organisation de terroriste. Même le sanglant attentat de Burgas, perpétré en Bulgarie, pays membre de l’Union, ne parvient pas à la décider.

Il va falloir l’intervention massive des militants du Hezbollah aux côtés d’Assad en Syrie pour que l’Union européenne comprenne qu’elle ne pouvait plus se voiler la face. Enfin pas tout à fait, puisqu’elle s’est contentée de mettre la branche armée du Hezbollah sur la liste des organisations terroristes, sans se donner la peine de se demander qui donc donnait des ordres à cette branche armée.

Face à al-Qaïda, mouvement terroriste sunnite, le Hezbollah chiite tout aussi meurtrier est aux ordres de son patron, l’Iran. En refusant de reconnaître sa nature terroriste, l’Union européenne offre une belle victoire à l’Islam radical et fait la preuve que l’Europe n’est pas prête à l’affronter ouvertement.

Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL