Les attentats du lundi 10 novembre vus par la presse française

Les Israéliens assassinés sont, pour les médias français, les dernières victimes en date d’une violence latente depuis cet été qui explose ces dernières semaines

By JOSEPHA BOUGNON
November 19, 2014 12:35
3 minute read.
Des secouristes nettoyant la scène de l'attentat à Tel Aviv le 10 novembre

Des secouristes nettoyant la scène de l'attentat à Tel Aviv le 10 novembre. (photo credit: DR)

Le traitement qu’a fait la presse française des assassinats du 10 novembre  est, fait assez rare pour être noté, peu marqué par les clivages politiques.

Si les grands titres de la presse nationale ont consacré au moins un article de fond à la situation sécuritaire israélienne, on ne peut en dire autant des quotidiens régionaux. La majorité, dont Ouest-France, se sont contentés de publier la dépêche fournie par l’AFP.
Les journalistes s’attachent à souligner le contexte d’escalade des tensions depuis quelques semaines. Sud Ouest parle d’un « climat de violences exacerbées », Le Monde évoque « une spirale de violences qui a pris de l’ampleur depuis juin » et Le Télégramme note « un brutal regain de tensions marqué par de nouveaux assassinats anti-israéliens ». Pour Le Point, ces « deux attaques accentuent encore le cycle des violences dans les Territoires palestiniens et en Israël ». S’en suit un rappel des violences ayant émaillé ces dernières semaines, des émeutes quotidiennes à Jérusalem-Est aux attentats à la « voiture bélier ». Beaucoup font remonter le début des heurts à l’opération Bordure protectrice cet été. Depuis, « les jours se suivent et se ressemblent en Israël » (Le Parisien – Aujourd’hui en France).
Pour les médias français, l’attentat de Tel-Aviv semble marquer un tournant, une globalisation de la crise. Jusqu’alors confinée à Jérusalem-Est, elle devient nationale. Selon Le Figaro, « ces incidents font redouter un embrasement plus large ».
Plusieurs articles soulignent « le sentiment d’insécurité qui s’est considérablement renforcé chez les Israéliens » et ce, malgré l’accroissement de mesures de sécurité « déjà musclées » (Sud Ouest). Le Monde fait valoir « l’impuissance des autorités à juguler cette vague de violences spontanées », quand Libération assène que « les terroristes isolés sont la nouvelle hantise d’Israël ». En effet, le caractère inédit du « mode opératoire des agressions au couteau » (Le Parisien – Aujourd’hui en France) rend ces attaques « quasiment imparables » : « elles ne peuvent être anticipées par les services de sécurité » (Libération).

Un sujet rapidement éclipsé

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Si, en Israël, « les éditorialistes manient la comparaison avec précaution », comme le relèvent Sud Ouest et Midi Libre, les journalistes français ne se privent pas d’agiter le spectre de l’intifada. Ainsi Le Télégramme titre son article « Proche-Orient, les risques d’une nouvelle intifada » et le termine par une prophétie pessimiste : « Une conflagration générale n’est pas inévitable, mais elle est fort possible ! »
Quant au Figaro, pour qui « le meurtre de deux Israéliens […] a ravivé lundi de bien douloureux souvenirs », il titre également : « Israël redoute une nouvelle intifada », et annonce : « L’incendie qui couve depuis 4 mois dans les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est semble prêt à se propager ».
Certains journaux se sont démarqués dans leur traitement des assassinats. Libération a salué les propos et l’attitude d’apaisement du président, qui « multiplie les gestes d’ouverture à l’égard des citoyens arabes d’Israël ». Le Monde, au ton habituellement assez neutre, a vivement critiqué la gestion de crise de Netanyahou, qui serait influencée par la campagne pour les élections primaires du Likoud. Il reproche notamment au gouvernement de tomber dans « la surenchère verbale, qui s’exprime contre les terroristes, l’Autorité palestinienne […] et quiconque manifeste son hostilité à l’égard de la droitisation et de la fuite en avant sécuritaire du gouvernement ». Quant au journal L’Humanité, il évoque à peine les attentats (uniquement pour fustiger la destruction des logements des terroristes, politique qualifiée de « punition collective ») et consacre un papier de deux pages à la « résistance palestinienne ».
Le sujet a été rapidement éclipsé des journaux français, notamment par l’annonce, mercredi 12 novembre, de l’approbation municipale d’un projet de construction de 200 logements à Jérusalem-Est.


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