Adloyada, dadi dada

La gigantesque parade de Pourim à Holon fête ses 21 ans cette année. Et promet d’être encore plus réussie que l’année passée.

By
February 19, 2013 13:39
Planning for the Adloyada begins in Holon

Planning for the Adloyada begins in Holon. (photo credit: Eli Ne’eman)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user uxperience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section and our monthly magazine to learn Hebrew, Ivrit
  • Content from the award-winning Jerusalem Repor
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later Don't show it again

Holon a changé. Bâtie au milieu des années 1950, cette ancienne ville austère s’est métamorphosée en une vibrante citée culturelle et artistique. Celle qui était connue pour être « les sables du sud », accueille aujourd’hui un musée du design réputé – le seul au Moyen-Orient –, une école de design, un musée pour enfants, un musée interactif de la science, un centre des arts digitaux, un musée du dessin animé, parmi l’un des rares au monde, un musée de l’histoire, un certain nombre de galeries d’art de premier plan et un centre de marionnettes. Oui, vous avez bien lu : un centre de marionnettes, avec un musée, une école de marionnettistes et un festival international.

101 ans de tradition 

Holon accueille également la plus grande parade de Pourim du pays. Un événement annuel lancé modestement mais devenu aujourd’hui une fête bruyante, colorée et de plus en plus importante, répondant au nom d’« Adloyada ». Tout comme Rio a son Carnaval, la Nouvelle-Orléans son Mardi Gras et l’Ecuador sa Fiesta de la Flores y las Frutas, Israël a ses fêtes de Pourim, célébrées à Tel-Aviv pour la première fois, il y a 101 ans. Tout commence quand Avraham Adelma, acteur et professeur d’art au Gymnasium Herzliya (un lycée de Tel-Aviv comme son nom ne l’indique pas), décide que la nouvelle cité juive mérite quelque chose de neuf et de festif pour Pourim. « Au départ, nous l’appelions seulement une procession », écrit-il dans son journal. « J’ai regroupé tous les élèves d’Herzliya par trois. A leur tête, un élève déguisé en Mordechaï caracolait sur un cheval blanc. Un autre élève, habillé en Aman, guidait le cheval. Il y a avait aussi d’autres personnages : Esther, vêtue richement, le gros Assuérus, et d’autres héros du livre d’Esther ».

Bien entendu, la ville de Tel-Aviv ayant été fondée seulement 3 ans auparavant sur des dunes de sable, la parade n’a pas pu emprunter une longue route pavée. Il n’y avait en réalité qu’une seule rue centrale à l’époque et la procession n’a parcouru que 350 mètres depuis le lycée Herzliya jusqu’à la rue Herzl. Cela n’a pas empêché des centaines d’enfants en costumes colorés de les accompagner, un orchestre de jouer, de rudimentaires poupées géantes de flotter dans les airs et des résidents de Tel-Aviv de venir assister au spectacle en grand nombre.

Le maire de la ville, Méïr Dizengoff, a vu dans l’événement un succès, et insisté pour qu’Adelma renouvelle l’opération l’année suivante, assorti d’un budget plus conséquent. Une tradition était née.

Poura ou Pourimon ? Non : Adloyada ! 

Au fil des ans, les parades menées par un Dizengoff à cheval deviennent de plus en plus spectaculaires. Dans les années 1930, un thème est lancé chaque année. En 1932, la ville organise un concours d’idées pour nommer l’événement.

Des centaines de termes sont proposés, parfois par des auteurs de premier plan. Shaoul Tchernichowski propose « Estorat », Chaïm Nahman Bialik « Poura » et Avraham Shlonsky imagine le nom de « Tzahalola », à partir du mot « tzahal » (célébration). D’autres ont pensé à « Pourimon », « Tel Avivon », « Hinga Por » ou « Tahaluhon ».

Mais c’est le célèbre écrivain Isaac Dov Berkowitz qui remportera le concours avec le terme « Adloyada », composé à partir de l’injonction talmudique à boire du vin pendant Pourim ad d’lo yada (jusqu’à ce que plus personne ne fasse la différence entre les slogans « Béni soit Mordechaï » et « Maudit soit Aman »). L’Adloyada grandit et gagne en notoriété au point d’attirer les touristes et les journalistes étrangers.

Mais la parade est rattrapée par l’Histoire. Entre la persécution des Juifs en Allemagne, la seconde guerre mondiale, la Shoah, la lutte pour l’indépendance israélienne et les énormes défis à relever pour bâtir la nation, les habitants de Tel-Aviv ont d’autres chats à fouetter. L’Adloyada est suspendue à la fin des années 1930 et deviendra peu à peu un souvenir lointain. Jusqu’à ce jour de 1992, à Holon.

La symphonie des jouets

D’autres villes tiennent également des parades, mais la fête de Holon est aujourd’hui considérée comme le principal événement de Pourim du pays. L’année dernière, la procession célébrait les 100 ans de l’Adloyada et ses 20 ans à Holon. Beaucoup se demandent s’il sera possible de surpasser l’éclat déployé alors par les organisateurs, mais ces derniers promettent une parade 2013 encore meilleure.

« Ce sera une immense Adloyada, avec 10 poupées géantes et 5 expositions mobiles », assure Eran Fisher, directeur artistique du show. « Chacune des poupées flottantes aura sa propre scène mobile avec des acteurs et une mise en scène. Au total, nous aurons 5 000 participants, dont la moitié est issue de Holon, avec des compagnies de danse et des gens issus de la chaîne de télévision Nickelodeon.

Les danseurs viennent de tout le pays, de Kiryat Shmona jusqu’à Beersheva, car ils savent bien que c’est la plus grande Adloyada d’Israël. C’est un immense festival qui grandit tous les ans ».

Cette année, l’événement prendra place dimanche 24 février à midi. Son thème : « La Symphonie des jouets ».

Parmi les attractions qui attendent les spectateurs : un gigantesque concert mobile avec danseurs et musiciens ; une locomotive de jouets recouverte de plus de 20 000 fleurs ; un immense « Angry-bird » (popularisé par des jeux sur Smartphones), des poupées géantes de Pinocchio et Geppetto, accompagnées par 10 marionnettistes, et un immense échiquier inspiré des récentes élections, avec les députés Tzipi Livni, Yaïr Lapid, Arié Deri, Avigdor Liberman, Naftali Bennett et Amir Peretz, tandis que le Premier ministre Binyamin Netanyahou et la présidente du parti travailliste Shelly Yachimovich seront représentés en roi et reine.

Pour accompagner les poupées flottantes, il y a aura des acrobates, des danseurs, des skateurs, des artistes de rue, des fanfares, des pyrotechniciens et des pourvoyeurs d’effets spéciaux.

Un gigantesque chantier

La responsabilité de concevoir, dessiner et construire les gigantesques poupées repose sur les épaules de Tzipi Yifat, experte nationale en design carnavalesque. « Je travaille sur l’Adloyada de Holon depuis 21 ans. J’étais là depuis le début », raconte-t-elle.

Comment arrive-t-on à son métier si particulier ? Tout a commencé pour Yifat, qui est née et réside toujours dans un mochav près de Kfar Saba, lorsqu’elle a épousé un Israélien qui poursuivait ses études en Italie. Elle, qui avait étudié l’architecture, décide alors de se mettre à la scénographie – qu’elle surnomme « l’architecture de la scène » – à l’Accademia dell’Arte, l’une des écoles les plus prestigieuses de la Botte. « J’ai adoré ça, et en revenant en Israël, je me suis focalisée sur l’art en mouvement, qui est devenu aujourd’hui ma spécialité ».

La conception de l’Adloyada débute en général le lendemain de la précédente parade, lorsque la commission dédiée à cet effet par la ville se réunit pour choisir son thème. Pour Yifat, le travail commence au mois d’août, alors qu’elle se lance dans les dessins des thèmes flottants. « C’est la partie la plus difficile du travail. Je commence en août et je consacre 3 mois entiers au brainstorming et aux idées qui me viennent.

Je réfléchis à la façon dont le sujet pourra s’intégrer à la parade, de quoi il aura l’air en mouvement. Cela ne suffit pas de dessiner la scène et les poupées. Il faut anticiper sur l’influence du mouvement, sur le fait qu’elles seront vues de tous les angles. Je dois imaginer comment les enfants, mais aussi les adultes, les percevront. Et par-dessus tout, je dois inventer quelque chose de neuf à chaque fois ».

L’artiste puise son inspiration dans ses visites annuelles aux carnavals de Rio de Janeiro, de Venise et de Viareggio.

Yifat tente de se rendre au plus grand nombre de carnavals possibles, en amenant parfois avec elle des groupes de touristes.

L’Adloyada de Holon est-elle du niveau de ces événements de l’étranger ? « Ah, c’est la grande question », réplique-telle.

« Nous avons un problème car nous sommes limités par la hauteur des rues de Holon, je ne peux rien faire qui dépasse les 4 ou 5 mètres. Alors qu’en Italie, ils peuvent aller jusqu’à 20 mètres. Chez nous, il a des fils électriques et bien d’autres obstacles à franchir. Il n’y a éventuellement qu’à Ashdod que l’on pourrait construire plus haut.

« Ensuite, nous avons des contraintes budgétaires.
L’Adloyada exige déjà des fonds conséquents, et les parades étrangères coûtent encore plus cher. Mais je pense malgré tout que la nôtre est très réussie ».

Quant à l’avenir, la ville de Holon peut se rassurer. Yifat ne se voit pas abandonner l’Adloyada. La parade tient une énorme place dans sa vie, confie-t-elle, et elle n’éprouve aucun désir de s’arrêter. D’ailleurs, lorsque l’heure de sa retraite aura sonné, d’autres sont prêts à prendre la relève : le centre de marionnettes de la ville délivre une formation sur deux ans en art carnavalesque. Les étudiants s’entraînent à dessiner et à construire les poupées géantes de la parade. L’Adloyada a encore de beaux jours devant elle. 

Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL