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A quelques jours du vote aux urnes des élections consulaires, entretien avec le consul de France à Tel-Aviv, Patrice Matton

By ARIELLE GOETSCHEL
May 21, 2014 13:18
4 minute read.
P89 JFR 370

Patrice Matton. (photo credit: Ambassade de France)

 
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Arielle Goetschel et Laura Uzan

Depuis son entrée en fonction au sein du ministère des Affaires étrangères en 1977, Patrice Matton a parcouru de nombreux pays d’Asie, d’Europe de l’Est, d’Afrique et du Maghreb. Sa longue carrière l’a finalement conduit, depuis 2012, en Israël, où il exerce comme consul général de France à Tel-Aviv. Décoré du titre chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur en avril dernier par l’ambassadeur Patrick Maisonnave, il est en charge des relations entre la France et ses citoyens habitants d’Israël, septième plus grande communauté française de l’étranger.

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Des élections dont l’importance est sous-estimée

Lors d’une interview accordée au Jerusalem Post, le consul Patrice Matton revient sur l’importance des futures élections consulaires pour l’avenir de la population française de l’étranger. Pour lui, il est évident que la majorité des Français établis hors de France ne prend pas suffisamment conscience des changements mis en place au sein des institutions consulaires. D’ailleurs, leur faible taux de participation aux différentes élections consulaires souligne cette distance réelle qui existe entre les citoyens et leurs représentants.
Les futures élections de conseillers, qui auront lieu aux urnes ce dimanche 25 mai en Israël et dans le monde entier, font entre autres, suite à une volonté de modifier certains aspects de l’organisation du réseau consulaire. Comme le précise le diplomate, les conseillers consulaires seront désormais 443 membres de droit des conseils consulaires avec voix délibérative. Ils devront ensuite élire leurs représentants à l’Assemblée des Français de l’étranger, présidée par le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius et, grands électeurs, ils seront également chargés d’élire les 12 sénateurs de l’étrange. Plus qu’une fonction consultative, ces délégués auront également un pouvoir décisionnaire, qui devra refléter le plus fidèlement la volonté des Français établis hors de France.
En Israël, cinq listes sont candidates pour la circonscription de Jérusalem et trois pour celle de Tel-Aviv.
De cet élargissement du nombre de représentants, découlera, a priori, une plus grande écoute et une proximité de qualité avec la population locale. Concrètement, leur rôle d’élus locaux sera de parcourir leurs circonscriptions à la rencontre des Franco-Israéliens pour cibler davantage leurs attentes et leurs besoins.
Comme l’explique Patrice Matton, les informations recueillies seront, dans une deuxième phase, remontées aux ambassadeurs et consuls, notamment lors des conseils consulaires qui doivent siéger plusieurs fois par an et seront l’occasion de proposer aux députés et sénateurs des Français de l’étranger, des initiatives d’améliorations des conditions de vie sociale : bourses scolaires, aides sociales, emplois, formations professionnelles etc., en tenant compte des limites législatives et budgétaires.

Des Franco-Israéliens aux besoins différents

Le consul décrit les divers groupes socio-économiques qui composent la population française d’Israël. Les francophones locaux peuvent ainsi être divisés en deux catégories distinctes : ceux qui ont fait leur aliya jeunes et ceux arrivés en fin de carrière.
Pour les jeunes immigrants, l’intégration ne pose pas de difficulté majeure, selon le diplomate. L’apprentissage de la langue s’effectue aisément et ils ne rencontrent pas de problème au cours de leurs études ou lors de leur recherche d’emploi.
La deuxième catégorie de francophones ayant fait le choix de s’établir en Israël représente un cas de figure différent. L’acquisition de la langue se fait très difficilement, voire pas du tout, et complique leur intégration au sein de la société. Cependant, ces francophones, souvent arrivés après leur retraite, ne présentent pas le même besoin d’intégration car leur aliya est généralement motivée par un désir de se rapprocher de leur famille vivant déjà sur le territoire israélien. Apprendre l’hébreu n’est donc pas une nécessité vitale, maîtriser les bases rudimentaires leur permettant de se débrouiller dans la vie courante est souvent suffisant. Leur souci est plutôt de vivre confortablement auprès de leurs proches, « mais sans trop sortir de la sphère franco-française », estime Patrice Matton. Ceci est flagrant dans certaines villes regroupant de grandes communautés françaises telles que Natanya ou Ashdod, car parfois « aux terrasses des cafés, on ne parle que français ! », note-t-il avec humour.
Au vu de la situation actuelle en France, les nouvelles vagues d’aliya massives ont récemment donné le jour à une nouvelle catégorie d’immigrants : des quadras en milieu de carrière, jeunes parents et pourtant bien établis, professionnellement et socialement, qui ressentent le besoin de se déraciner pour venir vivre en Israël. Ils doivent alors recommencer leur carrière et, pour cela, il leur est impératif de maîtriser la langue et de faire valoir leurs diplômes. A ce sujet, le consul explique qu’« en ce moment, le gouvernement israélien fait tout ce qu’il peut pour améliorer la reconnaissance des diplômes ».
Afin que ces Français d’Israël se sentent connectés à leur terre natale, les institutions représentant la France œuvrent depuis des années à l’instauration d’un réseau culturel. « Je ne pense pas que les Français soient perdus », assure-t-il. Mais il met l’accent sur les grandes villes comme Tel-Aviv, Haïfa et Jérusalem où les instituts français organisent à longueur d’année des événements visant à promouvoir et perpétuer la culture hexagonale.
Et qu’en est-il du reste du pays ? « C’est vrai qu’en périphérie, les Français nous demandent pourquoi telle ou telle troupe de théâtre n’a pas été programmée », répond le consul. Le réseau n’est donc pas encore parfaitement étendu, mais il continue d’être étoffé. La communauté grandissante de la jeune ville de Modiin a fait le nécessaire pour la création d’un centre communautaire francophone en effectuant activement les démarches nécessaires auprès de la municipalité.
Les nouveaux délégués consulaires qui seront bientôt élus aideront également dans ce domaine. En étant sur le terrain, ils seront plus proches des Français d’Israël et en remplissant une fonction d’écoute, ils seront à même d’identifier les besoins et les attentes de ceux-ci. Leur statut leur permettra aussi d’influer sur les décisions prises par le consul. D’où l’importance de ses élections qui auront lieu le 25 mai, insiste le diplomate. 


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