BringBackOurBoys : #ToutÇaPourRien ?

Retour sur les coulisses et les enjeux d’une campagne sur les réseaux sociaux très médiatisée

By MARIE DE PEUFEILHOUX
July 8, 2014 11:13
3 minute read.
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facebook. (photo credit: FACEBOOK)

 
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Dès que l’autorisation a été donnée de rendre publique l’information de la disparition des trois adolescents, des étudiants ont immédiatement lancé une campagne de soutien sur les réseaux sociaux, sous le slogan #BringBackOurBoys. Le soir même, la page Facebook enregistrait 400 likes, elle en compte désormais 115 000. Le hashtag #BringBackOurBoys a, quant à lui, été retwitté jusque plus de 2 500 fois par heure, selon le site d’informations The Times of Israël.

« Nous ne sommes affiliés à aucun parti politique ou mouvement idéologique. Nous n’avons aucun contact avec le gouvernement ou l’armée et nous n’intervenons pas dans l’opération menée pour les retrouver. Nous sommes un mouvement civil », rappelle Myriam Shermer, porte-parole francophone de la campagne. Les organisateurs sont clairs. Ils ne prétendaient pas agir sur le dénouement de l’histoire et n’ont en aucun cas cherché à exercer de pression directe sur les ravisseurs. Ils savaient bien qu’un « like » de plus ou un « tweet » supplémentaire ne changeraient pas l’issue du conflit. Alors pourquoi une telle mobilisation pour diffuser la page ?

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Pour eux, cette campagne avait surtout un rôle informatif. La porte-parole du mouvement, Myriam Shermer, explique : « La campagne était d’abord tournée vers l’extérieur ». Il s’agissait d’informer les opinions occidentales, au-delà du biais médiatique souvent défavorable à Israël. Myriam Shermer précise  : « Au début de l’affaire, les médias occidentaux parlaient de “3 colons portés disparus”. Nous voulions diffuser la vérité, nous voulions que le monde sache que, violant toutes les règles du droit international, les terroristes s’attaquent maintenant aux enfants. »

Morin Hayo-Hemo, cofondatrice de la campagne renchérit : « Mon objectif était de parler du droit des enfants, bafoué par le Hamas des deux côtés ! Des jeunes Israéliens sont kidnappés et l’on éduque des jeunes Palestiniens à l’attentat suicide ! Ce n’est pas normal et personne n’en parle ! Les enfants doivent rester en dehors de tout cela ! »

Classé sans suite…

A côté de cet objectif informatif, la campagne avait aussi une vocation de sensibilisation : « Nous avons cherché à sensibiliser les autorités politiques et certaines personnalités afin qu’elles condamnent publiquement cet acte », explique la porte-parole. Déployant une énergie intense, l’équipe s’est tournée vers des personnalités du monde entier. Des célébrités, comme la top-modèle israélien, Bar Rafaeli, ou des hommes politiques comme le député britannique Robert Halfon, et des milliers d’anonymes ont publié des photos d’eux-mêmes sur les réseaux sociaux tenant dans leurs mains un écriteau « #BringBackOurBoys ».

« Nous voulions créer une pression internationale, nous en avions besoin », explique Morin Hayo-Hemo, « mais nous n’avons pas eu tout le soutien que nous espérions ». Myriam Shermer ajoute : « Obama ne s’est pas prononcé personnellement, alors qu’un des jeunes (Naftali Fraenkel) avait la nationalité américaine ; l’ONU n’a pas condamné de manière ferme les enlèvements et, en France, seuls Julien Courbet et Valérie Trierweiler ont répondu à l’appel ».



Cette campagne était d’abord tournée vers l’extérieur, mais elle a eu beaucoup d’effet à l’intérieur du pays aussi. En Israël, la population a vécu à son rythme : les imprimeurs, travaillant parfois le Shabbat, ont préparé des affiches placardées sur certains bus et panneaux publicitaires, les médias sont restés en alerte 24 heures/24, des manifestations de solidarité ont eu lieu régulièrement, rassemblant parfois près de 80 000 personnes, comme à Tel-Aviv le dimanche soir 29 juin au soir, la veille de la nouvelle de leurs assassinats. Ces événements n’ont pas été organisés à proprement parler par #BringBackOurBoys, mais la campagne a contribué à la naissance d’une vague de solidarité sans précédent dans le pays rapprochant des Israéliens entre eux et faisant ainsi « sauter la frontière entre Tel-Aviv et Hébron ».

Du point de vue des réseaux sociaux, la campagne s’est révélée un succès : « C’était la première fois que les Israéliens ont vraiment pris conscience du lien entre les plates-formes que sont les réseaux sociaux et les médias internationaux », se réjouit Morin Hayo-Hemo, avant d’ajouter : « Cette campagne affectera les actions futures à propos d’Israël sur les réseaux sociaux ».

Mais pour autant, « l’échec de la campagne, c’est ce qui se produit maintenant. Ce qui arrive en ce moment est ahurissant, aucune personne impliquée dans la campagne ne veut de cela ! », déplore-t-elle. Alors que la campagne est parvenue à effacer des différences pour unir un peuple tout entier, toutes les fractures religieuses et politiques ont désormais refait surface. Deux jours après l’issue tragique, des émeutes ont éclaté dans les rues de Jérusalem, réduisant à néant l’élan de solidarité observé pendant les recherches. Après le deuil et dans ce contexte d’escalade de violence, les fondateurs ont ainsi décidé de ne pas donner suite à la campagne.

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