Beersheva a le vent en poupe !

Proche des principales structures universitaires et hospitalières, le quartier de Ramot à Beersheva est très demandé.

By JOHN BENZAQUEN
May 13, 2013 15:05
A Ramot, les prix sont plus élevés que dans les autres quartiers de Beersheva.

JFR P23 370. (photo credit: DR)

 
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Dans sa traduction littérale, Beersheva se nomme « les sept puits », allusion aux sept sites anciens répertoriés dans la ville. Aujourd’hui, le marché immobilier local est influencé par des efforts gouvernementaux notables. Le but : persuader les éventuels candidats à l’achat de s’éloigner de la zone côtière surpeuplée et de plus en plus coûteuse. En outre, le ministère de la Défense a mis en place la délocalisation progressive des bases d’entraînement militaire pour se resituer dans la région. Une manoeuvre destinée à encourager les familles de militaires à se tourner vers l’immobilier local afin d’accroître la demande de manière substantielle.

Retour à Abraham, qui garde un lien étroit avec l’histoire de Beersheva. On raconte que le patriarche y a creusé un puits, qui demeure encore aujourd’hui l’une des curiosités de la ville. Il y a planté un tamaris, et installé là son troupeau de brebis et de chèvres. S’il en a été réellement ainsi, Beersheva a dû être, à l’époque, imaginons-le, une ville autrement plus verte qu’aujourd’hui.

Il est vrai qu’il n’existe pas de certitude historique quant au passage abrahamique dans la cité. Il faut savoir que le site archéologique de Tel Sheva date d’une période bien plus tardive. Les Ecritures n’ont pas mentionné la ville plantée au beau milieu du désert, pas plus qu’elle n’a été référencée dans les dernières périodes byzantine, musulmane ou turque.

Au début du XIXe siècle, les Européens visitent le lieu et décrivent l’endroit comme un bout de terre ressemblant à un tronçon stérile habité par une poignée de Bédouins.

Le statut de la ville se précise à la fin du XIXe siècle. Les Ottomans, occupent la Palestine depuis le XVIe siècle, et durant la deuxième moitié du XIXe siècle, l’Empire choisit d’y construire un poste de police afin de mettre un terme au brigandage et surveiller la population bédouine locale.

Immédiatement après, ils construisent des routes et établissent bureaux gouvernementaux et résidences pour leurs fonctionnaires. Ces bâtiments sont construits avec des matériaux locaux solides, dont la plupart sont toujours debout aujourd’hui, plus de cent ans après… Une équipe d’architectes suisses et allemands édifie la ville, et la grille du tracé des rues est toujours aisément repérable dans la vieille ville de Beersheva.

Ville historique et stratégique 

Dans un contexte historique et international plus large, la ville reste célèbre pour la bataille de cavalerie qui porte son nom, et son rôle dans la campagne Sinaï-Palestine.

Le 31 octobre 1917, trois mois après la prise de Rafah, les troupes sous le commandement du général Edmund Allenby ouvrent une brèche dans la ligne de défense turque située entre Gaza et Beersheva. Huit cents soldats des 4e et 12e régiments australiens de la 4e ligne de cavalerie légère appelée « Light Horse Brigade », sous la direction du général William Grant, vont charger à la baïonnette et ratissent les tranchées turques, la dernière charge de cavalerie dans l’histoire britannique militaire.

En bordure de la vieille ville, un cimetière abrite les tombes des soldats anglais et australiens tués lors de cette campagne.

La ville s’est également dotée d’un parc mémorial dédié à la 4e Light Horse Brigade.

Beersheva vit un tournant en 1948. La cité est alors aux mains de Tsahal, et ses habitants, 4 000 environ, déportés en Egypte. Depuis, elle a connu une remarquable expansion.

Une grande partie de ses résidents sont originaires des pays arabes, principalement du Maroc. Ils ont afflué vers Israël durant les années cinquante et soixante.

Au cours des années quatre-vingt-dix, les vagues d’immigration, russe, puis éthiopienne, vont encore permettre d’accroître la population locale. Avec l’afflux des immigrants russes, les échecs deviennent ainsi le sport favori de la cité. Aujourd’hui, Beersheva se targue d’en être, au niveau national, un haut-lieu, l’une des capitales reconnues des plus grandes compétitions mondiales.

Alors que Beersheva se peuple de nouveaux arrivants, puis de leurs descendants, la ville prend un essor démographique significatif en 1969, lors de la fondation de l’université Ben Gourion du Néguev. L’établissement va attirer les classes moyennes, les professionnels et hauts diplômés, le visage de la ville se modifiant peu à peu en conséquence.

A 55 minutes de Tel-Aviv 

Beersheva compte à ce jour 200 000 habitants et se divise en dix-sept quartiers distincts. Celui de Ramot, à l’extrême nord de la ville, recense, lui, 15 000 résidents intra muros. La zone connaît aujourd’hui un véritable essor et la demande immobilière y est forte. Sa population appartient aux classes relativement aisées.

La proximité de l’université Ben Gourion et de l’hôpital Soroka n’y est pas pour rien. Car c’est là que la plupart des résidents de Ramot sont employés. Aux alentours, la municipalité a pu acquérir un terrain d’une quarantaine d’hectares, dans l’intention d’y créer un vaste parc technologique ultramoderne, où il est prévu d’y installer 180 000 m2 de bureaux… L’avantage de cet emplacement est sa proximité avec la station de train nord de la ville. Un véritable plus pour ce quartier qui multiplie ses atouts, et permet une liaison rapide, en 55 minutes seulement, avec Tel-Aviv.

Ramot attire ainsi les voyageurs fréquents, séduits par cette facilité des transports. La cité compte aujourd’hui neuf projets en développement. Eitan Afod, vice-président chez Arazim, l’une des sociétés impliquées dans ces travaux, ne cache pas son enthousiasme pour cette zone. « Nous sommes optimistes pour Ramot », confie-t-il. « Sa localisation est idéale et le quartier est devenu l’un des plus populaires de la ville. Grâce à la proximité de l’université et de l’hôpital, et du nouveau parc technologique, des familles d’un niveau socioéconomique relativement élevé, aux revenus confortables, choisissent Ramot. Ils veulent des logements de qualité, ce que nous sommes en mesure de leur fournir ».

Le projet de Arazim, appelé Concept Royal, comprend 77 vastes unités de logements, d’une superficie de 156 à 174 m2. Répartie sur trois bâtiments principaux, la moitié est agrémentée d’un jardin et l’autre d’une jouissance du toit.

Arazim est également impliqué dans un autre projet appelé Mon Concept, constitué de 192 unités de logements, du 4 au 5 pièces, incluant penthouses et appartements avec jardin, dans quatre gratte-ciel.

Les prix à Ramot sont parmi les plus élevés de Beersheva.

Pour Itzik Duev, de l’agence Anglo-Saxon locale, « Ramot est un grand quartier et le prix varie selon la zone. Les familles de Ramot A habitent des résidences construites il y a 20 ou 30 ans déjà. Les nouveaux terrains du quartier en construction sont rattachés à Ramot B, et constitués d’immeubles à étages. Et Ramot C et D comptent deux nouvelles aires. Des zones relativement proches de l’université et réservées aux résidences mitoyennes ».

Il souligne néanmoins : « La ville reste quand même, en raison de sa proximité avec Gaza, vulnérable et à portée des roquettes. La demande est forte pour les appartements comprenant un abri. » Selon Duev, « les investisseurs sont aussi intéressés car la demande locative est forte. Des étudiants, des intérimaires travaillant pour l’hôpital et l’Université notamment. » Il poursuit : « Un appartement de trois pièces, s’évalue entre 750 000 et 850 000 shekels, tandis qu’un appartement de quatre pièces sera estimé entre 850 000 et 920 000 shekels.

Un cinq-pièces coûte, lui, entre 1 million et 1,5 million. Les nouveaux appartements se situent dans le même ordre de prix, dans la mesure où les acheteurs devront patienter deux ans avant de les occuper.

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