Chronique du royaume de France, an II

De nouvelles révélations sur les relations judéo-arabes...

By PIERRE-HENRI WEBER
January 28, 2014 17:14
2 minute read.
Olims marocains au port de Haifa en 1950

P8 JFR 370. (photo credit: JERUSALEM POST)

Enfin il est venu, enfin il a parlé. La vérité tombée de ses lèvres, nous l’attendions comme la manne et l’eau dans le désert. Il nous a dit cette vérité qu’on nous avait cachée depuis des lustres, des décennies même. A la question angoissante de savoir pourquoi les Juifs du monde arabe avaient si brutalement quitté leur patrie d’origine, Lui, du haut de sa sagesse, il nous a révélé l’évidente vérité : l’Etat d’Israël et le conflit en Palestine ont fait partir les Juifs du monde arabe.

Que ne s’en était-on douté plus tôt ? Pourquoi cette vérité crue et étalée là sous nos yeux, nous avait-elle à ce point aveuglés que nous en avions perdu toute faculté de jugement ? Nos frères arabes avaient pourtant tout tenté pour nous mettre en garde contre l’illusion sioniste. A raison, ils avaient mis en avant la fraternité qui nous avait toujours liés, la convivialité, l’amitié, le respect mutuel, l’absence totale de mépris entre nous et envers nous. Ils nous avaient priés de rejoindre leur combat national, nous y avaient même fait une place de choix. Rien n’y fit : obstinés, têtes dures et nuques raides, nous avons emboîté le pas, comme un seul homme, comme un troupeau d’ânes même, aux émissaires sionistes de l’Agence juive et du Mossad.
Sous la houlette de la paroisse Albin Michel et du viatique révélé urbi et orbi en octobre dernier (Histoire des relations entre juifs et musulmans), enfin la vérité vraie s’est faite chair, elle a envahi corps et consciences : stupides Orientaux, imperméables à la raison et empêtrés dans la foi crédule des primitifs, nous avons trop longtemps suivi les sirènes ashkénazes du sionisme. Mea maxima culpa, nous avons piétiné l’hospitalité que nous avaient jadis offerte nos frères arabes. Nous avons même pactisé avec les colonisateurs. Osons le mot : nous avons trahi. Il est trop tard aujourd’hui pour déplorer ce paradis perdu. C’est pour toujours que nous avons quitté le havre de tolérance et de paix qui allait de Marrakech à Bagdad. Et pour quoi ? Pour un Occident froid ou pour l’Etat d’Israël, une zone de conflit permanent.

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Qui tient aujourd’hui ce discours débile ? Qui profère des propos si historiquement plats ? Qui donne du métier d’historien une image d’une telle pauvreté ? Qui se met ainsi à la remorque de la doxa occidentale, de la grégarité bêtifiante des Homais de 2014, les Télérama et autres Nouvel Observateur qui ont participé au désastre français d’aujourd’hui ? Ceux qui, avec d’autres, ont pavé le chemin crypto-fasciste d’un Dieudonné qui draine vers lui tout l’antisémitisme de ressentiment. Et parmi eux des Juifs fréquentables qui seront donc demain invités dans les médias, mais aussi par leurs pairs de diaspora, ces Juifs si délicieusement israélites.

On aurait pourtant dû se rappeler l’adage : gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge. 

L’auteur est professeur de lettres dans un lycée d’Aquitaine.

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